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septembre 2019

Série d’attentats terroristes en Afghanistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après une année 2018 marquée par de nombreux attentats terroristes, l’Afghanistan est de nouveau secoué par un déferlement de violence meurtrière en 2019. Il atteint un sommet pendant l’été, alors que des négociations sont en cours entre le gouvernement des États-Unis et les talibans et que le pays se prépare à l’élection présidentielle prévue pour le 28 septembre.

Depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir en 2001, à la suite de l’intervention militaire occidentale, les talibans sont engagés dans une lutte sanglante. Après une année 2018 violente qui aurait coûté la vie à plus de 3800 civils afghans, les attentats terroristes s’accentuent à l’été 2019. Ils surviennent alors que des négociations sont en cours à Doha, au Qatar, entre les États-Unis et les insurgés talibans. Le retrait éventuel des 14 000 militaires américains serait envisagé par Washington contre l’engagement des rebelles à ne plus faire de l’Afghanistan une base du djihadisme. Seulement en juillet 2019, plus de 1500 civils sont tués ou blessés, un sommet depuis le mois de mai 2017. Le 7 août, un attentat à la voiture piégée fait 14 morts et 145 blessés. Le 17 du même mois, un kamikaze tue 63 personnes et fait plus de 300 blessés lors d’une noce dans la capitale, Kaboul. Cet acte est revendiqué par le groupe armé État islamique, appartenant à la branche sunnite, alors que les participants à la fête étaient des chiites. La violence continue en septembre, dans le contexte de l’élection présidentielle prévue pour le 28 septembre. Celle-ci a été reportée à quelques reprises dans le passé à cause de l’instabilité. Cette fois, les actions sont revendiquées par les talibans, en lutte avec le gouvernement de Kaboul. Le 17, un attentat lors d’un rassemblement du président Ashraf Ghani fait 26 morts et 42 blessés. La même journée, une conflagration près de l’ambassade des États-Unis et du ministère de la Défense se solde par 22 autres victimes. Préalablement, le 7 septembre, le président Donald Trump avait annoncé la cessation des négociations avec les talibans à cause de cette violence. Malgré un déploiement militaire exceptionnel, d’autres attentats seront commis lors du scrutin du 28 septembre, notamment dans des bureaux de vote de Kaboul, Ghazni, Jalalabad et Kandahar.

Dans les médias...


Pierre Barbancey, « Trump pris à son jeu de dupes face aux talibans »

«...Les talibans ont très bien compris que l'agenda américain était avant tout électoral. Donald Trump, à quatorze mois de l'élection présidentielle, veut être perçu comme celui qui aura « mis fin à une guerre sans fin », protège la vie des soldats américains et épargne des dépenses de milliards de dollars. Las, les talibans ont tenté le jackpot en augmentant leur pression sur le terrain, tout en participant à des pourparlers. Il y a dix jours, ils ont essayé de prendre Kunduz, ville stratégique du nord du pays. La semaine dernière, deux attentats ont ensanglanté Kaboul, la capitale. Mais c'est la mort d'un soldat américain qui a fait réagir Trump, le forçant à dévoiler une rencontre à laquelle il devait participer, dans la résidence présidentielle de Camp David. « Qui sont ces gens qui tuent autant de monde pour soi-disant faire monter les enchères ? Ils ont échoué, ils n'ont fait qu'aggraver leur position ! » a encore lancé Donald Trump sur Twitter. Jusqu'à présent, il n'avait pas été très sensible aux attentats. Car, malgré les discussions, la guerre continue à faire des ravages parmi les civils en Afghanistan. [...] Pris à son propre jeu de dupes face à des adversaires aussi roublards que lui, Trump est maintenant dans l'impasse. Va-t-il jouer des muscles ? Les talibans vont-ils attaquer à plus grande échelle encore ? Des questions que les Afghans se posent, impuissants. »

L’Humanité (France), 9 septembre 2019, p. 15.

