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8 janvier 2020

Tirs de missiles sur un avion civil survolant l’Iran

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 8 janvier 2020, quelques heures après une attaque iranienne sur des bases américaines situées en Irak, un avion civil ukrainien venant de décoller de Téhéran est abattu par des missiles. Après l’avoir nié, les autorités iraniennes reconnaîtront finalement, le 11 janvier, leur responsabilité dans cette tragédie qui coûte la vie à 176 personnes.

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis s’accentuent en décembre 2019, alors que des attaques ciblées sont effectuées de part et d’autre sur le territoire irakien. L’assassinat par drone du général iranien Qassem Soleimani, le 3 janvier, soulève l’ire des Iraniens qui répliquent le 8 janvier avec des tirs de missiles sur des camps américains en Irak. C’est dans ce climat qu’un Boeing 737-800 de la Ukraine International Airlines est abattu le 8 janvier 2020, quelques minutes après son décollage de Téhéran. Les 176 personnes à bord perdent la vie, dont les 9 membres de l’équipage. Parmi les passagers, on comptait une majorité d’Iraniens et de Canadiens ainsi que des Ukrainiens. L’hypothèse d’un tir de missiles iraniens est vite évoquée, entre autres par le premier ministre canadien Justin Trudeau. Les autorités du pays parlent toutefois de problèmes techniques ou mécaniques propres à l’avion. Des enquêteurs de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (OAIC) sont sur place. Des experts du Bureau de la sécurité des transports enquêtent également, tout comme des spécialistes de différents pays. Plusieurs éléments seront considérés, comme le contenu des boîtes noires, les débris de l’avion ainsi que sa trajectoire. Le 11 janvier, Téhéran fait volte-face, reconnaissant que le Boeing a bel et bien été abattu par un de ses missiles. Le leader suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président Hassan Rohani qualifient ce tir, selon eux accidentel, d’erreur impardonnable. Il aurait été justifié par la crainte qu’il s’agisse d’une attaque contre l’Iran, dans le contexte des actes hostiles des derniers jours. L’aveu des autorités n’empêche pas des Iraniens de descendre dans les rues pour réclamer toute la vérité et contester le pouvoir. Le 20, l’OAIC confirmera que ce sont deux missiles de fabrication russe qui ont touché le Boeing.

Dans les médias...


M. Bn., « L’Iran peut jouer la carte de la théorie du complot »

«...L’Iran est sur la défensive, on le sent bien. Le directeur de l’aviation iranienne a dit à plusieurs reprises que la thèse du missile était impossible, en avançant des arguments qui ne sont pas très corrects de mon point de vue. Il a notamment déclaré qu’il ne pouvait pas s’agir d’un missile puisque l’avion ne s’est pas désintégré en vol. Mais ce n’est pas systématiquement le cas puisqu’en général, le missile explose à côté de l’avion : ce sont les débris qui causent les dommages avec ce type de missile supposément utilisé par l’Iran. C’est un argument peut-être solide pour un quidam, mais facilement démontable. La République islamique est dans une position extrêmement inconfortable. Si l’on remet le crash dans la perspective des derniers événements : les frappes iraniennes contre des bases américaines en Irak qui n’ont fait aucune victime couplée à cette erreur qui a coûté la vie à 90 ressortissants... C’est une très mauvaise pub pour l’Iran si la thèse du missile est avérée. »

Le Soir (Belgique), 11 janvier 2020, p. 3.

Claire Gatinois, Nathalie Guibert, Allan Kaval, Jean-Pierre Stroobants, « Un missile iranien à l’origine du crash à Téhéran »

