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21 avril 2019

Attentats terroristes au Sri Lanka

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 21 avril 2019, des terroristes islamistes lancent une série d’attaques-suicides meurtrières au Sri Lanka contre différentes cibles fréquentées notamment par des chrétiens. Le bilan de cette journée de violences, qui s’élève à 258 morts et près de 500 blessés, serait le plus lourd dans ce pays depuis la fin de la guerre civile, en 2009.

Entre 1983 et 2009, le Sri Lanka a été déchiré par une guerre civile sanglante opposant le gouvernement à des sécessionnistes tamouls. Selon des estimations, elle aurait fait environ 100 000 morts dans un pays comptant alors entre 15 et 20 millions d’habitants. Malgré certains épisodes de violence, notamment à l’endroit de la communauté musulmane en 2018, la population vit en paix depuis. Le 21 avril 2019, le dimanche de Pâques, le Sri Lanka est cependant secoué par une série d’attaques-suicides dévastatrices. Des islamistes radicaux chargés d’explosifs frappent à 8 endroits différents entre 8 heures 45 et 14 heures 15, dont des églises, des hôtels de grand luxe donnant sur l’océan Indien, une maison d’hôtes et un complexe immobilier. Par contre, d’autres bombes repérées près de l’aéroport international Bandaranaike à Colombo, la capitale, ainsi qu’à proximité d’un sanctuaire, ne sauteront pas. La communauté chrétienne, qui constitue 7 % de la population du pays, est la cible de ces explosions. En tout, on dénombre 258 morts et près de 500 blessés. Le groupe armé État islamique, qui est dans un état précaire au Moyen-Orient, revendique ces attentats. Le gouvernement croit toutefois qu’il s’agit d’un autre groupe islamiste, le National Thowheeth Jama’ath (NTJ), ou d’une de ses factions dissidentes. Des milliers de soldats sont déployés pour traquer les responsables, les auteurs directs des explosions étant décédés lors de celles-ci. C’est le cas de Zahran Hashim, un leader du NTJ mort dans l’attaque contre l’hôtel Shangri-la de Colombo. Des arrestations sont faites et des centaines de ressortissants, dont le visa est expiré, sont expulsés, du nombre plusieurs prêcheurs musulmans. Des messages d’appui proviennent de différents pays. Les autorités redoutent néanmoins les conséquences de ces attentats sur la paix sociale, particulièrement une recrudescence des tensions religieuses, de même que sur l’industrie touristique sri lankaise.

Dans les médias...


S.A., « L’ombre de Daech derrière les attentats au Sri Lanka »

«...Au Sri Lanka, 70 % des habitants sont bouddhistes, et les musulmans constituent une minorité de 10 % de la population. Depuis 2014, les musulmans ont été la cible de plusieurs attaques d'extrémistes bouddhistes, pouvant favoriser le sentiment d'oppression musulmane, véritable terreau pour la propagande islamiste en général, et de Daech en particulier. Ces faiblesses locales servent de réceptacles à la stratégie globale des filières djihadistes, qui "associent des causes musulmanes (Palestine, Rohingya...) autour d'une rhétorique anti-occidentale", poursuit la chercheuse [Sophie Boisseau du Rocher]. Pour le Soufan Center, un centre d'étude des menaces à la sécurité mondiale basé à New York, les attaques de ce type dans ces territoires "sont conçues pour accroître les tensions communautaires et déstabiliser les gouvernements des pays où elles prennent lieu". L'objectif pourrait être pleinement atteint dans le cas du Sri Lanka. Il y a dix jours, le NTJ avait fait l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, qui dépendent du président du pays. Ce dernier, ouvertement en conflit avec son Premier ministre, qu'il a limogé à l'automne 2018 mais qui refuse de quitter le pouvoir, ne lui aurait pas transmis l'alerte. De quoi relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais. »

L’Express (France), 23 avril 2019.

