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26 avril 1984

Visite en Chine du président des États-Unis, Ronald Reagan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ronald Reagan
Library of Congress

Le président des États-Unis, Ronald Reagan, effectue la première visite en Chine d’un chef d’État américain depuis Gerald Ford, en 1975. Tout en mettant l’accent sur leur volonté de coopération, les représentants des deux pays abordent aussi des sujets litigieux comme le statut de Taïwan et certains aspects de la politique étrangère des États-Unis.

Les président Richard Nixon et Gerald Ford établissent des précédents en se rendant en Chine, respectivement en 1972 et en 1975. Le 26 avril 1984, au cœur d’une année électorale, Ronald Reagan foule à son tour le sol chinois pour une visite officielle de quelques jours. Il est entouré de son épouse Nancy et d’une importante délégation de politiciens, diplomates et journalistes. Il s’agit de la première visite d’un président américain en Chine depuis le rétablissement de relations officielles entre les deux pays ainsi que le virage vers une plus grande libéralisation de l’économie chinoise amorcé sous Deng Xiaoping. Ce virage est d’ailleurs salué par Reagan, un anticommuniste notoire, qui rencontre Deng dans le Palais de l’Assemblée du peuple le 28 avril. Le 30, des accords sont conclus sur les échanges culturels, la coopération nucléaire ainsi que la suppression de la double taxation des entreprises américaines actives en Chine. Des sujets plus litigieux sont également abordés lors des discussions, notamment avec le premier ministre Zhao Ziyang. C’est le cas de différents aspects de la politique étrangère des États-Unis (Amérique centrale, Palestine, etc), comme leur reconnaissance et leur appui militaire à Taïwan, une position qui reste inchangée malgré les pressions chinoises. Pour sa part, Reagan formule des critiques à l’endroit de l’Union soviétique auxquelles les Chinois, dont les relations sont en voie de normalisation avec ce pays, refusent de faire écho. Des parties des discours de Reagan portant sur ce sujet, ainsi que d’autres, sont même censurées afin que la population chinoise ne puisse les entendre. De façon générale, les délégations américaine et chinoise mettent l’accent sur les côtés positifs de cette rencontre, dont le fait qu’elle ait lieu. Le secrétaire général du Parti communiste, Hu Yaobang, ainsi que le président Li Xiannian acceptent d’ailleurs une invitation à se rendre aux États-Unis. Entre 1980 et 2004, les échanges commerciaux entre les deux pays passeront de 5 à 231 milliards de dollars.

Dans les médias...


Nina Sutti, « Un cow-boy à Pékin »

«...pour Pékin, le non-alignement est aujourd’hui comme jamais, un choix inébranlable. Les sept heures d’entretien du président américain avec les dirigeants chinois ont donc été l’occasion de remontrances telles que peu de présidents américains en avaient entendues à l’étranger. Sa politique en Amérique centrale, au Proche-Orient, en Europe même, tout y a passé. Deng Xiaoping lui a reproché, face au tiers-monde, de trop se reposer sur ses « quatre porte-avions » : Taiwan, la Corée du Sud, Israël et l’Afrique du Sud. Et, renversant une position antérieure, Hu Yaobang, secrétaire général du P.C. chinois, a même critiqué violemment le déploiement des Pershing et des missiles de croisière en Europe ! Mais on était en Chine; le ton est resté courtois. Et on a réglé les affaires prévues : entente fiscale, développement des échanges culturels et scientifiques, et même un début d’accord sur la construction de centrales nucléaires. L’honneur est donc sauf. Et chacun peut parler de succès. »

Le Nouvel Observateur (France), 4 mai 1984, p. 34.