«...En fonction de l'attitude qui sera observée par Téhéran, les implications diplomatiques de l'incident sont singulièrement sensibles. Alors que les observateurs de la crise irano-américaine pouvaient espérer une désescalade après des représailles relativement limitées de la part de l'Iran contre des cibles américaines, mercredi, une éventuelle obstruction de Téhéran sur l'enquête du crash est susceptible d'envenimer la situation. « Si des preuves d'une responsabilité iranienne dans le crash sont avancées, il est clair que la réunion ministérielle prendra une autre tournure », expliquait une source à Bruxelles, à la veille d'un rendez-vous extraordinaire des ministres des affaires étrangères, qui devait être consacré, notamment, à la situation en Iran et en Irak. La question de l'analyse des boîtes noires, qui dépend du bon vouloir de Téhéran, est décisive. Mercredi, l'agence de presse Mehr, réputée proche des ultraconservateurs, avait cité M. Abedzadeh, disant que l'Iran ne remettrait pas les boîtes noires aux Américains. Mais le ministère des transports iranien a, depuis, rejeté « les rumeurs sur la résistance de l'Iran à livrer les boîtes noires (...) aux Etats-Unis . La République islamique pourrait-elle, en définitive, se montrer plus conciliante pour éviter de se mettre à dos l'ensemble de la communauté internationale dans un moment critique ? »

Le Monde (France), 11 janvier 2020, p. 2.

Catherine Frammery, « Honte à vous, qui tuez votre propre peuple »

«...Certains manifestants appellent pourtant à la démission du guide suprême, l'ayatollah Khamenei. Cela traduit-il un niveau de désespoir supplémentaire? Tout le monde sait depuis toujours que l'ayatollah Khamenei bloque toute réforme. Jusqu'en 2017, on ne l'accusait pas directement car le niveau de frustration n'était pas encore assez élevé. Depuis, la société iranienne a atteint le point d'ébullition. Les parefeu entre la colère populaire et le guide suprême fonctionnent moins bien. C'est le cas du crash de mercredi: le missile appartenait aux Gardiens de la Révolution, une force qui ne répond pas au gouvernement mais au guide. Et le mécontentement s'exprime de plus en plus ouvertement, comme lors des manifestations de novembre dernier qui auraient fait 1500 morts. Il est clair que la fréquence de ces explosions de colère a augmenté de manière significative. Les manifestants deviennent plus audacieux et plus violents. Cette situation n'est pas tenable, quelque chose doit changer. La République islamique doit choisir entre resserrer sa poigne de fer ou chercher des compromis. Comment ce système pourrait-il s'ouvrir et se réformer? »

Le Temps (Suisse), 13 janvier 2020, p. 3.

Mark Almond, « A malfunctioning Iran is even more dangerous »

«...A ruthless and competent Iran, with its vast arsenal of missiles, unforgiving ideology and network of murderous proxies across the Middle East, is a danger to its neighbours and the wider world. But as the West and the thousands of people who have taken to the streets in recent days to protest against the regime may be about to discover, a ruthless but malfunctioning Iran could be more dangerous still. The Islamic Republic was clearly taken aback by the US killing of the previously untouchable General Qassim Soleimani. Its light-touch retaliation defied the blood-curdling rhetoric of revenge. But then came the catastrophic shooting down of a civilian airliner and the three days of lies and denial that followed. Everything the Iranian authorities did that night was criminally irresponsible. Why were passenger planes allowed to fly in and out of Tehran in the hours of maximum tension with the Americans? Why were anti-aircraft units not alerted to those flights? Even after Iranian responsibility was admitted, different camps have been warring over who should take the blame. Those of us who have watched Iran over the past few decades know that coherent command-and-control structures and effective government have never been the regime's forte. This time, however, the infighting, dysfunction and paranoia have reached a deadly new crescendo. And all at a moment of intense pressure. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 13 janvier 2020, p. 17.

Gouvernance et gouvernement [ 8 janvier 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
FaibleHassan Rouhaniposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



avril
2015
Entente préliminaire sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Iran


Dans l'actualité


février
2020
Maintien de l'accord sur le nucléaire iranien : une mission impossible?

novembre
2019
L'or noir : la ressource qui détermine le destin de l'économie iranienne?

octobre
2019
Le Moyen-Orient s'enflamme dans une nouvelle guerre froide

septembre
2017
Réélection de Rouhani en Iran : vers l'ouverture et la modération

septembre
2017
Téhéran frappé par le groupe État islamique

février
2017
L'accord nucléaire iranien remis en question

mars
2016
Iran - Arabie Saoudite : des décennies de relations abruptes

février
2016
L'Iran entre réforme et tradition

décembre
2015
L'Iran : une population qui sombre dans la drogue

janvier
2014
Signature d'un accord historique sur le nucléaire iranien


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