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18 décembre 2019

Vote de la Chambre des représentants pour la destitution du président des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

À l’automne 2019, la Commission judiciaire de la Chambre des représentants enquête sur une intervention inusitée du président des États-Unis, Donald Trump, auprès de son homologue ukrainien. Le 18 décembre, cette Chambre se prononce pour la destitution de Trump, une procédure rare qui fera toutefois l’objet d’un vote négatif au Sénat.

En août 2019, un témoin anonyme lance une alerte relativement à un coup de fil donné le 25 juillet par le président des États-Unis à son homologue ukrainien, Volodymy Zelensky. Selon ce témoin, le président aurait lié une rencontre possible entre les deux chefs d’État ainsi qu’une aide militaire américaine d’environ 400 millions de dollars, déjà prévue par le Congrès, à une enquête sur Hunter Biden. Entre 2014 et 2019, ce dernier a siégé sur le conseil d’administration de Burisma, un holding ukrainien associé à l’exploitation gazière et pétrolière. Or, Hunter Biden est le fils de Joe Biden, un ex-vice-président des États-Unis engagé dans la course à l’investiture démocrate en prévision de la présidentielle de 2020 dans laquelle Trump devrait être le candidat républicain. Cette approche « donnant-donnant » (quid pro quo), suggérant une interférence étrangère partisane dans les élections des États-Unis, soulève l’ire des démocrates. En septembre, la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires depuis 2018, entreprend une enquête. Rendu public le 3 décembre, son rapport est suivi le 18 décembre par un vote favorable à la destitution du président Trump. Il obtient un appui des démocrates, tant sur la charge d’abus de pouvoir (230-197) que d’obstruction au Congrès (229-198), mais pas des républicains. C’est la troisième fois que la Chambre vote la destitution, soit en 1868 à l’endroit d’Andrew Johnson et en 1998 de Bill Clinton. Les deux avaient toutefois conservé leur poste. Donald Trump se défend en qualifiant l’enquête de « chasse aux sorcières » et son intervention auprès de Zelensky de « parfaite ». Les prochaines étapes sont l’enquête, puis le vote des sénateurs qui a lieu le 5 février 2020. Comme prévu, il se solde par le rejet de la destitution par le Sénat à majorité républicaine, ce qui met un terme à la procédure.

Dans les médias...


Adrien Jaulmes, « Donald Trump visé par une destitution sans effet »

«…Les faits reprochés à Trump sont à peu près connus depuis le début de l'affaire. Sans rebondissements ni faits nouveaux, l' « arme fumante » selon l'expression américaine employée au moment de la révélation des enregistrements de Nixon pendant le scandale du Watergate, ne s'est jamais matérialisée. Une fois passées les premières semaines de révélations, l'Ukrainegate s'est transformé en une affaire de perception. Pour les républicains et leurs sympathisants, aussi déplacées puissent-elles être, les actions de Trump ne constituent pas un motif suffisant pour le destituer. L'acharnement des démocrates à trouver un nouveau motif de destitution après le rapport en demi-teinte de l'enquête Mueller sur les ingérences russes est de leur point de vue la preuve qu'il ne s'agit que d'un procès politique. De surcroît, la façon dont les démocrates accusent Trump tout en éludant toute explication sur les activités du fils de Joe Biden en Ukraine renforce les soupçons de partialité. Mais surtout, les efforts des démocrates ne devraient pas déboucher sur grand-chose. L'étape suivante se déroulera au Sénat, où Trump a aussi peu de risques de se voir démis de ses fonctions qu'il n'a de chances d'échapper à la destitution à la Chambre. Le Sénat est à majorité républicaine, avec 53 sénateurs, contre 47 démocrates, et la perspective de voir les deux tiers d'entre eux voter contre Trump est totalement exclue. »

Le Figaro (France), 18 décembre 2019, p. 11.

