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17 décembre 1989

Élection de Fernando Collor de Mello à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Fernando Collor

Lors de la première élection présidentielle au suffrage universel tenue depuis la fin du régime militaire, les Brésiliens se retrouvent face à 22 candidats. Lors du second tour, le 17 décembre 1989, Fernando Collor de Mello, qui défend des idées de droite, défait un ex-syndicaliste campé à gauche, Luiz Inacio Lula da Silva.

Après 20 ans de dictature militaire (1964-1985), les Brésiliens entreprennent une transition vers la démocratie. En 1989, ils sont appelés aux urnes pour la première élection présidentielle depuis 1960. Le vainqueur succédera à Jose Sarney. Cet ex-vice-président de Tancredo Neves, élu par un collège électoral en 1985, a accédé à la tête de l’État lorsque ce dernier est décédé en exercice. En 1989, plusieurs candidats briguent la présidence. Le meneur dans les sondages est Fernando Collor de Mello du Parti de la reconstruction nationale. Gouverneur de l'État d'Alagoas, ce candidat de centre droit prône le libéralisme économique et la lutte à la corruption, se positionnant contre les élites gouvernementales surnommées les « Maharajas ». Son principal opposant est Luiz Inacio Lula da Silva du Parti des travailleurs, une formation de gauche. Lors du scrutin du 15 novembre 1989, Collor arrive en tête avec 30,5 % des voix. Un second tour l'oppose à Lula da Silva, arrivé second de justesse avec 17,2 % des voix, devant le social-démocrate Leonel Brizola. À ce moment, Collor annonce que sa priorité sera la dette nationale, qu'il propose de privatiser des entreprises d’État ainsi que de combattre l'hyperinflation. Pour sa part, son adversaire souhaite nationaliser des industries, redistribuer des terres et arrêter le paiement de la dette internationale. Il effectue alors une importante remontée dans les intentions de vote grâce à sa capacité de fédérer le vote de gauche. Le point tournant est le débat télévisé du 14 décembre Plusieurs analystes considèrent que Collor aurait alors mieux fait. Aussi, celui-ci remporte le second tour de l’élection présidentielle avec 53 % des voix, contre 47 % pour Lula da Silva. Il est investi trois mois plus tard, en mars 1990, en raison d'une loi votée par l'Assemblée constituante permettant à Sarney de compléter un mandat de cinq ans.

Dans les médias...


Jacques Girardon, « Brésil : regarder l’avenir »

«...Durant toute sa campagne, Collor s’était particulièrement attaqué à l’aristocratie du Nordeste, qui gouverne le pays depuis des années, et dont il est lui-même un parfait représentant. Mais peut-être est-ce l’appartenance à cette classe qui lui laisse une chance de bien mener des réformes. Car son adversaire défait, Luis Ignacio da Silva, dit « Lula », le petit ouvrier métallurgiste de Sao Paulo, la capitale industrielle du pays, aurait dû, en cas de succès, affronter les grands propriétaires, les entrepreneurs, les financiers et l’armée (et sans doute, aussi, le FMI et les banques étrangères, puisqu’il se promettait de ne plus rembourser la dette extérieure). Collor s’était engagé à privatiser certaines entreprises nationales (devenues de véritables mastodontes...) et à ouvrir les frontières économiques du Brésil, où le protectionnisme tue la compétitivité. Un programme réaliste, mis à part quelques inévitables promesses sociales démagogiques de fin de campagne. »

L’Express (France), 29 décembre 1989, p. 11.

