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20 mai 2020

Élection d’Évariste Ndayishimiye à la présidence du Burundi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La décision du président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, de ne pas être sur les rangs lors de l’élection du 20 mai 2020 ouvre la porte à son dauphin à la tête du Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), Évariste Ndayishimiye. Ce dernier gagne facilement la présidentielle du 20 mai 2020 avec 71,5 % des voix.

La pauvreté persiste au Burundi sous la présidence de Pierre Nkurunziza, dont un taux de chômage effarant chez les jeunes. La décision de ce dernier de briguer un troisième mandat en 2015, puis un coup d’État militaire contre lui qui échoue sont à l’origine d’une période d’instabilité et de répression poussant des centaines de milliers de Burundais à l’exil. Malgré des changements constitutionnels controversés lui permettant d’être de nouveau candidat, Nkurunziza étonne en juin 2019 en annonçant qu’il ne sera pas sur les rangs en 2020. Son dauphin au sein du CNDD, la formation au pouvoir, est un général à la retraite de 52 ans, l’ex-ministre de l’Intérieur Évariste Ndayishimiye. Son principal opposant est Agathon Rwasa du Conseil national pour la liberté. Contrairement à d’autres pays qui ont reporté leur scrutin à cause de la pandémie de covid-19, le Burundi, où peu de cas sont identifiés, décide d’aller de l’avant. Certains s’inquiètent toutefois du fait que peu de tests ont été effectués, que les grands rassemblements de campagne sont propices à la propagation et que des représentants nationaux de l’Organisation mondiale de la santé aient été expulsés par les autorités. Le 20 mai 2020, Ndayishimiye remporte une victoire facile avec 71, 5 % des voix, contre 25,2 % pour Rwasa. Ce dernier parle de tricherie, un climat d’intimidation et des actes violents ayant été observés pendant la campagne dont les observateurs étrangers ont été tenus à l’écart. Même la Conférence des évêques catholiques du Burundi critique la légitimité du processus. Ndayishimiye aura les coudées franches puisque son parti, le CNDD, remporte les législatives ayant lieu le même jour avec 72 sièges sur 100. Plusieurs analystes pensent que Nkurunziza, nommé « guide suprême du patriotisme » par l’Assemblée nationale, continuera d’exercer une forte influence, mais celui-ci décède le 8 juin, avant la passation des pouvoirs.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marie-France Cros, « Des élections biaisées risquent d’embraser le pays »

«…La population de ce pays, aujourd'hui parmi les trois plus pauvres du monde, est en effet composée à 54 % de moins de 18 ans, dont l'avenir est bouché alors que le Burundi n'arrive pas à sortir de la crise dans laquelle l'a plongé, en 2015, la volonté du président Pierre Nkurunziza de se présenter à un troisième mandat de cinq ans. L'accord de paix d'Arusha, qui mit fin à la guerre civile (1993-2005), interdit expressément qu'un chef d'État soit plus de dix ans au pouvoir. Pierre Nkurunziza a renoncé à un quatrième mandat au profit du général-major Evariste Ndayishimiye, candidat du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, à la présidentielle de mercredi. Son principal rival est Agathon Rwasa, du CNL. Si les deux hommes sont issus d'anciens mouvements de guérilla hutus rivaux, l'outsider a surpris par les impressionnantes foules qu'il a déplacées durant la campagne, malgré les embûches interposées par les administrations et la peur de représailles de la milice du CNDD-FDD, les Imbonerakure, et parfois des forces de l'ordre. Tant et si bien que dans l'opposition, chez nombre d'observateurs, dans la société civile et jusqu'au sein du pouvoir CNDD-FDD, la conviction est large que les électeurs veulent désespérément un changement. Ce dernier, cependant, risque de ne pas être celui attendu. »

La Libre Belgique (Belgique), 20 mai 2020, p. 23.

Éditorial, « Élection du général Ndayishimiye au Burundi : fait-il vraiment s’en étonner? »

«...L’issue de ces élections présidentielle, législatives et communales ne faisait en réalité pas l’ombre d’un doute, la seule inconnue était le score qui serait attribué au gagnant désigné d’avance. Le Burundi, faut-il le rappeler, est devenu une sorte de goulag tropical depuis que l’ancien professeur d’EPS est arrivé au pouvoir en 2005. En 2015, sa volonté de briguer un troisième mandat, en violation flagrante des accords d’Arusha, avait d’ailleurs ouvert la voie à une crise sociopolitique qui a fait plus de 1 200 morts et contraint quelque 400 000 Burundais à l’exil. Opposants, journalistes, activistes des droits de l’homme sont ainsi devenus indésirables au royaume de Nkurunziza qui est tout sauf une démocratie. Autant de personnes qui espéraient une civilisation des mœurs politiques pour pouvoir rentrer au bercail. Mais étant donné l’évolution des choses, il faut même craindre que l’on débouche sur une crise postélectorale qui pourrira encore un peu plus le climat sociopolitique du pays. »

L’Observateur Paalga (Burkina Faso), 25 mai 2020.

Marc de Miron, « Une présidentielle explosive »

«...Le grandissime favori du scrutin demeure le général Évariste Ndayishimiye, candidat du parti CNDD-DD de Nkurunziza, un homme du sérail qui représente une forme de prolongation du régime actuel, sur le « modèle » - tout changer pour que rien ne change - de la transition effectuée l'année dernière en République démocratique du Congo (RDC) entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Son principal challenger est un autre militaire, Agathon Rwasa, issu du plus ancien mouvement rebelle du pays (Palipehutu-FNL) qui s'est illustré au cours de la guerre civile burundaise (1993-2006) ayant opposé des groupes armés de l'ethnie hutu à l'armée à dominante tutsie, un conflit qui a provoqué plus de 300 000 morts. Les Hutu, qui représentent 85 % de la population, se diviseront probablement entre ces deux candidats, dans un pays où le critère ethnique détermine largement l'issue du vote. La sincérité du scrutin demeure cependant incertaine, à l'heure où la société civile burundaise dénonce une campagne électorale marquée par des violences et le muselage des médias d'opposition. »

l’Humanité (France), 20 mai 2020, p. 15.

Hughes Richard Sama, « Burundi’s future rests on smooth power transition »

«...The tone for the latest polls was set when, to the surprise of many observers, President Pierre Nkurunziza decided not to contest even though he was eligible to do so. That was a powerful message that signalled a desire to set Burundi’s democratic evolution on a new course, especially in light of the circumstances that surrounded Mr Nkurunziza’s re-election in May 2015. Yet the events that preceded the presidential, legislative and local elections on Wednesday showed that little had changed in Burundi’s political culture. After financing the polls from her own resources, Bujumbura [la capitale] made it difficult for independent observers to monitor the conduct of the elections. The observers were belatedly served with a 14-day quarantine requirement, forcing them to abandon the mission. Coming from an administration that has shown reluctance to enforce Covid-19 control measures during the campaigns, the order on observers can only be seen as a deliberate attempt to shield the elections from international scrutiny. »

The EastAfrican (Kenya), 23 mai 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 20 mai 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burundi
FaiblePierre NkurunzizaPascal-Firmin Ndimira

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016




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