22 octobre 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Valeurs     Jeux   

29 novembre 2015

Élection de Roch Marc Christian Kaboré à la présidence du Burkina Faso

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après 27 ans de règne de Blaise Compaoré et un intérim d’un an, des élections libres se déroulent au Burkina Faso le 29 novembre 2015 sans la présence de l'ancien président. Roch Marc Christian Kaboré, un ancien proche de Compaoré avec qui il a coupé les ponts en 2014, est élu au premier tour avec 53,5 % des voix.

La présidence de Blaise Compaoré, qui est à la tête du Burkina Faso depuis 1987, s'est terminée en 2014 à la suite de violentes manifestations dans le pays. S'installe alors un gouvernement de transition qui dirige les affaires courantes jusqu'aux prochaines élections, les premières depuis près de 30 ans sans la présence de Compaoré. Initialement prévues le 11 octobre 2015, celles-ci sont repoussées au 29 novembre en raison d'une tentative de coup d'État en septembre d'une partie de l'armée restée fidèle à Compaoré. Celui-ci échoue en raison du manque de soutien de la part des militaires ainsi que de la rapide mobilisation de la population contre les putschistes. Parmi les 14 candidats en lice à la présidentielle, les deux favoris sont d'anciens collaborateurs de l'ancien président. D'un côté, Roch Marc Christian Kaboré, un ex-premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, se dit en faveur d’une politique sociale-démocrate lui permettant de fédérer plusieurs petits partis socialistes et de se positionner dans la lignée de Thomas Sankara, père de la révolution burkinabé dans les années 1980. De l'autre, Zéphirin Diabré propose une politique davantage néolibérale, accusant Kaboré d'être en réalité dans la continuité du régime Compaoré. La course est considérée serrée et des observateurs estiment qu'un second tour pourrait être nécessaire. Cependant, Kaboré parvient à obtenir 53,5 % des votes contre 29,7 % pour Diabré, lui permettant d'accéder à la présidence du pays dès le premier tour. Plus de trois millions d'électeurs sur cinq millions et demi d'inscrits se sont déplacés pour voter. Le scrutin s'est déroulé sans incident majeur, malgré que des irrégularités aient été détectées.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Mustapha Hammouche, « Burkina Faso : transition démocratique réussie »

«...le Burkina Faso est entré dans le club restreint des démocraties africaines en élisant un nouveau président et une nouvelle Assemblée nationale, lors d'un scrutin marqué, de l'avis des observateurs, des candidats et des électeurs, par la transparence et la sérénité. L'honnêteté du suffrage semble avoir inspiré les candidats eux-mêmes, puisque le principal rival du président élu a reconnu sa défaite avant même la publication des résultats officiels. Si le Burkina Faso a réussi à conjurer "la malédiction africaine du troisième mandat", ce n'est pas parce que l'ancien n'a pas tout essayé pour s'agripper au pouvoir. Mais la population et la jeunesse burkinabé en particulier se sont courageusement mobilisées pour l'obliger à renoncer à son dessein conservateur. [...] Les espoirs démocratiques ont régulièrement été contrariés par les putschs militaires et les mutations dictatoriales des régimes parfois élus à la faveur d'un multipartisme naissant. Avec la complaisance d'une organisation continentale qui a toujours fonctionné en ligue des régimes en place. C'est pour cela que les événements démocratiques comme celui qui vient d'avoir lieu au Burkina Faso, et qui contribuent à remettre le continent dans le sens de l'Histoire, méritent d'être salués. »

Liberté (Algérie), 2 décembre 2015.

