24 octobre 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Valeurs     Jeux   

11 octobre 2015

Réélection d'Alpha Condé à la présidence de la Guinée

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Cinq ans après son arrivée au pouvoir, le président Alpha Condé sollicite un second mandat. Il obtient 57,8 % des voix et l’emporte facilement contre celui qui fut son rival au deuxième tour en 2010, l’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo. Ce dernier conteste toutefois la validité des résultats.

Le mandat d'Alpha Condé, qui est à la tête de la Guinée depuis l’élection de 2010, est marqué notamment par une éclosion du virus Ebola. Ses impacts humains et économiques expliquent aux yeux du président les reproches que lui adressent les partis d’opposition, dont la lenteur de certaines réformes. Des tensions ethniques continuent également de miner le pays. Défendant son bilan, Condé met de l'avant la stabilité politique et le projet de barrage de Kaléta, arguant que celui-ci a permis l'amélioration de l'approvisionnement en électricité des Guinéens. Malgré des demandes de report de la part des partis d’opposition qui dénoncent des irrégularités, le premier tour de l’élection présidentielle se tient le 11 octobre 2015. La campagne se caractérise par une série de violences sur fond de divisions entre les Malinkés, l’ethnie du président, et les Peuls, celle de l’autre candidat le plus sérieux, l’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo. Elles font des blessés et même des morts. Aussi, un important déploiement policier est prévu le jour du scrutin. Aucun des six autres candidats ne se démarquant, les Guinéens assistent à une course à deux, ce qui polarise le vote derrière Condé et Diallo. Alors que l'élection précédente avait nécessité deux tours, celle de 2015 est plus expéditive : le président Condé est réélu dès le premier tour avec 57,8 % des voix contre 31,4 % pour Diallo. Avant même que les résultats ne soient confirmés, les violences s’accentuent. Peu après le 11 octobre, Diallo n’attend pas les résultats officiels et se retire, accusant son opposant de fraude et le processus de manquer de transparence. Dans un rapport publié en février 2016, des observateurs de l’Union européenne concluront d’ailleurs qu’il y a eu à cette occasion « d’importantes difficultés logistiques et organisationnelles ». Condé est tout de même assermenté en décembre 2015.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Agence France-Presse, « Alpha Condé reste l’homme fort de la Guinée »

«...Alpha Condé devrait donc rester l'homme fort de Guinée, et il aura, quoi qu'il arrive au terme des élections en cours, connu un destin politique hors normes. De longues années d'opposition en exil, la prison, puis une accession tardive et quasi miraculeuse au pouvoir ont marqué la trajectoire politique d'Alpha Condé, 77 ans, le président sortant de Guinée, donné vendredi soir réélu au premier tour. Svelte, boitant légèrement, volontiers vêtu d'une chemise saharienne, Alpha Condé, qui se réclame de la gauche, est un orateur de talent qui a le sens de la formule et sait enthousiasmer son auditoire. Mais s'ils reconnaissent son charisme et son intelligence, certains de ses proches et tous ses adversaires le décrivent comme un homme autoritaire et impulsif, qui écoute peu, agit le plus souvent seul. [...] Assurant avoir « hérité d'un pays, pas d'un Etat » , il se targue de son bilan depuis 2010: réalisation du barrage hydro-électrique de Kaléta, révision des contrats miniers, et surtout mise au pas de l'armée. « Aujourd'hui l'armée est casernée et la population a confiance dans l'armée » , a-t-il déclaré, ajoutant : « L'armée coûtait plus de 30% au budget, aujourd'hui c'est 9% ». »

Les Échos (France), 17 octobre 2015.

