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12 août 2018

Réélection d'Ibrahim Boubacar Keïta à la présidence du Mali

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Malgré la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et les rebelles djihadistes en 2015, les violences persistent au Mali. Une élection présidentielle se tient tout de même le 12 août 2018. Elle est marquée par la victoire au second tour du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, avec 67,2 % des voix.

Après la victoire électorale d'Ibrahim Boubacar Keïta en 2013, la situation continue d’évoluer dans le conflit déchirant le Mali. Après la reprise des violences en 2014, un accord visant à ramener la paix est conclu à Alger en juin avec la Coordination des mouvements de l’Azawad. Cette alliance de groupes rebelles continue de revendiquer l’autonomie. L’application de l’accord reste toutefois difficile. D’autres conflits éclatent entre rebelles et loyalistes, alors que les tensions interethniques continuent de diviser le pays. D’autre part, malgré la présence de troupes françaises et onusiennes, la violence djihadiste s'est propagée non seulement dans le centre et le sud du Mali, mais aussi dans des pays voisins comme le Burkina Faso ou le Niger. Lors du déroulement de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018, le scrutin est perturbé par des rebelles dans 700 des 23 000 bureaux de vote. Le président sortant Keïta se présente pour un second mandat et obtient 41,4 % des votes, contre 17,8 % pour son principal adversaire Soumaïla Cissé, le même candidat qu’il avait affronté au deuxième tour en 2013. Celui-ci accuse le gouvernement de tricherie, citant par exemple la fermeture par les autorités d'une station de radio dont l'animateur vedette est un contestataire. Le second tour, le 12 août 2018, se déroule dans un climat terne et sans passion. Le président sortant est réélu pour un second quinquennat, obtenant 67,2 % des voix contre 32,8 % pour Cissé. Son objectif est de travailler à une implantation concrète de l'accord d'Alger et à une conclusion du conflit qui dure depuis près d'une décennie. En 2013, le taux de participation avait été important dans les circonstances. Mais dans le contexte de 2018, marqué par la guerre et l'indifférence de la population, on observe un recul : 42,7 % au premier tour et 34,5 % au second.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Aboucabar Yacouba Barma, « Mali : IBK en route vers un second mandat »

«...Alors que l'opposant « Soumi » (Cissé) a fait preuve d'une mobilisation sans faille contre un deuxième mandat d'IBK, son rêve de s'appuyer sur une coalition des autres candidats, s'est effrité à la dernière minute. Quelques mois avant la tenue de l'élection, il a pu en effet se joindre à la contestation presque générale de l'opposition politique et surtout de la société civile pour monter un « front anti-IBK » dont l'une des prouesses a été d'avoir réussi à torpiller le référendum pour une nouvelle constitution qu'avait initié le président sortant. Surfant sur le bilan peu flatteur du président sortant notamment en matière de sécurité, Soumaila Cissé qui se présentait pour la troisième fois a également su rallier à sa cause, 17 des 24 prétendants à la présidence lors du premier tour, lesquels ont contesté la régularité du scrutin. Jusqu'à la veille du second tour, ils ont dénoncé « une fraude massive » organisée par le camp du président sortant, exigeant la démission du ministre de l'administration territoriale, en charge de l'organisation du processus électoral, et récusant même six (6) des neufs (9) membres de la Cour Constitutionnelle qui devraient valider les résultats des élections. Cependant, cette fronde ne s'est pas traduite par un soutien en masse des candidats recalés autour de la candidature de Soumaila Cissé. »

La Tribune Afrique (Maroc), 13 août 2018.

Richard Werly, « La présidence malienne court à l’échec populaire »

«...Aucun des deux candidats ne semble par ailleurs capable de restaurer la confiance dans un pays toujours miné au nord par le djihadisme, alimenté par le sentiment d'abandon de provinces entières démunies de services publics. Cet échec populaire serait, s'il se confirme dimanche, une très mauvaise nouvelle pour ce pays d'Afrique que la présence militaire française - via l'opération Barkhane et ses 4000 soldats déployés dans le Sahel pour faire face à la menace djihadiste - tient toujours à bout de bras. A l'exception de la percée d'Allou Diallo (7,95 % au premier tour), aucun signe de renouvellement tangible de la classe politique ne s'est manifesté. Les jeunes Maliens ont massivement boudé les urnes. Autre risque: celui d'une contestation des résultats par le perdant, après la dénonciation de nombreuses irrégularités au premier tour, que la Cour constitutionnelle a refusé d'avaliser. Une vingtaine de recours ont été déposés pour « bourrages d'urnes, violation de la loi électorale, irrégularités, recomptage frauduleux des voix et enlèvement illégal de certaines urnes ». »

Le Temps (Suisse), 11 août 2018, p. 3.

Philippe Martinat, « La dernière chance d’IBK »

«...La mission d'observation de l'Union européenne a réclamé davantage de « transparence » pour le scrutin. Mais sa demande de publication des résultats par bureaux de vote s'est heurtée à une fin de non-recevoir des autorités. L'opposition a, elle, tenté en vain de récuser plusieurs membres de la Cour constitutionnelle (juge de l'élection) suspectés de partialité. Or, si le vote se révélait entaché d'irrégularités, IBK le porterait comme un boulet pour son second mandat et verrait son action entravée. Fortement critiqué en coulisse par ses alliés occidentaux, qui lui reprochent sa mauvaise gouvernance (en cinq ans, il a usé cinq Premiers ministres sans faire reculer la corruption) et son incapacité à maîtriser la situation sécuritaire dans son pays, IBK aura une lourde tâche. [...] Il doit absolument relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards. »

Aujourd’hui en France (France), 12 août 2018.

Justine Benoit, « Au Mali, les défis qui attendent le futur président »

«...Insécurité rampante, chômage, État démissionnaire... Le nouveau président du Mali aura fort à faire pour redresser ce vaste pays de la bande sahélienne en proie à la violence djihadiste. Quel que soit le vainqueur de l'élection présidentielle, dont les résultats provisoires se faisaient attendre hier après-midi, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta ou le candidat de l'opposition Soumaïla Cissé, il devra composer dès le début de son mandat avec une légitimité amoindrie. Seuls 22 % des Maliens se sont déplacés pour voter au second tour de la présidentielle, dimanche, un taux qui avoisinait 42 % au premier tour. Au Mali, la participation n'a jamais dépassé 50 % aux élections, mais un si faible score illustre un défi de taille: établir un lien entre le vote de la population malienne et la démocratie. « Des élections ne suffisent pas à créer une démocratie, rappelle Michèle Leclerc-Olive, chargée de recherche au CNRS et présidente de l'association Corens, qui intervient au Mali. Le pays va surtout devoir se doter d'institutions légitimes aux yeux de la population. »»

La Croix (France), 14 août 2018, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 12 août 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mali
IntermédiaireIbrahim Boubacar KeïtaSoumeylou Boubèye Maïga

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



janvier
2013
Intervention militaire française au Mali

juillet
2013
[Résultats] Élection présidentielle

août
2013
Élection d’Ibrahim Boubacar Keïta à la présidence du Mali

novembre
2013
[Résultats] Élections législatives


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