22 octobre 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Valeurs     Jeux   

31 janvier 2020

Départ du Royaume-Uni de l’Union européenne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pour la première fois de l’histoire, un pays membre confirme qu’il quittera les rangs de l’Union européenne (UE). Il s’agit du Royaume-Uni qui, après une période de transition marquée par des négociations, sortira officiellement de l’UE le 31 décembre 2020.

Un référendum tenu le 23 juin 2016 a permis aux Britanniques d’exprimer à 51,6 % leur volonté de quitter l’UE. La démission des premiers ministres David Cameron (juillet 2016) et Theresa May (juillet 2019) ponctuent la longue saga qui s’ensuit, une impasse politique perdurant malgré la tenue de négociations avec l’UE. Un nouvel élan visant à faire aboutir le Brexit accompagne l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson en juillet 2019, et la victoire de son Parti conservateur aux législatives de décembre 2019. Le gouvernement confirme le départ du Royaume-Uni de l’UE pour le 31 janvier 2020 à minuit. Une période de transition suivra, avant que le processus ne soit complété le 31 décembre 2020. Des négociations sont prévues sur des thèmes comme la situation de la frontière nord-irlandaise, la facture que Londres devra défrayer ainsi que le sort des expatriés de part et d’autre de la Manche. Les Britanniques favorables au Brexit se réjouissent de voir leur pays reprendre une plus grande autonomie, alors que les opposants y voient plutôt une forme d’isolationnisme. Des arguments économiques sont échangés de part et d’autre, mais leur pertinence demeure hypothétique tant que le contenu final des négociations ne sera pas connu. La possibilité d’un accord de libre-échange avec les États-Unis est même évoqué par le président Donald Trump. Avec ses 66 millions d’habitants, le Royaume-Uni possédait la deuxième économie la plus importante de l’UE. Il comptait 73 sièges sur les 736 du Parlement européen. Le premier ministre Johnson exclut un report du Brexit après le 31 décembre 2020, mais le pays reste néanmoins divisé, particulièrement en Écosse et en Irlande du Nord où les citoyens ont voté majoritairement contre cette option en 2016. Le Royaume-Uni avait adhéré à la Communauté économique européenne en janvier 1973.

Dans les médias...


Sonia Delesalle-Stolper, « Le jour du rembarquement »

«...Il faut maintenant inventer la suite. Comment continuer à vivre ensemble quand on ne vit plus ensemble ? Tout reste à construire. Mais ce sera pour demain, pour les jours, les mois, et peut-être même les années à venir. Ce jour-ci est celui du départ, de la porte qui se referme sur une histoire commune de quarante-sept ans. La fin d'un très long et parfois, mais pas toujours, houleux mariage. Ce vendredi matin, vers 10 heures, Boris Johnson ne réunira pas ses ministres au 10, Downing Street [...] Pour ce Conseil des ministres exceptionnel (ils se tiennent d'habitude les mardis), il a choisi de déplacer ses troupes à Sunderland, dans le nord de l'Angleterre. Comme un symbole rappelant que ce sont ces régions, ancien coeur industriel du pays, qui, le 23 juin 2016, ont voté à une large majorité pour le Brexit. C'est là aussi que, le 12 décembre dernier, des électeurs qui n'avaient jamais voté pour un autre parti que le Labour ont choisi les conservateurs, et donné à Boris Johnson une large majorité absolue au Parlement. Pour qu'il leur offre en retour le Brexit et avec lui ce dont ils rêvent depuis des années : un niveau de vie plus décent, des services publics, des transports, des logements plus accessibles, une vie plus douce en fait. Boris Johnson sait que ces électeurs ne lui pardonneront pas s'il faillit à ses promesses. Il a cinq ans devant lui. »

Libération (France), 31 janvier 2020, p. 2 à 5.

Éric Albert, « Boris Johnson entre révolution et stabilité »

«...Tout, et son contraire, a été dit sur Boris Johnson. Le premier ministre britannique est tour à tour considéré comme un bouffon sans colonne vertébrale, un dangereux extrémiste qui flirte avec l'extrême droite ou un visionnaire charismatique. Après sa victoire sans appel aux élections législatives de décembre, il n'a plus à convaincre de son extraordinaire sens politique. Mais, alors que le Royaume-Uni va officiellement sortir de l'Union européenne vendredi soir à minuit, que compte-t-il faire de son mandat? Le Brexit, d'accord, mais pour quoi faire? [...] Cet instinct de centre droit s'accompagne de l'idée que les impôts ne doivent pas être trop élevés, que la loi et l'ordre doivent régner mais que l'État doit quand même assurer un minimum, à commencer par la gratuité de la santé et de l'éducation. En ce sens, d'après Tim Bale (un politologue de Londres), Boris Johnson est dans la droite ligne de David Cameron et Theresa May. « Le nouveau boss est comme les anciens », conclut-il. Derrière les cheveux en désordre et l'humour ravageur, Boris Johnson ne serait ni radical, ni extrémiste. Il a soutenu le Brexit parce que ça l'arrangeait politiquement à ce moment-là, et il ne rêverait pas de révolution thatchérienne 2.0. Les négociations de l'année à venir, qui vont obliger Boris Johnson à faire quelques choix, viendront confirmer si l'hypothèse de Tim Bale est la bonne. »

Le Temps (Suisse), 30 janvier 2020, p. 5.