Vanessa Dougnac, « Le massacre des chrétiens »

«...L'ancienne colonie britannique s'est en effet reconstruite sur les revendications de cette ethnie [les Cinghalais), qui a tenté d'imposer sa langue et sa religion au reste du pays. La minorité tamoule, dont le nationalisme a conduit à une insurrection séparatiste, a été perçue comme l'assaillant. Le chantre du nationalisme cinghalais se nomme Mahinda Rajapakse, président du Sri Lanka de 2005 à 2015, soutenu dans son effort de guerre par les moines radicaux. Il est l'homme controversé de l'offensive sanglante contre la guérilla. Ce ne sont toutefois pas les ombres de la guerre qui ont eu raison de lui, mais son autoritarisme. [...] Mahinda Rajapakse n'a pourtant pas dit son dernier mot et reste aux portes du pouvoir. Alors que les élections pointent à la fin de l'année au Sri Lanka, les attentats de ce dimanche, revendiqués par l'Etat islamique, pourraient être sa meilleure carte : la nécessité de méthodes drastiques dans la lutte contre le terrorisme, comme l'ex-président en avait usé contre la violence des rebelles tamouls. Dans la foulée, l'image d'un Sri Lanka agité par les extrémistes bouddhistes ne demandera qu'à s'effacer au profit d'une nouvelle menace décuplée : celle d'un islamisme extrémiste. Le traumatisme des chrétiens, ciblés aujourd'hui par les attentats, est une nouvelle plaie ouverte dans l'histoire des violences qui ne cessent de meurtrir cette île de toute beauté. »

Le Point (France), 25 avril 2019, p. 50-55.

Anthony Goreau-Ponceaud, « Attentat au Sri Lanka : comment se met en place le climat de terreur »

«...Le gouvernement a avancé l'hypothèse de la responsabilité d'un groupuscule de musulmans extrémistes, le NTJ ou National Thowheeth Jama'ath. En 2016, le secrétaire du Sri Lanka Thowheed Jamath (SLTJ), Abdul Razik, a été arrêté pour incitation au racisme. Pourtant, l'histoire contemporaine de l'île montre peu d'expériences de militance islamiste. On ne peut d'ailleurs que s'étonner de cette nouvelle, tant l'ennemi «naturel» des musulmans de l'île depuis ces dix dernières années prendrait plus le visage des bouddhistes majoritaires que celle des chrétiens. Il semblerait que le mouvement islamiste incriminé ne vise pas le séparatisme mais plutôt à étendre le mouvement jihadiste mondial au Sri Lanka et à créer la haine, la peur et des divisions au sein de la société locale. Cette hypothèse est d'autant plus plausible que les attaques ont également visé des grands hôtels internationaux fréquentés par des Occidentaux, dont l'un est financé par des investissements chinois, le partenaire commercial privilégié des autorités locales depuis la présidence de Mahinda Rajapakse. Est-ce à dire que les terroristes font un lien étroit entre chrétiens et Occident ou bien souhaitent-ils mettre en péril l'un des piliers de l'économie de l'île, le tourisme ? »

Libération (France), 24 avril 2019.

Ben Farmer, Rahul Bedi, Robert Mendick, Josie Ansor, Nicola Smith, « Bombers backed by Isil set out to kill ‘crusader visitors’ »

«...Bombings in Sri Lanka show that Isil may strike anywhere. Intelligence agencies are now scrambling to understand why Sri Lanka, which had been relatively unscathed by Isil's radicalism, was targeted. But for those who understand how the group works, it is perfectly obvious. After Isil lost the last of the territory it once held across Iraq and Syria last month, it has been keen to remind the world that it is always more than a physical presence, rather an ideology. No one had expected the attack on Sri Lanka, which had just begun to attract tourists again after its brutal decades long civil war. It sends a terrifying message - nowhere is safe. The path from Sri Lanka to Syria is not a well-trodden one. Sri Lankans have not often featured in Isil propaganda over the years, nor have they been particularly active proponents of the jihadist cause on social media. Perhaps this is what made it so easy for the small South Asian island's authorities to ignore the problem. »

The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 24 avril 2019, p. 10-11.

Gouvernance et gouvernement [ 21 avril 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

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