22 octobre 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Valeurs     Jeux   

21 juillet 2020

Entente au sein de l’Union européenne sur un plan de relance économique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Emmanuel Macron

Du 17 au 21 juillet 2020, les leaders de l’Union européenne (UE) se réunissent à Bruxelles afin de déterminer le contenu d’un plan de relance économique collectif visant à contrer les effets de la crise de la covid-19. Selon le président du Conseil européen, Charles Michel, ses objectifs se résument à trois mots : convergence, résilience et transformation.

Depuis mars, l’Europe subit les contrecoups de la pandémie de covid-19 qui a entraîné un ralentissement économique impressionnant. Des pays adoptent différentes stratégies afin de soutenir leur économie. Puis, lors d’une vidéoconférence se déroulant le 19 juin, les membres du Conseil européen discutent d’une proposition relative à un nouvel instrument de relance et au cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027. Des discussions pour une action concertée se poursuivent. Elles aboutissent entre le 17 et le 21 juillet 2020 à Bruxelles, lors d’une rencontre physique entre les chefs d’État et de gouvernement de l’UE qui donne lieu à des négociations serrées. Les membres s’entendent finalement sur un plan de relance collectif de 750 milliards d’euros, 390 en subventions et 360 en prêts, et sur un budget 2021-2027 de l’ordre de 1 074 milliards d’euros. Les échanges mettent en évidence des divergences importantes entre l’Allemagne et la France, de qui s’inspirerait la proposition, et des pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède). Versant davantage dans le budget de l’UE qu’ils ne reçoivent, ceux-ci obtiennent que le montant des subventions soit abaissé de 500 à 390 milliards. Le fonds de relance Next Generation UE a pour but de réparer les conséquences de la pandémie et permettre aux pays d’en sortir plus forts, de stimuler les investissements privés et les entreprises en difficulté, puis d’accélérer la double transition écologique et numérique. Le lien entre le versement des sommes et des exigences climatiques ainsi qu’en matière de respect de l’État de droit est présenté comme un gain. Le président Emmanuel Macron parle même de « jour historique », ce que plusieurs observateurs tendent à nuancer. Ceux-ci pointent par exemple le fait que, selon des pays comme la Hongrie et la Pologne, l’entente n’entraverait pas la façon dont ils perçoivent et appliquent l’État de droit malgré les critiques.

Dans les médias...


Guillaume Benoit, « Le plan de relance européen annonce un big bang sur le marché de la dette »

«...« L'émission d'un grand volume de dette commune devrait inciter les investisseurs étrangers à considérer l'UE dans son ensemble et non comme un assemblage d'émetteurs uniques », envisage Amundi. Mais ce n'est pas encore complètement l'actif de référence européen attendu par les marchés, capable d'aller contester la toute-puissance des Treasuries américains. D'abord parce que ce programme d'émission est présenté comme une opération unique et non un outil pérenne. Ensuite parce que l'Union européenne n'offrira pas toutes les maturités recherchées par les investisseurs. Néanmoins, il s'agit d'un premier pas prometteur qui pourrait préfigurer un véritable budget européen et une activité plus régulière sur les marchés. Et le fait que les États européens aient réussi à se mettre d'accord sur une mutualisation des ressources et des dépenses pourrait d'ores et déjà contribuer à renforcer la crédibilité de l'euro et, donc, son rôle international. »

Les Échos (France), 24 juillet 2020, p. 25.

Jean-Hervé Lorenzi, propos recueillis par Richard Werly, « « Les pays soi-disant frugaux ont eu tort » »

