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14 mai 1989

Élection de Carlos Menem à la présidence de l'Argentine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Carlos Menem

La fin de la présidence de Raul Alfonsin est caractérisée par une situation économique difficile. Lors de la première passation des pouvoirs pacifiques à la présidence depuis la fin de la dictature militaire, le péroniste Carlos Menem remporte l’élection du 14 mai 1989 avec 47,5 % des voix et 312 grands électeurs.

Le mandat du président Raul Alfonsin, premier président élu démocratiquement en Argentine depuis la chute de la dictature militaire en 1983, est marqué par une volonté de retour à la vie constitutionnelle. On y assiste, entre autres, aux premiers procès des membres de la junte militaire ayant dirigé le pays depuis 1976 ainsi qu'à une recrudescence de la violence de groupes d'extrême droite. Alfonsin réplique en 1985 avec l'imposition d'un état de siège de 60 jours pour tenter de mettre fin aux attaques à la bombe et d’assurer la bonne tenue du scrutin législatif de novembre. Aidé par une faible inflation favorisée par une politique d'austérité, le parti du président, l'Union civique radicale (UCR), fait alors des gains modestes. Cependant, la seconde moitié des années 1980 est ponctuée par une dégradation de l'économie. La cote de popularité d'Alfonsin diminue. Celui-ci ne pouvant se présenter pour un second mandat selon la Constitution, l'UCR est représentée par Eduardo César Angeloz en 1989, alors que son principal opposant est le péroniste Carlos Menem du Parti justicialiste. Le principal enjeu de la campagne est l'économie, le pays étant ravagé par le déficit et l'hyperinflation, pouvant aller jusqu'à 40 % par mois. Angeloz réussit à se distancer des mesures impopulaires du gouvernement sans se l'aliéner, en promettant de poursuivre des réformes de libéralisation et de consolidation de la démocratie. De son côté, Menem propose une série de mesures visant à créer une « révolution de production », entre autres une augmentation des salaires, une création massive d'emplois et un pacte social corporatiste. Profitant de l'impopularité du gouvernement, de son charisme et de celui de sa femme Zulema, Menem remporte l'élection en obtenant 47,5 % des voix et 312 grands électeurs, contre 37 % des voix et 234 grands électeurs pour Angeloz.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Frédéric Wagnière, « Argentine: élections libres et honnêtes »

«...[Les Argentins] se rendent également compte qu'aucun président ne peut faire des miracles quand la dette extérieure est d'environ $60 milliards. M. Edouardo Angeloz, le candidat malheureux du parti radical, aurait cherché à donner plus de liberté à l'entreprise privée. M. Menem, candidat du parti justicialiste, est dans la ligne de Juan Perón; le développement économique passe, pour lui, par l'intervention de l'État. L'une et l'autre voie peuvent rétablir la confiance dans l'économie, pour autant que les Argentins se montrent disciplinés. La confiance est en effet un facteur-clé; elle encouragerait les Argentins fortunés à rapatrier au moins une partie des avoirs qu'ils détiennent à l'étranger, ce qui suffirait à régler une grande partie de la dette extérieure [...]. Mais les péronistes d'aujourd'hui ne sont plus obnubilés par le vieux dictateur. Quinze ans après la mort de Perón, ils seront peut-être capables de développer un sens du réalisme économique et d'abandonner les pratiques qui ont réussi à doter un pays hautement développé et prospère d'une économie typiquement sous-développée. »

La Presse (Québec, Canada), 16 mai 1989

Catherine Derivery, Denis Hautin Guiraut, « Élections sur fond de crise économique : Fiévreuse Argentine...»

«...Populaire ? Carlos Menem l'est à n'en pas douter. Après l'échec économique du président radical, M. Raul Alfonsin, la " révolution productive ", non autrement explicitée, du candidat péroniste fait des adeptes. Dans sa " Menem-mobile ", il a parcouru les provinces. Sa réplique - en plastique - sillonnait, dans le même temps, la capitale et sa banlieue, provoquant partout un identique délire. Son slogan est des plus simples : " Suivez-moi ! ", répété à l'infini sur les murs, au long des avenues de la capitale. [...] Face au déferlement péroniste, le candidat du Parti radical, M. Eduardo Angeloz, fait pâle figure. D'une apparence soignée et très stricte, cet homme de forte stature, discret, carré, n'a pas le contact facile de son adversaire avec la foule. Il lui faut de plus assumer l'héritage radical. Il n'a pu prendre que des distances calculées avec l'actuel gouvernement. Son slogan, moins fin que celui de son adversaire, lui vaut nombre de quolibets : "On peut le faire." Et pourquoi pas hier? lui rétorque-t-on aisément. Dans la guerre des spots télévisés, M. Angeloz n'a pas la partie aisée. Il délivre pourtant tranquillement son message, explicite son programme quelque peu néolibéral de réduction des dépenses publiques et dénonce l'"aventurisme" de son principal adversaire. »

Le Monde (France), 13 mai 1989, p. 1.

Eugene Robinson, « Peronists Celebrate Victory, Turn to Argentine Economic Crisis »

«...In a big way, with serious implications for Argentina's future, Peronism is back. Following the Peronist sweep in Sunday's elections, attention quickly turned today to how President-elect Carlos Menem and his party will try to solve an economic crisis and other urgent problems while at the same time placating a set of clamorous constituencies [...] Menem has proposed solutions to the economic mess. Attacked by his opponents as vague and ill-formed, these ideas today became a text for intense scrutiny. Warning that Argentina faced a "social explosion" if a general salary increase were not worked out soon, he initially called for it to be imposed at once. But now he is saying it must be a gradual rise in pay. This would increase consumption and employment, he has said. His government will support the idea of selling inefficient state industries, Menem has said. But the big Peronist unions have fought privatization in the past, and these unions form a major base of Menem's support. »

Washington Post (États-Unis), 16 mai 1989

Gouvernance et gouvernement [ 14 mai 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Argentine
IntermédiaireRaúl Ricardo Alfonsín Foulkes

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



novembre
1985
[Résultats] Élections législatives

septembre
1987
[Résultats] Élections législatives

mai
1989
Élection de Carlos Menem à la présidence de l'Argentine

mai
1989
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1991
[Résultats] Élections législatives

mars
1992
Attentat contre l'ambassade d'Israël en Argentine

octobre
1993
[Résultats] Élections législatives

août
1994
Révision de la Constitution argentine


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