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29 octobre 1989

Réélection en Espagne d’un gouvernement majoritaire du Parti socialiste ouvrier espagnol

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Aux prises avec des inégalités économiques et des grèves d’envergure, le premier ministre Felipe Gonzalez déclenche des élections anticipées pour le 29 octobre 1989. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) qu’il dirige parvient à garder le pouvoir, mais avec une députation réduite, récoltant 39,6 % des voix et 175 sièges sur 350.

Au pouvoir depuis 1982, le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez fait face au cours de son deuxième mandat à la violence accrue des indépendantistes basques. Malgré une certaine croissance, la situation économique l’incite aussi à adopter une ligne dure dans les négociations salariales avec les employés de l’État. Plusieurs grèves sont déclenchées. Pour combattre le taux de chômage, le gouvernement met de l’avant un plan visant à subventionner les entreprises afin de leur permettre d’engager des étudiants et des jeunes travailleurs à un montant inférieur au salaire minimum. Cette décision suscite la grogne des travailleurs, des syndicats et une grève générale en décembre 1988. Le premier ministre recule, ce qui est considéré comme son revers le plus important depuis qu’il dirige le gouvernement. En 1989, Gonzalez déclenche des élections anticipées pour le 29 octobre. Selon des analystes, il précipite ce retour aux urnes avant d’imposer des mesures économiques impopulaires. L’économie est au centre de la campagne. Le PSOE vante son bilan et l’augmentation des investissements étrangers, alors que l’opposition affirme que les socialistes n’ont pas été en mesure de réduire le taux de chômage, le déficit commercial ou l’inflation. Le PSOE fait face à un nouvel adversaire : le Parti populaire (PP). Fondé en janvier 1989, ce jeune parti dirigé par José Maria Aznar a réussi à fusionner des forces de droite. Il tente de s’attirer le vote de la classe moyenne en mettant l’accent sur la piètre qualité des services. Le 29 octobre, le PSOE se maintient au pouvoir, mais avec le plus faible résultat depuis 1982 : 39,6 % des voix et 175 sièges sur 350 contre. Le PP, lui, récolte 25,8 % des votes et 107 sièges. Des controverses entourent le déroulement des résultats. Sur le fil, le PSOE conservera la majorité grâce à des sièges laissés vacants, dont ceux de députés indépendantistes basques.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Thierry Maliniak, « Espagne : au-delà des élections du 29 octobre, La droite tente l’aggiornamento du conservatisme »

«...ce n'est pas seulement dans la forme que M. Aznar commence timidement à prendre ses distances par rapport à M. Fraga. Sans crainte de contredire son prédécesseur sur des thèmes délicats, il a par exemple affirmé qu'en cas de victoire électorale il n'abrogerait pas la loi de dépénalisation de l'avortement promulguée par les socialistes, ou qu'il ne déclarerait pas illégale la coalition Herri Batasuna, proche de l'ETA militaire. Un prudent aggiornamento qui touche également les hommes : les deux tiers des têtes de liste du Parti populaire ont changé par rapport aux législatives de 1986. M. Aznar pourra-t-il toutefois aller de l'avant si les urnes lui sont trop défavorables le 29 octobre ? " La rénovation continuera quel que soit le résultat des législatives ", affirme-t-il avec force lorsqu'on l'interroge à ce sujet. La tâche qui l'attend est en tout cas des plus rudes. Il s'agit tout simplement de démontrer qu'après avoir joué pendant plus de dix ans les seconds rôles la droite espagnole peut aspirer à accéder un jour au gouvernement. »

Le Monde (France), 25 octobre 1989, p. 7.

Louis B. Robitaille, « Élections en Espagne : Felipe Gonzalez, symbole de la nouvelle « reconquista »

«...Déjà la «transition démocratique» menée après 1977 par le très brillant premier ministre «centriste» Adolfo Suarez, avec l'encouragement du roi Juan Carlos, avait surpris tout le monde. Mais c'est Felipe Gonzalez qui, depuis son triomphe de 1982, incarne l'Espagne de cette nouvelle «reconquista» - semblable à celle qui vit les Espagnols mettre fin à la domination arabe sur la péninsule, avant de constituer pour un siècle la puissance dominante en Europe. Une histoire qui pourrait recommencer, d'une certaine manière: de parent pauvre de l'Europe, l'Espagne ambitionne de devenir, à brève échéance, l'un des cinq Grands. Et de peser de tout son poids, notamment grâce à ses liens privilégiés avec l'Amérique latine. [...] On a fait des lois sur le divorce et l'avortement. On a même dépénalisé la consommation de la drogue. S'il reste quelques traces de la domination catholique dans les institutions - notamment l'enseignement de la religion à l'école - , l'influence de l'Église ne dépasse plus celle que l'on constate en France. Depuis 1986, le nombre de généraux de l'armée a été ramené de 250 à 143. Les autonomies régionales, accordées en 1979, fonctionnent plutôt bien. Leur importance varie selon les souhaits des différentes provinces et tout le monde est plutôt content. [...] Une ombre au tableau, mais elle aurait tendance à faiblir: le mystère tragique et lamentable du Pays Basque. »

La Presse (Québec, Canada), 28 octobre 1989, p. B7.

Gouvernance et gouvernement [ 29 octobre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónFelipe González Márquez

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



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Réélection en Espagne d’un gouvernement majoritaire du Parti socialiste ouvrier espagnol

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1989
Réélection en Espagne d’un gouvernement majoritaire du Parti socialiste ouvrier espagnol

octobre
1989
[Résultats] Élections législatives

juin
1993
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juin
1993
[Résultats] Élections législatives


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