«...J'aurais aimé parler de triomphe européen. Mais ce serait excessif au vu du résultat. Je serai donc beaucoup moins lyrique: ce sommet, au final, a accouché d'une bonne nouvelle pour l'économie européenne et d'un compromis prévisible, sans grandes surprises. Je diffère toutefois avec les analystes qui plaquent sur ces négociations la seule grille de lecture « Pays présumés rigoureux contre pays présumés dépensiers ». Je vois davantage dans l'opposition des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark ou de l'Autriche au projet franco-allemand initial un refus de leur part d'une Union aux ordres de l'axe Paris-Berlin. Les montants des subventions et des prêts ont en réalité été l'otage d'une bataille politique dont il faut bien comprendre l'enjeu. [...] Il y a d'abord, comme je le disais, le refus d'une tutelle franco-allemande. Il y a aussi, de la part de pays comme la Suède ou le Danemark, une défiance historique envers la zone euro, puisqu'ils ont l'un comme l'autre refusé la monnaie unique. Je ne juge pas leur attitude en disant cela. Je pense juste que l'on doit bien avoir ces paramètres en tête, avant de disserter sur les fractures communautaires. N'oublions pas, non plus, les contraintes de politique intérieure aux Pays-Bas ou en Autriche. »

Le Temps (Suisse), 27 juillet 2020, p. 12.

Julien Pillot, « Je dépense donc je suis : pourquoi l’Union européenne est à bout de souffle (et comment en retrouver un...) »

«...À l'heure où la crise sanitaire menace de se doubler d'une crise économique de grande ampleur, l'Europe a moins besoin d'une technostructure normative et uniformisatrice que d'une institution qui à la fois protège, et qui concrétise une vision stratégique et un modèle européen. Or, l'Europe de la transition écologique, de la santé ou de l'excellence dans certains domaines industriels, cette Europe qui peut de nouveau faire naître un sentiment d'adhésion largement partagé au projet européen ne se fera pas sans grands projets fédérateurs. En cela, le plan de relance de 750M d’euros (dont 390M d’euros sous forme de subventions) marquerait certes un tournant historique, mais serait loin d'être suffisant. Car les grands projets paneuropéens coûtent très chers. A titre d'exemple, l'OFCE a chiffré à quelque 1100M d’euros la réalisation de 20000km de voies ferrées supplémentaires permettant à un train ultra-rapide de relier les grandes capitales européennes. Une politique européenne de la santé, le financement de la transition écologique, et de réelles ambitions dans le numérique requièrent également des investissements colossaux et durables. Si l'Europe entend porter tous ces combats, sans compromis, elle devra faire bien plus... et entraîner tous les États membres. »

Atlantico (France), 21 juillet 2020.

Jennifer Rankin, « EU summit deal : what has been agreed and why was it so difficult »

«...The EU has a long tradition of arguing over money at late-night meetings, but the latest European council summit – the longest in nearly 20 years – was especially bitter because it triggered deep conflicts on economic and political values. [...] Everyone had to give ground. France, Germany, Spain and Italy must accept less generous recovery grants than they had wanted. The frugal club (Austria, Denmark, the Netherlands and Sweden) made a major concession by agreeing to grants at all. To grease the wheels of compromise, the “frugals” secured increases in their EU budget rebates, meaning a bigger discount on their contributions to the EU budget. Hungary and Poland arguably emerge as the biggest winners. These governments, which are both being investigated by the EU for undermining independent judiciary, successfully fought against linking EU funds to the rule of law. EU leaders agreed that a proposal will be made another day. »

The Guardian (Royaune-Uni), 21 juillet 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 21 juillet 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Belgique
IntermédiairePhilippeSophie Wilmès

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



mars
2016
Attentats terroristes à Bruxelles


Dans l'actualité


novembre
2018
La Belgique : dissidences à l'intérieur du gouvernement

mars
2018
Belgique : le fléau de la pollution

novembre
2016
La réticence de la Belgique face au CETA ne passe pas inaperçue

février
2014
Élections belges : le Parti socialiste en difficulté

septembre
2013
Abdication du roi Albert II: moment historique pour les Belges

février
2011
La jeunesse belge se mobilise elle aussi par Facebook

octobre
2009
Jacques Rogge réélu sans opposition à la tête du CIO

septembre
2009
L'Europe aux urnes, les électeurs évitent le rendez-vous

mars
2009
L'UE se prépare au prochain sommet du G20

septembre
2008
Crise politique en Belgique : Le roi Albert II refuse la démission de Leterme


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019