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20 mars 2016

Réélection de Denis Sassou-Nguesso à la présidence de la République du Congo

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Denis Sassou-Nguesso

À la tête de la République du Congo depuis 1997, le président Denis Sassou-Nguesso peut se représenter à l’élection de mars 2016 à la suite d’un changement dans la Constitution approuvé par référendum en 2015. Malgré les accusations de tricherie et de manque de transparence, Sassou-Nguesso est réélu avec 60,4 % des voix.

Denis Sassou-Nguesso règne sur la République du Congo de 1979 à 1992, avant de reprendre le pouvoir en 1997. La Constitution prévoit un âge limite et ne permet que deux mandats de sept ans à la présidence. Cependant, une réforme adoptée à la suite d’un référendum controversé, en octobre 2015, permet à Sassou-Nguesso de se représenter de nouveau à l’élection du 20 mars 2016. Si une victoire de ce dernier semble prévisible, ce scrutin représente néanmoins un tournant dans la vie politique congolaise, car l'opposition, qui a boycotté les élections précédentes, décide cette fois de participer. Selon le principal opposant au président, Guy Brice Parfait Kolelas, il y a un effet de ras-le-bol chez la population qui pourrait empêcher Sassou-Nguesso de gagner au premier tour. À ses yeux, cette insatisfaction serait causée par l'importante pauvreté des citoyens, alors que le pays est le quatrième plus important producteur de pétrole en Afrique. La légitimité contestée de Sassou-Nguesso à se représenter ainsi que le chômage – 40 % dans le pays, 60 % chez les jeunes – sont au cœur de la campagne. À 48 heures de l’élection du 20 mars 2016, le gouvernement coupe toutes les télécommunications sous prétexte de sécurité. Cette mesure empêche des membres de l'opposition de photographier avec des téléphones portables les procès-verbaux des bureaux de vote pour les comparer avec leurs propres données. Par ailleurs, il faut attendre quelques jours pour que les résultats soient publiés. Sassou-Nguesso, 72 ans, remporte l'élection avec 60,4 % des voix, Kolelas obtient 15,1 %, alors que le général Jean-Marie Mokoko arrive juste derrière avec 13,7 %. L'annonce des résultats est suivie par le déploiement de policiers dans les rues de la capitale Brazzaville le 25 mars, afin de bloquer le quartier général de l'opposition. Ils dispersent par la suite des civils manifestant contre cette action et les résultats du scrutin.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Christophe Châtelot, « Sassou-Nguesso contesté dans les urnes »

«...Car ces jours-ci, ses opposants [Sassou-Nguesso] se prennent à rêver d'un départ précipité. Le président a convoqué une élection présidentielle anticipée. « Il pensait prendre de court l'opposition et avoir fait le plus dur en imposant sa nouvelle Constitution. Il s'est probablement trompé » , analyse Etanislas Ngodi. Cet enseignant-chercheur à l'université publique Marien Ngouabi, la seule du Congo - qui produit surtout des chômeurs - juge ce scrutin comme le plus ouvert depuis l'indépendance, en 1960, de cette ancienne colonie française. « Avec, nuance-t-il, la première élection pluraliste de 1992 » . Denis Sassou-Nguesso avait alors perdu face à Pascal Lissouba, qu'il renversa cinq ans plus tard lors d'une guerre civile meurtrière dont il agite encore le spectre pour convaincre les électeurs de voter pour lui. Le souvenir du conflit demeure traumatisant mais l'affrontement est ailleurs, sur le terrain politique et social, dans ce pays régi par une économie de rente frappée par la chute des cours du pétrole. Le président promet bien « de diversifier l'économie et de répondre à la demande sociale » , comme l'explique l'un de ses chefs de campagne, Thierry Moungalla. « On n'y croit plus, objecte Vivien Manangou,porte-parole de Guy-Brice Parfait Kolélas. Quelques infrastructures, 3 000 kilomètres de route, c'est un maigre bilan après tant d'années. »»

Le Monde (France), 19 mars 2016, p. 6.

Stéphane Aubouard, « Coupé du monde, Sassou-Nguesso défend son trône »

«...Quel chef d'État en exercice peut se vanter d'avoir battu le pavé de l'Élysée au bras de Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ? Denis Sassou-Nguesso est celui-là. Trente-sept ans que l'inoxydable président du Congo-Brazzaville marche sur le tapis rouge que lui déroule chacun des présidents de la Ve République rencontrés sur son chemin. Trente-sept ans que l'un des dictateurs les plus sanguinaires d'Afrique centrale défend avec zèle les intérêts de la France. Aussi ne faut-il pas trop s'étonner que François Hollande tergiverse malgré la situation inquiétante qui secoue depuis quelques semaines ce riche petit pays de 4,5 millions d'habitants en pleine élection présidentielle. [...] Denis Sassou-Nguesso, élu en 2002 et 2009, pourrait obtenir la victoire dès le premier tour ce dimanche. Malgré les intimidations, les arrestations arbitraires, une résistance s'est structurée. Et lors du dialogue national parallèle de juillet dernier, plus de 600 personnalités congolaises se sont réunies pour dénoncer le coup d'État constitutionnel. En vain. Aujourd'hui, les huit adversaires dispersés de Sassou-Nguesso semblent impuissants devant l'inexorable scénario. »

l’Humanité (France), 21 mars 2016.

Joan Tilouine, « Congo : le président Denis Sassou-Nguesso, seul face à son peuple »

«...Denis Sassou-Nguesso, dit-on, rêvait de marquer l’histoire du continent africain, de laisser de lui l’image d’un architecte de la stabilité, d’un « homme de paix ». Mais le chef d’Etat congolais, qui veut aussi se succéder à lui-même lors de l’élection présidentielle de ce dimanche 20 mars, se retrouve pris dans le piège de son propre système, aveuglé par le pouvoir et la nécessité de le garder. La constitution qui l’empêchait de se représenter ? La voilà changée en octobre 2015 lors d’un référendum contesté par tous, sauf par lui et son parti. Il passe en force. Et c’est bien là la principale faiblesse de cet ancien général putschiste devenu chef de guerre et président. L’alternance réclamée par une partie des Congolais ? Il n’en veut pas, pour le moment. Lui seul décidera quand le moment sera venu. [...] En public, Denis Sassou-Nguesso se montre serein, voire provocateur lorsqu’il affirme qu’il va l’emporter au premier tour. En privé, il se révèle inquiet et agacé, selon des proches. Le président veut affaiblir cette opposition et briser l’élan de M. Mokoko. Il sait bien que ce général, qui joue la carte de l’intégrité, est son principal adversaire. Et il se méfie de son entregent militaire et diplomatique constitué durant ses nombreuses missions au service de l’Union africaine. »

La Matinale du Monde (France), 20 mars 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 20 mars 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo
FaibleDenis Sassou-Nguessopas de chef de gouvernement

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



mars
2016
Réélection de Denis Sassou-Nguesso à la présidence de la République du Congo

mars
2016
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