Jiann-Yuh Wang, « Brésil : la victoire de la continuité »

«...ce deuxième tour de scrutin, tout autant que le premier, avait été placé sous le signe du changement. Les Brésiliens n’en peuvent plus de la dégradation catastrophique de leur économie, de l’incompétence de leurs dirigeants, de la corruption de la société tout entière, et ont conscience qu’à moins d’entreprendre des changements radicaux, le pays court à sa perte. Les deux candidats sont tous deux jeunes (Collor a 40 ans et Lula 44) et dynamiques, ils appartiennent à la nouvelle génération des responsables n’ayant pas fait carrière (et n’ayant donc pas été compromis) dans le sérail politique. La volonté affichée de rompre avec le modèle existant était d’ailleurs le seul point commun entre deux personnages que tout devait opposer (caractères, origines sociales, idéologiques, méthodes d’actions, programmes, etc.), oppositions qui symbolisent parfaitement les antagonismes et contradictions que vit la société brésilienne à l’aube des années 90. Entre les deux tours, cette opposition s’est encore radicalisée. Opposition de personnes d’abord : Lula l’ancien métallo contre Collor le patricien! Le petit homme barbu et bedonnant au franc-parler, contre un jeune loup fringant et médiatiquement irrésistible! Mais opposition d’idées surtout, qui consacre la coupure du pays en deux. »

Jeune Afrique (France), 1er janvier 1990, p. 81 et 83.

S.A., « M. Collor l’emporterait sur « Lula ». La droite brésilienne donnée gagnante à l’élection présidentielle »

«...Pourtant, jusqu'au milieu de la semaine dernière, il y avait une "dynamique Lula", qui semblait irrésistible. La " dynamique Lula " avait permis au candidat du PT, parti avec dix points de retard, d'arriver à égalité, dans les intentions de vote, avec M. Collor. Mais deux événements devaient briser cet élan : le premier fut l'utilisation, dans le programme télévisé du candidat de droite, du témoignage d'une ancienne compagne de Lula, qui accusait ce dernier de l'avoir abandonnée avec son enfant, après lui avoir demandé d'avorter. Lula a paru très affecté par ce coup bas, même s'il est apparu que les déclarations de son ancienne compagne étaient suspectes. À en croire une journaliste travaillant pour M. Collor,celles-ci auraient été, en effet, " achetées " pour l'équivalent de 70 000 francs. Auquel cas, il y aurait eu corruption électorale. L'affaire en est restée là, ni la justice, ni le principal intéressé ne lui ayant donné suite : M. Collor a donc pu engranger sans ennui le prix de son forfait. »

Le Monde (France), 19 décembre 1989.

William R. Long, « Collor Holding Onto Lead in Brazil : Elections : His leftist rival refuses to concede until count is completed »

«...Collor’s apparent victory is a relief to business leaders and conservatives who feared the anti-capitalist policies that Lula pledged to follow if elected. Prices on the Sao Paulo stock market rose 9% Monday morning with the election news. Policies that Collor pledged to adopt generally favor private enterprise. However, he also appealed for the support of Brazil’s poor majority by promising to increase the purchasing power of low-paid workers and strengthen government health and education programs. Handsome and energetic, Collor also won support from working-class Brazilians by vowing to root out government corruption, reduce the income of an elite group of overpaid bureaucrats, crack down on tax evaders and cut down government waste. He said his drive for government efficiency will include the privatization of some state-owned enterprises. Such measures, he said, will help reduce the government’s operating deficit and fight inflation, which is approaching a withering rate of 50% a month and promises to be the new administration’s most serious problem. »

Los Angeles Times (États-Unis), 19 décembre 1989.

Gouvernance et gouvernement [ 17 décembre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireJosé Sarney Costa

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



janvier
1984
Création du Mouvement des Sans terre au Brésil

janvier
1985
Élection de Tancredo Neves à la présidence du Brésil

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives

novembre
1989
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1989
Élection de Fernando Collor de Mello à la présidence du Brésil

octobre
1990
[Résultats] Élections législatives

mars
1991
Signature du traité menant à la création du Mercosur

juin
1992
Ouverture du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro

octobre
1992
Émeute dans la prison Carandriu de Sao Paulo, au Brésil

décembre
1992
Démission du président brésilien Fernando Collor

avril
1993
Tenue d’un référendum sur le régime et le système politique au Brésil

octobre
1994
Élection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

octobre
1994
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives


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