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27 mars 2020

Dévoilement d’un plan de stimulation économique de 2 trillions de dollars aux États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La crise de la covid-19 incite de nombreux pays à procéder à des mesures de confinement qui entraînent un ralentissement économique rapide et important. Pour y remédier, des gouvernements adoptent des mesures de stimulation économique sans précédent, notamment aux États-Unis où un plan record de 2 trillions de dollars est mis en place.

La propagation de la covid-19 s’accélère en février et mars 2020. Pour endiguer cette pandémie, plusieurs pays recourent à des mesures sévères de santé publique. Certaines, comme le confinement des personnes ainsi que l’interruption d’activités commerciales et industrielles jugées non essentielles, entraînent un ralentissement économique rapide et important. Elles ont des répercussions négatives sur les cours boursiers ainsi que sur les taux de chômage qui explosent. En mars 2020, les gouvernements se mobilisent afin de mettre de l’avant des interventions susceptibles de soutenir leurs économies. Le 26 mars, les leaders du G20 se disent prêts à injecter jusqu’à 5000 milliards dans la lutte à la covid-19. Les pays adoptent aussi des plans visant à rassurer les marchés, soutenir les entreprises et stimuler la consommation. Des sommes sans précédent sont avancées en mars 2020, par exemple en France (345 milliards d’euros), en Allemagne (750 milliards) ou au Japon (117 trillions de yens). Le 27 mars, le président américain Donald Trump appose sa signature sur un plan de 2 trillions de dollars, soit environ 11 % du PIB. Il touche les individus (600 milliards $ US), les grandes et les petites entreprises (500 et 377 milliards $ US), les États et les gouvernements (340 milliards $ US) ainsi que les services publics (179,5 milliards $ US). Différentes stratégies sont prévues selon les pays (aide immédiate et directe, paiements reportés, prêts, etc.). D’autres plans gouvernementaux sont également envisagés dans le futur, les experts s’attendant à une récession brutale, pire que lors de la crise de 2008, avec un chômage élevé et un accroissement spectaculaire de l’endettement des États. La situation pourrait même s’avérer fatale pour plusieurs petites entreprises, notamment celles dont la proximité avec le public (restaurants, salles de spectacle, salons de coiffure, etc.) rend une réouverture plus improbable à court terme.

Dans les médias...


Marc Lomazzi, Cyril Simon, « Face au coronavirus, Trump sort l’artillerie lourde »

«...Donald Trump a endossé ces dernières heures l'un de ses habits préférés, celui de chef de guerre. Après un léger retard à l'allumage, le locataire de la Maison-Blanche a pris conscience de la gravité de l'épidémie aux États-Unis, qui a déjà franchi la barre des 100 000 cas et causé la mort de plus de 1 800 personnes. Le président américain, soutenu par la majorité du Congrès, a lancé la contre-offensive en promulguant vendredi un plan historique de relance de 2 200 milliards de dollars (1 800 milliards d'euros) pour éviter au pays de plonger dans une récession durable. C'est deux fois plus que le plan signé en urgence par Obama pour stopper l'onde de choc de la crise financière de 2008. [...] Traumatisés par la Grande Dépression qui, dans la foulée du krach de 1929, a précipité des millions d'Américains dans la misère, les États-Unis redécouvrent comme à l'époque du New Deal de Roosevelt les vertus du Welfare State et de l'interventionnisme d'État. Les indemnisations chômage vont être renforcées. Les salariés et les indépendants sans travail « recevront en moyenne leur salaire entier pendant quatre mois », a rassuré le sénateur démocrate Chuck Schumer. Et des voix s'élèvent déjà pour affirmer qu'il faudrait aller plus loin. »

Aujourd’hui en France (France), 29 mars 2020.

Bruno Odent, « Les États-Unis, épicentre des crises financière et sanitaire »

«...Le plan Trump lâche certes quelques dizaines de milliards au système de santé au bord de l'étouffement. Mais sans rien préciser de son contenu. Il prévoit bien de prolonger l'indemnité chômage d'un trimestre. Mais cette générosité pour « les pauvres » apparaît dérisoire quand on sait que la durée légale maximale d'indemnisation du chômage est le plus souvent réduite aujourd'hui à... 12 semaines. Quant au versement d'un crédit d'impôt de 1 200 dollars (un peu plus de 1 000 euros) aux contribuables des classes moyennes, il est destiné au moins autant à maintenir un niveau élevé de la consommation qu'à voler au secours de salariés ou de retraités frappés souvent directement par l'effondrement des cours de la Bourse. Pour l'administration Trump, il s'agit de gagner du temps. En attendant un redémarrage de l'économie le plus rapide possible. Le locataire de la Maison-Blanche a estimé qu'un retour à la normale serait possible d'ici la mi-avril et les fêtes de Pâques. « Un plongeon dans la dépression, a-t-il cru bon de justifier, serait finalement bien plus coûteux en vies. »»

l’Humanité (France), 30 mars 2020, p. 4.

Guy Taillefer, « Aplatir la partisanerie délétère »

«...Le plan de sauvetage, impulsé par les démocrates, représente la moitié du budget fédéral américain. C'est titanesque. [...] C'est titanesque, mais nul doute qu'il en faudra plus. Le Sénat avait à peine validé le plan -- que la Chambre doit entériner vendredi -- que le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, qualifiait la part destinée à son État de " goutte d'eau " dans l'océan de ses besoins sanitaires et économiques. La culture sociale, politique et économique des États-Unis étant ce qu'elle est, l'attitude de M. Trump ne fait pas pour autant l'unanimité contre lui, tant s'en faut. Voici un président qui continue de relativiser la gravité de la pandémie -- malgré le nombre croissant de morts et les carences du système de santé public -- au nom de la nécessité de relancer au plus vite la première économie mondiale -- et ses propres affaires, pourrions-nous ajouter cyniquement, comme la Trump Organization souffre aussi de la crise. Il ne faudrait pas que le remède soit pire que le mal, disait-il en début de semaine ; il s'est laissé aller à dire mercredi que ce n'était pas parce qu'il y avait des accidents de voiture qu'il fallait interdire à tout le monde de conduire. De fait, le dernier sondage Gallup attribue cette semaine à M. Trump un taux d'approbation record de 49 %. Qui donc sait quelle influence électorale aura la pandémie sur la prochaine présidentielle ? »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 mars 2020, p. A6.

Ben Chu, « Will a £2 trillion pandemic bailout keep the US afloat? »

«...It's important to note that it's not all government spending which supports economic activity - a good deal of the $ 2 trillion total is loans and state loan guarantees. Yet economists estimate that the package will, nevertheless, push the US federal deficit up to almost 10 per cent of GDP. This won't, however, be enough to stop the US falling into a deep recession, almost certainly deeper than the 2008-09 slump. But a fall in GDP is inevitable because that's a by-product of population lockdowns to stop the spread of disease. The direct cheques to families will be useful in repairing their balance sheets and sustaining their incomes, but if unemployment, as now seems entirely possible, surges to heights not seen since the Great Depression of the 1930s, it will merely mitigate the economic suffering rather than offset it. And if the outlook continues to deteriorate, pressure will probably increase on the US government to go beyond this $ 2 trillion support package. »

The Independent (Royaume-Uni), 27 mars 2020, p. 28.

Gouvernance et gouvernement [ 27 mars 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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