François Hostalier et al., « L’ONU, dernière chance de l’Afghanistan »

«...Aujourd'hui, le pays est au bord du chaos et une troisième guerre civile n'est pas exclue. Une campagne électorale est engagée pour une élection présidentielle qui devrait avoir lieu le 28 septembre - après déjà deux reports - mais dont l'issue n'intéresse personne. Il est donc urgent que la communauté internationale, par la voie de l'ONU, sorte enfin du silence et qu'elle assume les responsabilités qui lui incombent de garantir le droit à la paix d'un peuple! Ayons une pensée pour les 21 millions d'Afghans qui ont moins de 25 ans (63 % de la population) et pour qui l'avenir aujourd'hui se résume à émigrer, se droguer ou rejoindre Daech... [...] En Afghanistan, 125 000 étudiants, dont la moitié sont des jeunes filles, fréquentent les universités et les grandes écoles; 70 % des enfants sont scolarisés, dont 40 % sont des filles. Il serait inconcevable de les sacrifier à l'aune d'une négociation de paix biaisée, dont le seul résultat serait de faire des talibans les vainqueurs de la guerre que nous leur avons pourtant menée. Tous les progrès, même modestes, réalisés depuis dix-huit ans seraient balayés par le retour au pouvoir des talibans et plus encore par le risque de l'implantation durable d'un émirat islamique, sous les couleurs du drapeau noir de Daech et ses alliés. »

La Croix (France), 16 septembre 2019, p. 26-27.

Margaux Benn, « Afghanistan, autopsie d’une paix avortée »

«...Les Afghans, meurtris ces derniers mois par une escalade de violence qui tue un nombre record de civils, ne peuvent ainsi espérer de répit. Une élection présidentielle est prévue le 28 septembre, que les talibans ont depuis longtemps menacé d'entraver. Les récents développements ne font qu'augurer davantage de massacres. L'annulation du processus de paix alimente justement le jeu politique qui se joue en Afghanistan. Le président Ashraf Ghani, lui aussi candidat à sa propre réélection et perçu comme l'un des favoris, a tout à gagner de cette annonce. En effet, un accord entre les États-Unis et les talibans aurait rendu possible, voire nécessaire, le report du scrutin, afin de donner au gouvernement actuel et aux talibans le temps d'entamer des discussions. Une perspective favorisée par de nombreux observateurs et candidats. Sans accord, pas de raison de reporter le scrutin. « Un groupe de candidats a tout de même exigé et obtenu une réunion au palais présidentiel pour discuter d'un éventuel report des élections », confie une source proche du gouvernement. Mais il est peu probable que le président afghan ait donné son feu vert. »

Le Temps (Suisse), 11 septembre 2019, p. 3.

Associated Press, « With vote over Afghanistan faces possible political chaos »

«...President Ghani steadfastly maintained the elections were necessary to give the next government legitimacy as Afghanistan's representative to negotiate with the Taliban. During a year of talks between the United States and the insurgents, Ghani complained bitterly about being excluded from the talks. Taliban have refused to talk directly to Ghani's government, while meeting with other prominent Afghans, saying Ghani is a U.S. puppet. Just as a deal between the U.S. and Taliban seemed imminent, U.S. President Donald Trump on Sept. 7 - just weeks before presidential polls - declared the deal "dead" blaming Taliban violence. A presidential election result that is hotly contested and overwhelmed with accusations of fraud could threaten any early attempt to restart the peace talks. A contested vote result could also plunge Afghanistan into violence as supporters of the leading presidential contestants are heavily armed and have long-standing animosities that could erupt into violence. »

Daily Mail (Royaume-Uni), 29 septembre 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 0 septembre 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afghanistan
FaibleAshraf GhaniAbdullah Abdullah

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



août
2009
Tenue d'une élection présidentielle en Afghanistan

avril
2014
Élection présidentielle en Afghanistan

avril
2014
[Résultats] Élection présidentielle


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