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4 octobre 1998

Réélection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Un amendement constitutionnel adopté en 1997 permet à Fernando Henrique Cardoso de se présenter pour un second mandat à la présidence du Brésil en octobre 1998. Malgré le fait que le pays subit de graves problèmes économiques, il remporte une fois de plus le scrutin dès le premier tour grâce à l’appui de 53,1 % des électeurs.

Élu en grande partie en 1994 grâce à son plan anti-inflationniste, le président brésilien Cardoso connait un mandat mouvementé, marqué par un changement constitutionnel important. En effet, en 1997, la Constitution est amendée afin de permettre aux présidents de briguer un second mandat de quatre ans. Cette mesure est adoptée dans une atmosphère de scandale, car deux députés confirmeront avoir reçu des pots-de-vin en échange de leur appui à l’amendement. Cela n’empêche pas Cardoso de se présenter à l’élection présidentielle de 1998. L’enjeu majeur de la campagne est l’économie. Lors des mois précédant le scrutin, le Brésil souffre d’un important déficit budgétaire et les investissements étrangers se font plus rares en raison des craintes des investisseurs, attisées par des crises économiques en Russie et en Indonésie. Cette situation force le Brésil à négocier avec le Fonds monétaire international, car une crise dans ce pays, la neuvième économie du monde à ce moment, aurait des conséquences encore plus graves. Les candidats présidentiels se positionnent sur cet enjeu. Cardoso ne voit pas la dévaluation du real comme une option. Il affirme que s’il est réélu, il devra augmenter les taxes et faire une réforme de la sécurité sociale. Son principal opposant Luíz Inácio Lula da Silva, un homme de gauche, propose au contraire de dévaluer le real ainsi que d’augmenter les dépenses sociales et de renforcer le contrôle de l’État sur les industries. Le 4 octobre, Cardoso obtient 53,1 % des voix contre 31,7 % pour Lula da Silva, faisant de lui le premier Brésilien élu pour un second mandat présidentiel consécutif. Sa victoire est perçue comme une volonté des électeurs d’avoir comme président un homme expérimenté dans les questions financières pour répondre aux problèmes qui secouent le pays.

Dans les médias...


Cécila Gabizon, « Fernando Henrique Cardoso, la « troisième voie » brésilienne »

«...« Oubliez tout ce que j'ai écrit », avait fini par lâcher le président Cardoso, en 1997, excédé par les allusions répétées des journalistes à son passé de sociologue de gauche, de marxiste progressiste. Entre ses convictions d'antan et la situation particulière du Brésil, le chef de l'État, qui devrait être réélu pour quatre ans, s'est rallié à un libéralisme « social ». Malgré ses 67 ans, ses cheveux gris et son visage austère, Fernando Henrique Cardoso fait partie de la génération des sociaux-démocrates pragmatiques, ces hommes de la « troisième voie », entre droite et gauche, à l'image d'un Tony Blair ou d'un Bill Clinton. « Comme la plupart des intellectuels brésiliens, il a été communiste dans sa jeunesse, puis socialiste, avant de devenir socio-réaliste », relève le politologue Sergio Abrantes. [...] « La croissance est une politique sociale efficace », déclare avec satisfaction Cardoso, en 1996. Mais elle ne suffit pas à réduire des inégalités criantes. « FHC » entend alors faire de l'école publique un ascenseur social et lance une campagne pour la scolarisation des enfants juste avant de décider de briguer un deuxième mandat. A partir de ce moment-là, Cardoso le réformateur disparaît. Car, pour être réélu, il lui faut modifier la Constitution, qui limite la présidence à un seul mandat. Les réformes économiques sont paralysées par une bataille parlementaire qu'il finira par emporter. »

Le Figaro (France), 5 octobre 1998, p. 5.

Jean-Jacques Sevilla, « Au Brésil, la gauche résiste mieux que prévu au président Cardoso »

«...Peu après la fermeture des bureaux de vote, le ministre des Relations extérieures, Luis Felipe Lampreia, estimait que la réélection de M. Cardoso au premier tour, allait « renforcer la crédibilité du gouvernement brésilien » au moment où le ministre des Finances, Pedro Malan, négocie, en marge de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui se tient à Washington, un accord avec les organismes de crédit multilatéraux et les représentants du G 7 concernant le montage d'un fonds de secours d'au moins 30 milliards de dollars destiné à renflouer les réserves de change de Brasilia, mises à mal par le retrait massif des capitaux étrangers. »

Le Monde (France), 9 octobre 1998.

Frédéric Wagnière, « Le rempart brésilien »

«...Fort de sa victoire électorale et du fait qu’il n’a pas succombé à la tentation de dévaluer le Réal pour sauvegarder les réserves de devises fortes, le président Cardoso pourra maintenant négocier avec les pays créanciers et le Fonds monétaire international l’aide financière dont le Brésil a besoin. Les créanciers seront soulagés de pouvoir accéder à ses demandes, car il semble maintenant que le Brésil pourra être, comme la Chine, dans la première ligne de défense contre la crise financière. Et si le Brésil tient, d’autres pays, comme l’Argentine, qui a fait sa propre réforme monétaire draconienne, pourront aussi tenir. Tel est, du moins, l'espoir à Washington, où se tient l’assemblée annuelle du FMI [...] La tâche du président Cadors sera de faire adopter par le Parlement un budget d’austérité, qui coupera notamment les subventions fédérales aux États et aux municipalités. Cette austérité fera très mal, surtout aux chômeurs et aux jeunes sans-emplois dans les grandes villes. Mais il n'a guère le choix, car un budget déficitaire entraînerait bientôt une dévaluation et la fuite des capitaux brésiliens vers l'Amérique du Nord et l'Europe. »

La Presse (Québec, Canada), 6 octobre 1998.

Diana Jean Schemo, « Close Election complicates Brazilian Economic Reforms »

«...Allies of the President did poorly in many of Brazil's most populous and politically influential states, weakening his hand going into negotiations for overhauling the way the Government spends money. Though Brazil has not yet submitted a formal request, Brazilian officials have been in Washington negotiating some form of assistance from the International Monetary Fund that will probably total $30 billion or more. The country's failure to cut spending in two key areas -- social security and civil service -- and to simplify and improve tax collection, makes Brazil heavily dependent on foreign capital at a time when investors are fleeing emerging markets generally. Brazil's budget deficit is exceeding 7 percent of gross national product, and its current account deficit, which includes its balance of trade as well as debt service and other payments, constitutes more than 4 percent of G.N.P. »

New York Times (États-Unis), 6 octobre 1998.

Gouvernance et gouvernement [ 4 octobre 1998 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireFernando Henrique Silva Cardoso

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1993 - 2003



avril
1993
Tenue d’un référendum sur le régime et le système politique au Brésil

octobre
1994
Élection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

octobre
1994
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Réélection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

octobre
1998
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1998
[Résultats] Élections législatives

janvier
2001
Ouverture du premier Forum social mondial à Porto Alegre

octobre
2002
Élection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil

octobre
2002
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2002
[Résultats] Élections législatives


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