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9 mars 2020

Mise en quarantaine de l’Italie dans le contexte de la crise de la covid-19

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Peu après l’identification de deux personnes contaminées à la covid-19, le gouvernement italien annonce l’état d’urgence le 31 janvier 2020. Premier pays d’Europe à recourir à cette mesure pour lutter contre ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) proclame une urgence sanitaire internationale, l’Italie adoptera une quarantaine le 9 mars.

En janvier 2020, la propagation de la covid-19 se limite surtout à la Chine et à quelques États d’Asie. Les cas recensés hors de Chine, 98 dans 18 pays, demeurent marginaux. L’identification de deux cas en Italie, deux sexagénaires chinois arrivés à Milan le 23 janvier, fait réagir le gouvernement de Giuseppe Conte. Peu après la proclamation d’une urgence sanitaire internationale par l’OMS, le 30 janvier, Conte annonce l’état d’urgence le 31 janvier et l’injection de 5 millions d’euros dans la lutte contre la covid-19. Cette décision, valable pour 6 mois, donne une plus grande latitude au gouvernement pour intervenir. Ce n’est pas une première en Italie, mais elle frappe dans la mesure où elle porte sur tout le territoire national. De plus, il ne s’agit que d’une urgence préventive. Pour le moment, on se contente de suspendre les vols venant ou se dirigeant vers la Chine. En février, la situation se détériore. Le 22, l’Italie déplore un premier décès lié à la covid-19. Il survient trois jours après un match de football disputé à Milan devant 40 000 personnes. Cet événement aurait eu un effet accélérateur sur la propagation qui atteint un rythme inquiétant. Le 4 mars, on compte des milliers de cas de contamination et 100 morts. Le 12 mars, on atteint un total de 1000 morts. Après l’avoir fait en Lombardie, une zone chaude, et 14 provinces du Nord, le gouvernement annonce une quarantaine nationale le 9 mars (confinement, limitation des transports et des rassemblements, arrêt du travail jugé non-essentiel, etc.). Le nombre de morts, estimé à plus de 3000 le 19 mars, dépasse celui de la Chine. Le système de santé est mis à mal par cette crise qui atteint un sommet quotidien le 26 mars avec 969 morts. Au début d’avril, on compterait même une centaine de docteurs et d’infirmières parmi les victimes. On observera ensuite une baisse graduelle des décès qui passeront sous les 500 par jour vers la fin d’avril.

Dans les médias...


Valérie Segond, « Giuseppe Conte place 60 millions d’Italiens en quarantaine »

«...C'est précisément la crainte que le système de soins italien ne parvienne pas à traiter ces nouveaux cas qui inquiètent au plus haut point, et ont conduit le premier ministre à prendre une telle décision. Car le faible nombre de lits d'hôpitaux (3,2 lits pour 1000 habitants contre 6 lits pour la France) et le nombre limité de lits en soins intensifs (5 100, soit un nombre proche des 4 500 en France pour une population équivalente) imposent de prendre des mesures drastiques pour arrêter la contagion. Car avec la concentration des foyers au nord, l'essentiel de la prise en charge pèse sur quelques régions. [...] le spectre de la saturation a déjà contraint à poser la question de la sélection des malades. Sur le terrain, ce sont les anesthésistes réanimateurs qui sont en première ligne. Depuis dix jours, ils posent la question à la société des anesthésistes : « Que faire quand il n'y a qu'un lit pour deux malades ? » « Dans ce cas, il faut réserver les soins intensifs aux personnes qui peuvent réellement en bénéficier, dit Luigi Riccioni, le président du Comité d'éthique de la Siaarti. Nous ne disons pas qu'il faut seulement soigner les jeunes et en bonne santé. Et ne pas soigner les personnes âgées avec des maladies chroniques. Mais quand il n'y a plus de lits, il faut privilégier ceux qui peuvent s'en tirer. » »

Le Figaro (France), 10 mars 2020, p. 3.

Jérôme Gautheret, Chloé Hecketsweiler, « Virus : toute l’Italie en « zone rouge » »

«...Le coeur de la crise se situe en Lombardie (5 500 cas diagnostiqués, dont près de 1 300 nouveaux entre dimanche et lundi). Même si, dans cette région, à la fois la plus peuplée et la plus riche d'Italie, les infrastructures médicales sont exemplaires, elles ne semblent pas dimensionnées pour répondre à la crise. Selon le docteur Antonio Pesenti, coordinateur de l'unité de crise de la région, 18 000 patients devraient y être hospitalisés d'ici au 26 mars, dont environ 3 000 en soins intensifs. Des chiffres très supérieurs aux ressources disponibles : pour l'heure, sur l'ensemble de son territoire, l'Italie dispose de 5 100 lits de cette catégorie. « Nous sommes obligés d'installer des lits de soins intensifs dans le couloir, dans les salles d'opération, dans les salles de réveil. Nous avons vidé des salles d'hôpital entières pour faire de la place aux personnes gravement malades. L'un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui de la Lombardie, est à deux pas de l'effondrement », explique le docteur Antonio Pesenti dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera. Pour ce médecin, la catastrophe ne pourra être évitée que si tous les Italiens se disciplinent. »

Le Monde (France), 11 mars 2020, p. 6.

Philippe Mercure, Ariane Lacoursière, « L’Italie débordée par l’épidémie »

«...Le document italien compare la situation actuelle à de la « médecine de guerre » et précise que les mêmes réflexions éthiques pourraient devoir s'appliquer. Le problème : les patients qui se présentent dans les hôpitaux pour de la détresse respiratoire ou d'autres symptômes causés par le coronavirus sont si nombreux qu'ils « saturent » les urgences et les unités de soins intensifs, monopolisant des ressources qui doivent aussi servir aux autres malades. [...] Sur l'internet et dans les médias, des médecins italiens ont donné une idée de l'atmosphère qui règne dans les hôpitaux du pays, particulièrement dans le nord. « La situation n'est rien de moins que dramatique, aucun autre mot ne me vient à l'esprit. [...] Cessons de dire qu'il s'agit d'une mauvaise grippe », a notamment écrit Daniele Macchini, un médecin qui travaille à la clinique Humanitas Gavazzeni de Bergame, en Lombardie, dans une publication sur Facebook devenue virale. »

La Presse+ (Québec, Canada), 12 mars 2020, p. 5.

Nick Squires, «Italy faces ‘long war’ against coronavirus, expert warns, as prominent doctor dies »

«...“We need to get used to thinking it will be a long war,” said Walter Ricciardi, a member of the World Health Organisation and a key adviser to the government on the crisis. It was not possible to say when Italy might return to normality, but the emergency could well drag on into the summer months, he said. "It is much more contagious than SARS,” he said. There might not be a decrease in the number of infections and deaths for another two weeks. In a desperate attempt to halt more cases, the government announced late on Wednesday that all shops must close apart from pharmacies and food outlets such as supermarkets. Giuseppe Conte, the prime minister, said it could take two weeks to see the benefit of the drastic measures, which have left Italian cities and towns almost deserted. [...] As doctors and nurses battle the virus in intensive care units, there are concerns for the growing isolation of many old people in Italy. They [les personnes âgées] are by far the most vulnerable sector of society to the virus and many are no longer venturing outside for fear of being infected. The government even advises that they should not be visited by their grandchildren – although children seem little affected by the virus, they can pass it on. […] Italy is the worst affected country in Europe in part because it has such an aged population – nearly a quarter of the population is over 65. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 12 mars 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 9 mars 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéSergio MattarellaGiuseppe Conte

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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décembre
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