S.A., « En Guinée, un scrutin présidentiel à hauts risques »

«...Le bilan temporaire affiche plusieurs dizaines de blessés et plusieurs morts. Derrière ces sigles - UFDG (l'Union des forces démocratiques de Guinée) et RPG (Rassemblement du peuple de Guinée) - et ces violentes batailles militantes se cachent deux formations qui regroupent les membres des deux principales communautés ethniques du pays : les Malinkés du RPG, les Peuls de l'UFDG. Des communautés que les mariages rapprochent dans l'intimité familiale mais qui, à un autre niveau, disposent aussi de leurs fiefs politiques locaux - la Moyenne Guinée pour l'UFDG, la Haute Guinée pour le RPG -, de leurs quartiers à Conakry et qui sont lancées dans une âpre concurrence pour le contrôle des leviers du pouvoir, autrement dits ceux de l'économie et donc de la richesse. « C'est le niveau zéro de la politique, regrette le diplomate. Si tu es de ma communauté, je vote pour toi, sinon j'attends les consignes. En cinq ans, rien n'a changé. » [...] Et ni Peuls, ni Malinkés ne sont en mesure, démographiquement, de remporter la majorité en ne s'appuyant que sur leur communauté. D'où les interrogations sur la pertinence d'« Un coup, K.-O. » renforcées par le handicap, du côté du RPG, de l'usure du pouvoir, surtout pour un candidat qui n'avait recueilli que 17 % au premier tour en 2010. »

Le Monde (France), 11 octobre 2015.

S.A., « Guinée : Alpha Condé, le président qui rempile »

«...Alpha Condé prétend aussi avoir restauré la confiance des Guinéens en l'armée. «Malgré Ebola [...], demandez au peuple de Guinée ce que nous avons fait en cinq ans quand les autres ne l'ont pas fait en cinquante ans. Posez la question dans la rue», lançait le président sortant lors de sa campagne électorale. Reste qu'aujourd'hui, un Guinéen sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté et seulement 26% de la population a accès à l'électricité, selon la Banque mondiale. Mais à quoi doit-il sa victoire ? A son seul talent d'orateur ? A des liasses distribuées ? A son discours populiste ? Ou à «la fée électricité» ? La question ethnique est un critère très important, pour ne pas dire principal, surtout dans les classes sociales peu éduquées. Alpha Condé est Malinké (comme près de 30% de la population) tandis que son opposant Cellou Dalein Diallo est Peul (40% des Guinéens). Ayant grandi en Basse-Guinée, loin de la zone malinkée, Alpha Condé parle mal le mandingue, la langue de sa communauté. Mais il ne serait pas le seul homme politique à utiliser son ethnie à des fins électorales. »

Libération (France), 19 octobre 2015.

Tommy Trenchard, « Guinea President is Set to Win Re-election »

«...More than 2,500 people have died in Guinea from the disease, and even before the outbreak, the country had some of the world's worst health indicators, with life expectancy at just 56 and one in 10 children dying before age 5, according to World Bank data. Shortly before the election, however, the region had its first Ebola-free week since the outbreak began, raising hopes that the ordeal may soon end. Mr. Condé, who was well in the lead with about 80 percent of the vote counted on Thursday, has won the support of many Guineans over the past five years. His first term included an overhaul of the powerful and unaccountable army he inherited from his predecessors, and a drive to bring some transparency to the country's murky mining sector. His campaign was further aided by the recent completion of a Chinese-built hydroelectric dam, which has drastically improved the capital's electricity supply and provided a tangible mark of progress for residents. "Electricity was the biggest problem here," said Alpha Camara, a telecommunications technician, as he left a polling station in central Conakry, the capital, after casting his ballot for Mr. Condé. "Now businesses will start to invest here, and the future will be better."»

New York Times (États-Unis), 16 octobre 2015, p. A13.

Gouvernance et gouvernement [ 11 octobre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Guinée
LimitéAlpha CondéMohamad Said Fofana

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2005 - 2016



décembre
2008
Décès du président guinéen Lansana Conté

juin
2010
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2010
Élection d'Alpha Condé à la présidence de la Guinée

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

août
2014
Annoce de l'Organisation mondiale de la santé sur le virus Ebola

octobre
2015
Réélection d'Alpha Condé à la présidence de la Guinée

octobre
2015
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


février
2017
Rencontre Chine-Guinée : les affaires d'abord

septembre
2010
Guinée : une élection historique

janvier
2010
Guinée : Vers des élections libres et démocratiques ?

octobre
2009
Révolte populaire en Guinée

janvier
2009
De banquier à premier ministre, Kabiné Komara revient en Guinée

mars
2007
Guinée: la loi martiale décrétée, la population prête à tout

janvier
2007
Grève générale en Guinée: la présidence sous tension


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019