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11 octobre 2018

Ouverture du XVIIe Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le XVIIe Sommet de la Francophonie qui se déroule les 11 et 12 octobre 2018 à Erevan, en Arménie, a pour thème « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ». Il est marqué par l’annonce de l’accession de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire générale.

Les représentants des pays ayant le français en partage sont réunis pour la première fois en Arménie. Peu de francophones (environ 0,6 % de la population) sont recensés dans ce pays d’Asie où une place intéressante est cependant faite au français dans le système d’enseignement. Plusieurs documents sont rendus publics lors de ce sommet, dont un Appel pour le Vivre ensemble, qui est le thème central de la rencontre, ainsi qu’une Stratégie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles. Par ailleurs, des résolutions portent sur des thèmes comme l’éducation à la citoyenneté et aux droits de l’Homme, la participation culturelle, etc. Des partenariats sont également conclus sur différents dossiers avec la Moldavie, la principauté de Monaco ou la Roumanie. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte de nouveaux membres associés (Émirats arabes unis, Serbie, Kosovo), mais la candidature controversée de l’Arabie saoudite comme membre observateur est retirée. Un des sujets les plus discutés de ce Sommet est l’appui accordé par la France et l’Union africaine à la Rwandaise Louise Mushikiwabo qui convoite le poste de secrétaire générale de l’OIF. Celle qui l’occupe depuis 2015, la Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean, sollicite un autre mandat. Elle peine cependant à obtenir le soutien des pays membres, dont celui du Canada. Ceux-ci se rallient derrière Mushikiwabo malgré des critiques formulées à l’endroit de la place limitée du français et du non-respect des droits de l’Homme au Rwanda, pays dont cette dernière est ministre des Affaires étrangères. Après un discours vibrant de Jean, qualifié par la presse de « baroud d’honneur », le changement de la garde est confirmé. Il aura lieu au début de 2019. Le prochain sommet de la Francophonie, lui, se tiendra à Tunis en 2020.

Dans les médias...


Marie Verdier, « La francophonie en pleine errance »

«...y a-t-il plus mauvais exemple d'un pays à même de défendre la langue française et les valeurs de la francophonie que le Rwanda ? Certes l'OIF défend le plurilinguisme. Mais Kigali a vertement tourné le dos au français en 2008, le remplaçant par l'anglais comme langue obligatoire à l'école, et a rejoint, l'année suivante, les pays anglophones du Commonwealth. Si peu en empathie avec l'OIF, le pays avait accumulé des arriérés de paiement de ses contributions avant de les solder à la veille de sa candidature en mai dernier. Le Rwanda s'illustre aussi pour ses graves entorses à la démocratie. Après révision de la Constitution, le président Kagame, depuis dix-huit ans à la tête de l'État, peut y rester jusqu'en 2034. Or l'OIF se donne pour mission d'oeuvrer« à l'instauration et au développement de la démocratie » et « au soutien à l'État de droit et aux droits de l'homme » , comme le précise l'article premier de sa charte. « De fait, ces valeurs sont assez peu partagées au sein des membres de l'OIF » , relève [le politologue] Jocelyn Coulon. La candidature rwandaise porte à son acmé les errances de la francophonie. Celles d'une institution qui s'élargit sans fin, potentiellement prête à s'ouvrir à l'Arabie saoudite, après avoir accueilli, entre autres, le Qatar comme membre associé, l'Ukraine, les Émirats arabes unis, et bien d'autres comme pays observateurs. »

La Croix (France), 11 octobre 2018, p. 8.

