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26 juin 2016

Réélection en Espagne d’un gouvernement minoritaire du Parti populaire

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mariano Rajoy

Les Espagnols vont aux urnes le 20 décembre 2015 et le 26 juin 2016, mais la fragmentation du vote rend la formation de gouvernements très difficile. Même s’il ne détient pas la majorité, le premier ministre du Parti populaire (PP), Mariano Rajoy, y parvient finalement en octobre 2016 grâce à l’abstention des socialistes.

Après avoir perdu sa majorité aux législatives de décembre 2015, le PP ne réussit pas à former un gouvernement. En effet, même si son parti est arrivé en tête, le premier ministre Mariano Rajoy se frotte à l’opposition, principalement le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui refuse de l’appuyer. Devant ce blocage, des élections anticipées sont tenues le 26 juin 2016. Avec 33 % des voix et 137 députés sur 350, 14 de plus qu’en 2015, le PP obtient un succès qui étonne, mais une fois de plus il reste à court d’une majorité. Pour sa part, le PSOE perd du terrain avec 22,7 % des voix et 85 députés, en raison d’une légère baisse de participation et de la popularité à gauche de Podemos (21,2 %, 71 sièges). Ce parti d’extrême gauche anti-austérité fondé en 2014, qui est également favorable à un référendum portant sur l’autodétermination pour certaines régions du pays, est pourtant en net recul par rapport à 2015, tout comme les centristes de Ciudadanos. Les négociations se poursuivent, mais la répartition des sièges rend l’établissement d’un gouvernement difficile. Cependant, le PSOE, dont Pedro Sanchez quitte la direction, craint de voir ses appuis s’effriter davantage, incitant ses dirigeants à s’abstenir de voter lors de la formation du gouvernement. Cette décision, qui divise le parti, permet à Mariano Rajoy du PP de conserver le pouvoir à la tête d’un gouvernement minoritaire. Son principal défi concerne l’économie, alors que des coupures budgétaires importantes devront être faites pour respecter les engagements financiers du pays. De plus, les volontés sécessionnistes en Catalogne, soutenues par une majorité d’habitants de cette communauté autonome, constituent un problème épineux pour Rajoy dont l’objectif est de maintenir l’unité nationale.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Valérie Demon, « En Espagne, la droite reprend des couleurs »

«...« Mariano Rajoy sait que ses électeurs sont fidèles. Beaucoup l'avaient puni en décembre en votant pour les centristes libéraux de Ciudadanos ou en s'abstenant, explique Anton Losada, professeur de sciences politiques à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette fois, certains sont revenus. » De 2011 à 2015, le PP avait en effet perdu plus de 3,5 millions de voix. Il en a récupéré dimanche presque 670 000. Suffisant pour retrouver une belle avance. Particulièrement performant parmi les plus de 65 ans et dans les campagnes, où chaque vote compte plus que celui des villes, le PP reste une forteresse solide même si des fissures sont apparues. « Une partie des électeurs partis chez Ciudadanos sont revenus et une autre partie est passée de l'abstention au vote PP » , estime Anton Losada avant de décortiquer la logique de cet électorat: « Ces électeurs de droite estiment que si les partis de gauche ont été incapables de former un gouvernement après les élections de décembre, tant pis pour eux. Ils reviennent donc au bercail. » »

La Croix (France), 28 juin 2016, p. 8.

Manuel Cervera-Marzal, « Podemos ou la possibilité d’un tournant historique »

«...la campagne électorale en cours se polarise autour du débat sur la responsabilité du blocage. A qui doit-on l'absence de gouvernement ? Chaque parti accuse les autres d'intransigeance et se présente comme souple et ouvert à des compromis. Un rapide historique des faits permet de sortir de ces considérations politiciennes et de se faire une idée plus nette de la situation. Mais précisons d'abord deux éléments. D'abord, Podemos est peut-être moins un facteur qu'un révélateur de la crise politique espagnole, puisque son succès fulgurant n'aurait pas été possible sans les nombreuses affaires de corruption qui ont miné le crédit des élus espagnols auprès de leurs électeurs. Ensuite, la source du blocage n'est pas imputable à un des acteurs en particulier, mais à la logique même de la situation. Pour des raisons arithmétiques de base, aucun parti n'est en mesure de gouverner seul. Et l'absence d'une tradition de négociation au sein de la culture politique espagnole complique fortement la formation d'une coalition gouvernementale. A ce titre, Podemos n'est pas davantage responsable du blocage que ses trois principaux rivaux. Pourtant, cette analyse ne fait pas consensus. »

Libération (France), 24 juin 2016, p. 21.

François Musseau, « En Espagne, c’est finalement la droite qui domine »

«...si le triomphe de la droite ne cesse d'être surprenant, l'arrêt brutal de la progression de Podemos l'est tout autant. Depuis des semaines, les sondages prédisaient un " sorpasso ", c'est-à-dire le dépassement du Parti socialiste par cette gauche radicale lancée il y a tout juste deux ans et qui, en décembre, est devenue à la surprise générale la troisième force parlementaire. Or, même si le Parti socialiste enregistre le pire score de son histoire (85 sièges sur 350), ce " sorpasso " ne s'est pas produit. Annoncé comme le grand gagnant de ce scrutin, le professeur de sciences politiques Pablo Iglesias -- chef de file de Podemos -- n'a gagné aucune circonscription de plus qu'aux législatives de décembre. Une considérable gifle pour ce mouvement contestataire et anti-establishment qui ne jure que par la prise du pouvoir " afin de contrarier les plans insidieux de la caste oligarchique ". " Podemos fait peur, les socialistes ne semblent pas savoir où ils vont, mais les "populares" sont eux très identifiables, peu prévisibles, ni stables, a analysé la politologue libérale Edurne Uriarte. En ces temps agités, les électeurs ont besoin de valeurs sûres. " »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 juin 2016, p. B4.

Tobias Buck, « Five key takeaways from the Spanish elections »

«...Spain's pollsters had a dreadful night. Not only did they call the result utterly wrong in the weeks and months leading up to polling day, but even the exit polls released on Sunday evening were shockingly out of line with reality. They erred in three important ways: they underestimated the victory of the PP, underestimated the resilience of the Socialist party (PSOE) and overestimated the vote of the far-left Unidos Podemos party. What is less clear is whether the pollsters were wrong throughout, or whether there was a last-minute swing that made their previous forecasts redundant. A clear answer will require detailed analysis of the results, but it is tempting to look at the financial and political shock delivered in Britain's EU referendum as a possible factor. The UK decision to leave the Union sent shockwaves through Europe, but seemed to hit market sentiment in Spain more than almost anywhere else. Spain's Ibex-35 share index plunged more than 12 per cent on Friday, and Spanish blue-chips such as Banco Santander lost up to a fifth of their market capitalisation. With political and economic fears riding high, Mr Rajoy made the most of the situation, urging Spanish voters to opt for security and experience over more radical options. That same sentiment may have also encouraged voters on the left to switch their support from Unidos Podemos to the more mainstream Socialists. »

Financial Times (Royaume-Uni), 26 juin 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 26 juin 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéPhilippe VI (Felipe VI)Mariano Rajoy Brey

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



novembre
2011
Élection du Parti populaire de Mariano Rajoy en Espagne

novembre
2011
[Résultats] Élections législatives

juin
2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Réélection en Espagne d’un gouvernement minoritaire du Parti populaire

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


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