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20 mai 2002

Proclamation de l’indépendance du Timor oriental

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après plusieurs siècles de domination étrangère, le Timor oriental est appelé à se prononcer sur un vote d’autodétermination le 30 août 1999. À l’issue du scrutin, 78,5 % des Timorais optent pour l’indépendance. Celle-ci est officiellement proclamée le 20 mai 2002.

Sous occupation portugaise depuis le début du XVIe siècle, le Timor oriental n’obtient son indépendance que le 28 novembre 1975. Toutefois, il subit l’invasion de son voisin indonésien qui s’en empare le 7 décembre 1975. Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) adopte la résolution 384, exhortant l’Indonésie à retirer ses troupes. Elle s’y oppose et annexe la partie orientale de l’île en 1976. Cette présence marque le début d’une guerre qui durera presque un quart de siècle entre l’occupant et la résistance timoraise. Selon la Commission pour la vérité et la réconciliation au Timor oriental, les violences auraient causé au moins 102 800 morts entre 1975 et 1999. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1990 que la stabilité de la présence indonésienne est ébranlée. La résistance timoraise, forte de plusieurs années de lutte, rejette les tentatives d’assimilation culturelle indonésienne et participe au renforcement de l’identité nationale. À partir de 1999, considérant la résistance timoraise et l’instabilité politique et économique régnant en Indonésie, Jakarta ouvre la voie à une résolution du conflit. Le 5 mai, un accord, signé sous l’égide de l’ONU, permet la tenue d’un vote d’autodétermination pour le 30 août. Il offre aux Timorais de rester au sein de l’Indonésie, tout en bénéficiant d’une autonomie étendue, ou d’accéder à l’indépendance totale. Les électeurs rejettent l’autonomie étendue à 78,5 %, et ce, malgré la campagne de terreur menée par les opposants à l’indépendance. Il s’ensuit une période de forte répression à l’égard des indépendantistes, créant entre 200 000 et 300 000 réfugiés. En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU déploie la Force internationale pour le Timor oriental (INTERFET) afin de restaurer l’ordre et de maintenir une transition administrative jusqu’à l’établissement de nouvelles institutions étatiques. Le 20 mai 2002, la République démocratique du Timor oriental proclamera son indépendance totale.

Dans les médias...


Romain Franklin, « La force de paix arrive à Dili, ville fantôme. 2 000 soldats de l’Interfet ont débarqué hier au Timor-Est »

«...L'arrivée du premier contingent de l'Interfet, bien qu'il se soit encore peu affiché hier dans les rues de la ville, a apporté un immense soulagement. Quelques-uns des dizaines de milliers d'habitants, qui se sont réfugiés dans les montagnes surplombant Dili, ont commencé à redescendre, le regard encore méfiant. « Nous avons payé un prix élevé pour obtenir notre indépendance. Tout a été détruit et il faudra tout reconstruire. Beaucoup sont morts. Mais maintenant au moins, nous savons que nous serons libres », nous confie Francisco Pinheiro, un prêtre que nous rencontrons dans la résidence de Mgr Belo, évêque de Dili et prix Nobel de la paix 1996. « Sacrilège ». De cet endroit, il ne reste guère plus que des murs calcinés sans toiture. Voilà deux semaines, les miliciens appuyés par l'armée indonésienne, ont donné l'assaut, emmenant dans un lieu inconnu le millier de réfugiés qui s'y cachaient. Non loin d'une petite chapelle, à l'arrière de la résidence, un homme a été tué à coups de machette et un second grièvement blessé, raconte une nonne qui a été témoin de ce qu'elle appelle le « sacrilège ». Beaucoup de gens ici, soupire le père Pinheiro, se demandent maintenant pourquoi les forces internationales sont venues si tardivement. »

Libération (France), 21 septembre 1999, p. 10-11.

Noam Chomsky, « Timor oriental, l’horreur et l’amnésie »

«...Il n’est pas facile d’écrire avec un calme feint et sans passion sur les événements qui se déroulent au Timor-Oriental. L’horreur et la honte sont d’autant plus fortes que, d’évidence, la « communauté internationale » aurait pu facilement mettre un terme, depuis longtemps, aux crimes commis. En décembre 1975, l’Indonésie a envahi ce territoire. Elle l’a fait avec la complicité diplomatique des États-Unis et aussi avec leurs armes - utilisées illégalement, mais avec une autorisation secrète de Washington ; certaines parvenaient même sur place en dépit d’un « embargo » officiel. Ni bombardements ni même sanctions n’étaient nécessaires pour arrêter les massacres : il aurait suffi que Washington et ses alliés suspendent leur participation active à cette politique et informent leurs associés au sein du commandement militaire indonésien que les atrocités devaient cesser et que le territoire devait pouvoir exercer son droit à l’autodétermination - reconnu par les Nations unies et la Cour internationale de La Haye. »

Le Monde Diplomatique (France), octobre 1999, p. 1 et 21.

S.A., « La crise humanitaire et alimentaire s’intensifie au Timor-Oriental »

« ...Plus d'un quart de la population - quelque 250 000 personnes - serait sans nourriture ni eau potable et risquerait la famine. (...) Même si les chiffres évoluent rapidement, on estime actuellement le nombre de morts à 7 000, outre environ 100 000 personnes qui ont été transférées de force au Timor-Occidental. Quelque 300 000 à 400 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays. On ignore le sort de milliers d'autres. La flambée de violence s'est intensifiée après que la majorité des Timorais de l'Est se soit prononcée pour l'indépendance de l'Indonésie lors d'un référendum le 30 août. L'escalade des troubles intérieurs et des massacres dans la région empêche l'acheminement urgent d'approvisionnements alimentaires et de fournitures médicales vers les zones et les groupes de population nécessiteux. Même si la situation de la sécurité s'améliore immédiatement, il sera difficile de fournir l'assistance humanitaire nécessaire en raison du terrain accidenté et de l'interruption des transports et des réseaux de communication. »

Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 15 septembre 1999

Anup Shah, « What happened in East Timor? »

« August 1999 saw a vote on self-determination in East Timor. Leading up to this and after the vote where there was an overwhelming majority who voted for independence, Indonesian military-backed militia went on a terror campaign. Much of East Timor was destroyed and at some points there were estimates from 200,000 to 300,000 refugees created. (...) Some journalists had even commented that this crisis had entered a total state of chaos and that the paramilitaries in East Timor were out of control. However, the Indonesian-backed paramilitaries were not out of control because they were controlled and supported by the Indonesian military. And, according to the Observer, the crisis had been well-planned for almost a year. The Indonesian military could easily tell the paramilitaries to stop and the international community, especially those who supported and backed the Indonesian regime were easily able to exert pressure on Jakarta to stop this violence, yet they were slow to do so. »

Global Issues (États-Unis), 10 septembre 2000

Gouvernance et gouvernement [ 20 mai 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Timor oriental
Non disponibleXanana GusmaoMari Alkatiri

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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