Tayeb Belghiche, « Belle leçon burkinabé »

«...«Pour la première fois depuis 50 ans, il y a une certitude de l'élection ; on ne connaît pas à l'avance le nom du vainqueur», s'exclame, enthousiaste, le président de l'Association burkinabè de droit constitutionnel. Effectivement, le Burkina Faso a vécu dimanche une journée historique qui le propulse dans le gotha des pays réellement libres et démocratiques. Aucun acte de violence n'a été signalé, aucun candidat n'a contesté le déroulement du scrutin, aucun bourrage d'urne n'a été signalé. Un bel exemple, surtout pour les pays arabes d'Afrique du Nord, qui se débattent dans des contradictions sans fin avec des dirigeants mus uniquement par la pérennité de leur pouvoir qu'ils perpétuent par la corruption, la régression, les intimidations, les chantages en tout genre, la destruction de l'appareil judiciaire. Des dirigeants liberticides qui ne suscitent que le mépris des pays démocratiques. Puisse l'exemple burkinabè se répandre au Nord. »

El Watan (Algérie), 1er décembre 2015.

Tanguy Berthemet, « Un ex-baron de Compaoré élu au Burkina »

«...Cette victoire sans faille est celle d'un homme qui sait sentir l'air du temps, saisir les occasions, et changer quand il le faut. [...] Si cette victoire démocratique, la première depuis 1978, est historique, elle n'est pas une rupture, ni même une alternance. Les révolutions ne profitent certes jamais à ceux qui les font. Mais, cette fois, le nouveau chef d'État est vraiment très loin d'être un opposant à l'ancien régime. Longtemps, il fut même un pilier du système Blaise Compaoré et son héritier présomptif. À partir de 1987, il occupa de nombreux postes ministériels, jusqu'à être premier ministre, président de l'Assemblée nationale et, pendant dix ans, à la tête du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le tout-puissant parti au pouvoir. Il ne sera ostracisé qu'en 2012, alors qu'est déclenchée la lutte pour la succession. [...] « Il n'y a pas de crainte à avoir. Roch n'a jamais caché son passé et c'est une personnalité totalement différente de Blaise Compaoré » , souligne un proche du nouveau président. Comme beaucoup, il décrit l'élu comme un homme « rond » , « abordable » , et préférant de loin « le consensus à la rupture » . Ses détracteurs ne voient en lui qu'un « opportuniste » , voire un « arriviste » . »

Le Figaro (France) 2 décembre 2015, p. 7.

Marc de Miramon, « Défaite des héritiers de Sankara »

«...Des moyens colossaux et sans limites, une OPA réussie sur l'imaginaire du « Che africain » par la coalition de Roch Marc Christian Kaboré (qui compte un parti sankariste), une volonté de stabilité (Kaboré cultive une image consensuelle d'homme de dialogue et de compromis) après une année éprouvante marquée par la révolution d'octobre 2014 et le putsch avorté du général Diendéré en septembre 2015, soit autant d'ingrédients qui expliquent le score famélique réalisé par le candidat sankariste de l'Unir-PS Bénéwendé Sankara. Avec 2,77 % des voix, il se place en 4e position derrière Tahirou Barry (3,09 %) [...] « On analysera ce qui s'est passé dans quelques jours. Là, je suis sonné, K.-O. », souffle un cadre de l'Unir-PS. La campagne menée par Maître Sankara, avocat historique de la famille du leader panafricain et de sa veuve Mariam, a également souffert d'un manque criant d'argent. »

l’Humanité (France), 2 décembre 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 29 novembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burkina Faso
FaibleMichel KafandoYacouba Isaac Zida

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016



décembre
2012
[Résultats] Élections législatives

octobre
2014
Démission du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré

septembre
2015
Tentative de coup d'État au Burkina Faso

novembre
2015
Élection de Roch Marc Christian Kaboré à la présidence du Burkina Faso

novembre
2015
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2015
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


novembre
2019
La présence montréalaise et le terrorisme ne font pas bon ménage au Burkina Faso

février
2015
Transition démocratique réussie au Burkina Faso

novembre
2007
Septième sommet sur la bonne gouvernance: les yeux rivés sur Ouagadougou

octobre
2007
Thomas Sankara : l'enfant chéri des Burkinabés


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019