Richard Ward, « Pékin : à l’aigre-douce »

«...Du battage en faveur de Reagan, voilà ce qu’a représenté, pour nombre d’Américains et de commentateurs, le voyage du président des États-Unis. Un voyage durant lequel il fut accompagné de plus de six cents « serviteurs », plus qu’aucun empereur jamais venu en Chine, comme le faisait remarquer sans une certaine causticité un officiel chinois. Les meilleurs cameramen de l’industrie publicitaire américaine étaient là pour faire un film qui passera et repassera sans fin sur les écrans de télévision jusqu’aux élections de novembre. Si ce voyage royal a fait oublier au peuple américain que son président, cet ancien acteur d’Hollywood, donna une fois la réplique à un chimpanzé, Ronald Reagan, du haut de la Grande Muraille de Chine, n’a pas pu distraire l’attention du public de la rapide escalade de la sale guerre en Amérique centrale. Car tout comme Nixon avait espéré que son voyage en Chine lui permettrait de sauver quelque chose en Indochine, Reagan pensait que sa récente exhibition de gouvernement impérial pourrait calmer les angoisses grandissantes du public face à l’intervention américaine, de plus en plus importante, dans ce nouveau Viêt-nam de l’Amérique. Mais la tactique était trop grossière et transparente, et les souvenirs du Viêt-nam trop amers et trop frais. »

Afrique-Asie (France), 21 mai 1984, p. 44-45.

Manuel Lucbert, « La visite de M. Reagan à Pékin : Les Chinois n’ont pas caché leurs divergences avec la politique antisoviétique de Washington »

«...Le message central des propos du secrétaire général est clair : la Chine est un pays libre de toute alliance. Les États-Unis feraient une grave erreur s’ils croyaient pouvoir utiliser leurs relations avec elle pour l’entraîner dans une politique de confrontation avec l’Union soviétique. Du reste, l’attaque contre l’URSS qui figurait dans l’allocution prononcée vendredi par M. Reagan devant un auditoire de personnalités chinoises a été « caviardée » - ainsi que le plaidoyer en faveur de la démocratie et l’expression de la foi en Dieu – dans la retransmission du discours à la télévision locale. La Chine, d’autre part, comme les États-Unis, reste fidèle à ses anciennes amitiés. Elle n’abandonnera pas les pays du tiers-monde pour les faveurs des Américains. Bon prince, M. Reagan a enregistré le message et il a même transmis à M. Hu, comme il l’avait fait la veille envers M. Li Xiannian, président de la République, une invitation à se rendre aux États-Unis. M. Hu a accepté. Si ce projet aboutit, ce sera la première fois qu’un chef du PCC entreprendra un tel voyage. [...] La « leçon » donnée par M. Hu ne doit pas cependant conduire à une vision déformée des relations sino-américaines. Les deux pays sont d’accord sur l’essentiel. »

Le Monde (France), 29 et 30 avril 1984, p. 3.

S.A., « Starring Ronald Reagan, and a billion of Chinese Extras »

«...The Great Wall and the Great Hall make great backdrops for a presidential campaign. Mr Ronald Reagan ended his six- day visit to China on May 1st to largely favourable reviews from his main audience, back home in the United States. The president's first excursion to a communist country (not counting an hour in East Berlin) produced no diplomatic breakthroughs. Nor did it feature the gushing warmth of China's reception last month for Japan's prime minister, Mr Nakasone. But the Chinese leaders who clinked glasses with Mr Reagan in Peking, for the benefit of television viewers in both countries, seemed happy enough to help Mr Reagan look worldly-wise. America's great communicator met his match in China's censors. His anti-Soviet barbs and references to America's success through faith in God and freedom were deleted from the broadcast version of the president's remarks in Peking. The Chinese, who had not seen the texts in advance, pointed out that derogatory references to other countries were out of court; they did not explain the other cuts. Nor was the local audience told that the speech had been doctored. »

The Economist (Royaume-Uni), 5 mai 1984.

Gouvernance et gouvernement [ 26 avril 1984 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleLi XiannianZhao Ziyang

États-Unis
ÉlevéRonald Reagan

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1979 - 1989



janvier
1979
Visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis

septembre
1980
Adoption de la politique de l'enfant unique en Chine

janvier
1981
Dévoilement du jugement dans le procès de la « bande des quatre »

avril
1984
Visite en Chine du président des États-Unis, Ronald Reagan

octobre
1987
Ouverture du XIIIe Congrès du Parti communiste chinois

mai
1989
Début de la visite de Mikhaïl Gorbatchev en Chine

juin
1989
Intervention militaire sur la place Tian'anmen, en Chine


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