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25 mars 2020

Adoption d’un plan de confinement en Inde dans le contexte de la crise de la covid-19

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Narendra Modi

L’Inde, le deuxième pays le plus populeux de la planète, adopte à son tour, le 25 mars 2020, un plan de confinement dans le contexte de la lutte à la covid-19. La situation est particulièrement difficile pour des millions de travailleurs migrants qui, à cause des interruptions dans les transports, doivent parcourir de grandes distances à pied.

Autour du 25 mars 2020, l’Inde, malgré sa population de 1,3 milliard d’habitants, ne compte que de 500 à 600 cas de contamination à la covid-19, dont une dizaine de décès. Le faible nombre de tests influence toutefois ces données. Combiné à la détérioration de la situation dans plusieurs pays et à l’annonce d’une pandémie par l’Organisation mondiale de la santé, ce facteur incite le gouvernement du premier ministre Narenda Modi à mettre en vigueur des mesures de confinement. À partir de minuit, le 25 mars 2020, les transports publics sont suspendus et les frontières entre les États fermées. Les personnes sont invitées à rester chez elles, sauf pour des activités jugées essentielles. Même si ces mesures ne doivent durer que 21 jours, elles causent de graves problèmes, entre autres aux agriculteurs ainsi qu’aux dizaines de millions de travailleurs migrants. Privés de transports en commun, ceux-ci doivent parcourir de grandes distances à pied. En dépit d’un plan de stimulation économique de 22,6 milliards $ US, plusieurs anticipent une chute de la croissance indienne, s’ajoutant à un taux de pauvreté déjà élevé et à des pénuries en équipements sanitaires. Plusieurs pays sont déjà en confinement, auxquels s’ajoutent à la fin de mars l’Afrique du Sud, la Russie et plusieurs autres. Les mesures varient, mais tous sont favorables à des restrictions dans les rassemblements, les activités économiques et la mobilité des personnes. Selon des observateurs, on estime qu’au début d’avril 2020 près de la moitié de la population du globe vit en confinement. Le 14 avril, les autorités confirment que les mesures du 25 mars en Inde seront prolongées jusqu’au 3 mai. Par la suite, les gouvernements, tant en Inde qu'ailleurs, s’engagent à procéder à un retour graduel à la « vie normale ». Cependant, les stratégies diffèrent selon les pays, plusieurs observateurs redoutant une deuxième vague de covid-19 advenant un relâchement trop rapide des mesures adoptées.

Dans les médias...


Vanessa Dougnac, « L’Inde immense se referme à son tour »

«...Son discours a sonné comme une alerte et un appel à la mobilisation civique, alors que les cas de Covid-19 sont encore relativement peu élevés. Le deuxième pays le plus peuplé du monde en comptabilise plus de 600, des chiffres sous-estimés puisque l'Inde pratique peu le dépistage du coronavirus, mais les experts y agitent la possibilité d'une explosion épidémique. Avec la densité élevée de sa population, ses carences en matière d'hygiène et la faiblesse de ses équipements hospitaliers, l'Inde est mal armée pour faire face au pire. De farouches opposants au premier ministre, comme le politicien P. Chidambaram, ont ainsi appelé les Indiens à être les « soldats » de Narendra Modi, « commandant » de cette bataille. « La vie d'abord, estime Aditya Goel, un jeune commerçant près de l'avenue de Chandni-Chowk. Toutes les familles, ici, respectent le confinement. » Mais l'un des problèmes principaux concerne les sorties pour l'approvisionnement alimentaire. Des services essentiels et limités sont assurés et les gens sont autorisés à aller se ravitailler. Mais à peine le premier ministre avait-il annoncé le confinement que les gens se sont rués dans les magasins, se bousculant et dévalisant les échoppes en denrées de base. »

Le Temps (Suisse), 26 mars 2020, p. 5.

S.A., « L’impressionnant avant/après le confinement de l’Inde »

«...Et un de plus... L'Inde s'ajoute à la longue liste des pays qui se sont claquemurés contre la pandémie de coronavirus, après un couvre-feu national dimanche 22 mars dans tout le pays, à titre d'« expérience » et de « symbole », selon les mots du Premier ministre Narendra Modi. Un « test » qui avait fonctionné, puisqu'à Bombay, New Delhi ou encore Bangalore, rues et gares s'étaient vidées, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo avant/après ci-dessus. Les gares ferroviaires de Bombay et de Bangalore sont désertes, les magasins de New Delhi sont fermés alors que des millions d'Indiens sont confinés à la suite de l'appel du Premier ministre Narendra Modi à un couvre-feu national dimanche 22 mars en Inde, à titre de test dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. [...] Depuis mardi 24 mars à minuit, la deuxième nation la plus peuplée du globe (1,3 milliard d'habitants) est donc entrée avec anxiété dans un confinement de trois semaines. D'après un décompte du « Monde », le confinement général est désormais en vigueur dans au moins 42 pays ou territoires, comme le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, l'Autriche mais aussi la Colombie, l'Argentine, la Californie, l'Irak ou l'Afrique du Sud. »

L’Obs (France), 26 mars 2020.

Maïka Sondarjee, « Là où le confinement peut tuer »

«...Les épidémiologistes peinent à calculer les effets du confinement à long terme. Certains avancent que le gouvernement aurait dû privilégier la mitigation plutôt que la militarisation du pays pour forcer le confinement. L'Organisation mondiale de la santé suggère d'augmenter radicalement les tests, l'Inde diagnostiquant en ce moment environ 18 personnes par million d'habitants. Dans tous les cas, l'universalisation des solutions occidentales comme le confinement obligatoire aura des effets désastreux sur certaines couches de la population. Bien sûr, le choix politique de Modi est utilitariste : combien de vies puis-je sacrifier pour en sauver le double, le triple ou le quadruple ? C'est toutefois un choix politique qui vise certaines personnes et pas d'autres. Et si les gens qui allaient mourir étaient des propriétaires d'entreprises, des brahmanes ou des personnes blanches... le choix aurait-il été le même ? Les vies en Inde et ailleurs dans le Sud global doivent être comptabilisées dans notre compréhension des impératifs de sortie de crise. Lorsque cette crise tirera à sa fin, le décompte des décès liés au coronavirus devra inclure ces milliers d'êtres humains qui mourront sans faire de bruit. »

Le Devoir (Québec, Canada), 1er avril 2020, p. A7.

Jyotsna Singh, Amy Kazmin, Benjamin Parkin, « Indian lockdown forces exodus of urban migrants »

«...The full scale of the looming humanitarian and public health crisis was clear this weekend as Uttar Pradesh, India's most populous and poorest state, started to provide buses to help ferry home migrants still stranded in Delhi. Tens of thousands of people thronged the bus station and packed into buses, ideal conditions for the virus to spread. Critics say the chaos is a direct result of the Modi government's failure to anticipate how poor urban workers would respond to a sudden loss of income, or orders to confine themselves to crowded rooms in slums. "It's the fallout of the hasty and unplanned lockdown," said Reetika Khera, a professor at the Indian Institute of Management-Ahmedabad. "A lockdown is good for people like us who have space at home but not for people who live in cramped spaces ... [it's] an economic disaster for them. "In every way possible, the government has completely disregarded this large chunk of the population." In a radio address yesterday, Mr Modi defended the shutdown, saying he had no option to contain the virus, given other countries' experiences. But he also tacitly acknowledged the hardships it will impose on the poor, as he appealed for forgiveness. »

Financial Times (Royaume-Uni), 30 mars 2020, p. 3.

Gouvernance et gouvernement [ 25 mars 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
ÉlevéRam Nath KovindNarendra Modi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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