Colette Braekman, « Michaëlle Jean livre un baroud d’honneur au Sommet d’Erevan »

«...L’embarras est bien réel de ce côté-ci aussi car Michaëlle Jean avait naguère été soutenue avec enthousiasme côté belge. Et si les mérites du Rwanda sont évidents, ses zones d’ombre sont également bien connues en Belgique. Ce qui n’a pas empêché Pascale Delcominette, au nom de Rudy Demotte [ministre-président de la Communauté française], de saluer le « recentrage » de la francophonie sur sa vocation de base et le refus de la dispersion exprimé par le président français. Du côté congolais, on se réjouit certes d’une candidature qui représente enfin l’Afrique centrale, mais Isabelle Tshombe, représentante spéciale du président Kabila (absent lui aussi à Erevan), n’a pas non plus mâché ses mots. Féministe convaincue, elle regrette qu’on ait utilisé une femme contre une autre et elle estime que, pour le moins, le procédé « manque d’élégance ». Ses compatriotes journalistes sont plus directs : ils voient dans ce succès diplomatique du Rwanda une « insulte » à leur propre pays si souvent agressé par leur voisin de l’est. A Erevan, beaucoup estiment que la nomination de Mme Mushikiwabo représente un pas vers son accession à la présidence du Rwanda et donc à la succession de Kagame lui-même. »

Le Soir (Belgique), 12 octobre 2018, p. 7.

M.H., « OIF : « géoculture » et géopolitique »

«...ce genre d'occasions montrent que ce sont les Africains qui, dans certaines circonstances, laissent s'exprimer leur fort besoin de Françafrique. À Erevan, l'élection de la secrétaire générale de l'OIF avait plutôt des allures d'« Afrifrance », pour prendre le mot-valise à contre-sens. Et les droits de l'Homme ? D'abord, au point où en est l'historiographie du génocide, il n'y a que le génocide hutu sur les Tutsis. En face, les soldats de Kagamé ont juste fait une guerre propre pour arrêter le massacre de leur ethnie. Ensuite, pour la dictature actuelle, le continent, à travers l'UA, s'en accommode au Rwanda, mais aussi partout où elle sévit en Afrique. L'insistance de Paul Kagamé, soutenu par l'UA, a donc persuadé un Emmanuel Macron visiblement déjà convaincu de son bon choix : il fallait consacrer l'ensemble géopolitique où le français tient le plus fort potentiel de progression. (17% depuis 2014 contre une moyenne générale de 10%, atteignant trois cent millions de locuteurs, soit 60% du total de francophones). On remarquera que le règne de Michaëlle Jean n'a pas contrarié cette progression. Ce qui n'a pas empêché Justin Trudeau d'adopter l'argument du président français pour justifier son ralliement à l'option Mushikiwabo et son lâchage de sa compatriote, la secrétaire générale sortante. Pour le Canada aussi, l'Afrique vaut bien quelques renoncements. »

Liberté (Algérie), 14 octobre 2018.

Alexandre Sirois, « Jean est K.-O., enlevons nos lunettes roses »

«...La candidature de Michaëlle Jean pour un deuxième mandat était loin de faire l'unanimité. La gestion des finances de l'Organisation internationale de la Francophonie a été montrée du doigt – et l'ancienne gouverneure générale a été qualifiée de princesse – , mais c'était vraisemblablement le symptôme d'un mal plus profond. Dans les coulisses, on indique que sur le plan politique aussi, Michaëlle Jean a semblé avoir du mal à s'adapter à ses nouvelles fonctions. François Legault [premier ministre du Québec] et Justin Trudeau [premier ministre du Canada] n'ont donc pas commis un crime de lèse-majesté en la laissant tomber. Même si ça signifie que nous perdrons forcément de l'influence sur la scène internationale. Du changement était souhaitable, donc. Mais celui qui s'annonce laisse, au mieux, perplexe. Alors que la démocratie est en régression dans le monde, on offre à un pays qui fait partie de ceux qui la bafouent, la voix et le visage de la Francophonie sur un plateau d'argent. C'est d'autant plus aberrant que le renforcement de la gouvernance démocratique et de l'État de droit est un des principes fondamentaux du mandat de l'Organisation internationale de la Francophonie (sous Michaëlle Jean, l'Organisation a d'ailleurs participé à plus d'une centaine de missions d'accompagnement à ce chapitre). »

La Presse (Québec, Canada), 11 octobre 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 11 octobre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Arménie
IntermédiaireSerzh SargsyanNikol Pachinian

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2008
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