Virginie Malingre, « L’Europe à l’épreuve de la sortie du Royaume-Uni »

«...Pour l'Europe, le Brexit est un moment comparable à la réunification allemande. Comme elle, il bouleverse radicalement le paysage européen », juge un autre diplomate. Après la réunification allemande, l'Europe a su se réinventer avec l'euro. Saura-t-elle rebondir après le Brexit ? Certains y voient l'opportunité de rebâtir un projet, alors que l'idée européenne bénéficie d'un regain de popularité. Après tout, même la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, ne parle plus de « Frexit ». D'autres s'inquiètent d'un affaiblissement durable du club européen. « Le risque, c'est de tomber dans l'insignifiance, l'Europe serait très affaiblie si on continuait le "business as usual" », prévient l'ancien ministre des affaires européennes Alain Lamassoure. Mais tous s'accordent à dire qu'à ce stade rien n'est écrit. Comme l'a énoncé le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, en déplacement à New Delhi le 16 janvier, « l'UE est un acteur en quête d'identité, elle ne sait pas encore quel rôle elle veut jouer. »»

Le Monde (France), 28 janvier 2020, p. 8.

Jean-Christophe Laurence, « Le Brexit, et après? »

«...Aux yeux des partisans du Brexit présents hier, ce party n'en avait que plus de valeur symbolique. Comme une sorte de revanche. « Je ne serais pas là si on était sortis il y a un an et demi comme prévu. Quel soulagement ! », lance John Calver, drapeau britannique noué autour du cou. Selon tous ces gens, la sortie du Royaume-Uni n'est rien de moins qu'une libération. Plus besoin de se plier aux règles de l'Union européenne. Plus besoin de subir des décisions prises à Bruxelles, qui selon eux les désavantagent. Le Royaume-Uni dicte maintenant ses propres lois et sa propre politique commerciale. « Il était temps », ajoute Kate Marshall, qui a fait près de 300 kilomètres pour être de la fête. « Maintenant, on peut contrôler notre destin. » Inquiets ? Il s'est dit beaucoup de choses sur les retombées économiques du Brexit. Que la Grande-Bretagne y perdrait au change, notamment. Mais, finalement, ils s'en moquent. « Le plus important, c'est qu'on retrouve notre souveraineté. Après, on verra bien », lance Simon Earfield. Comment échouer, de toute façon ? En retrouvant son indépendance, le Royaume-Uni ne peut selon eux que réussir. »

La Presse + (Québec, Canada), 1er février 2020, p. 11.

S.A., « Brexit is done. Now we need to find a new rule in the world »

«...NOT with a bang but a whimper. Who would have predicted that this was the way Britain would end its five-decade membership of the European Union? Today, as the 11th hour approaches, there will be no street parties or pealing of bells in celebration, nor are there angry demonstrations and defiant protests of outrage. The exhausted nation is hardly aware that, after all the acrimony, the moment of departure is upon us. Brexit is done. The best the governing party can manage to mark the event that has consumed all its political energies, and dispatched two of its leaders, is a commemorative mug and tea towel. Why? Because whatever side you have taken in the debate that has cleaved our society in half, today represents a failure. For the Remainers the defeat is absolute. [...] If the failure of pro-Europeans is obvious, why are the celebrations of Brexiteers so muted? In part, because they too know they have not convinced the nation. Britain walks through the exit door with a feeling of melancholic resignation rather than excitement about the future. »

London Evening Standard (Royaume-Uni), 31 janvier 2020, p. 16.

Gouvernance et gouvernement [ 31 janvier 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIBoris Johnson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


Dans l'actualité


septembre
2020
Changement majeur au sein du gouvernement britannique : Sajid Javid quitte le Trésor

février
2020
L'espérance de vie connaît sa première chute en un siècle au Royaume-Uni

novembre
2019
La frontière entre les deux Irlande : une entrave majeure à la négociation du Brexit

septembre
2019
Johnson prend l'ascendant dans la course au 10 Downing Street

février
2019
Le Brexit fera t-il tomber Theresa May?

janvier
2019
Baisse du taux de chômage au Royaume-Uni : une bonne nouvelle?

janvier
2019
Glasgow, la ville trouble

octobre
2018
Après le Brexit, l'Afrique est dans la mire des Britanniques

mars
2018
Il y a 40 ans : Amnistie internationale décrochait le prix Nobel de la paix

novembre
2017
D'Hollywood à Westminster : l'internationalisation d'un mouvement


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019