Valérie de Graffenried, « Impeachment, ou la mise à nu des divisions »

«…Soucieux de protéger la démocratie et la Constitution d'un président « prêt à sacrifier la sécurité nationale pour améliorer ses chances de réélection », les démocrates se savent perdants. Donald Trump peut compter sur son parti pour le préserver de tout mauvais sort. […] À défaut d'aboutir à une destitution, cette procédure va-t-elle ternir les chances de réélection de Donald Trump? Rien n'est moins sûr. Pour l'instant, sa popularité est plutôt en train d'augmenter. Ce que le vote sur l'impeachment révèle en fait surtout, c'est l'extrême polarisation du système politique américain et à quel point le Parti républicain s'est « trumpisé » . Les camps sont figés. Républicains et démocrates n'ont jamais été aussi éloignés. La violence des attaques proférées pendant les auditions était inouïe, et la stratégie de Donald Trump, avec la complicité de son ministre de la Justice, d'empêcher des fonctionnaires de témoigner au Congrès, du jamais-vu. Un pays profondément divisé par une guerre partisane, nuisible et sclérosante, avec à sa tête un président mis en accusation, qui se croit au-dessus des lois, et un Congrès qui siège en pleine zizanie: voilà la triste image que véhicule aujourd'hui l'Amérique de Donald Trump, à moins d'un an de l'élection présidentielle. »

Le Temps (Suisse), 20 décembre 2019, p. 1.

Alexandre Sirois, « Et à la fin…Trump va encore gagner! »

«…Alors, boum ? Non, désolé. L'évènement est à marquer d'une pierre blanche, soit. Mais la nouvelle n'a rien d'explosif. Permettez-nous plutôt d'écrire : plouf ! Car selon toute vraisemblance, cette démarche n'est qu'un coup d'épée dans l'eau. La procédure de destitution aura été une joute pertinente, mais stérile ; les sondages le démontrent. Malgré les nombreuses révélations incriminantes lors de l'enquête menée par la Chambre des représentants au cours des dernières semaines, bien peu d'Américains semblent avoir changé d'avis quant au bien-fondé de destituer leur président. […] La polarisation de la société américaine est très certainement en cause. Tout comme les bâtons mis par Donald Trump et ses alliés dans les roues de l'enquête. Car les républicains ont à la fois tenté de convaincre les Américains qu'il s'agit d'une chasse aux sorcières ET refusé de coopérer avec la Chambre des représentants. Résultat : Donald Trump se retrouve accusé non seulement d'abus de pouvoir, mais aussi d'entrave à la bonne marche du Congrès. Mais l'échec annoncé de la procédure de destitution et le grand nombre d'Américains qui le soutiennent encore prouvent qu'il a bien joué ses cartes. »

La Presse+ (Québec, Canada), 19 décembre 2019.

Peter Baker, Maggie Haberman, Jeremy W. Peters, Elaina Plott, « Under Trump, is Still Unyielding »

«…For Mr. Trump, it was the first day of his new reality, the first day when he woke up with the scarlet letter of impeachment marked with indelible ink on his page in the history books. No matter what else happens, he now enters posterity as the third president to be impeached. But barring the unforeseen, he will also be the first impeached president to face re-election, setting up a 320-day campaign to convince voters that he was right and his accusers were wrong. He has a chance that Andrew Johnson and Bill Clinton never had -- to mitigate, at least, the sting of impeachment -- and his political operation wasted little time mounting a counterassault on what Mr. Trump characterizes as the corrupt, liberal Democrats who orchestrated a largely party-line scheme to nullify his election. In a fund-raising pitch on Thursday, Brad Parscale, the president's campaign manager, called the Democrats who voted to impeach him "traitors" and urged supporters to fight back. "Let's make sure they know that we will NEVER FORGET," Mr. Parscale wrote. The campaign announced a "Democrats for Trump" coalition of disaffected members of the other party. Still, some Republicans were less confident that impeachment would be a boon at the ballot box. »

New York Times (États-Unis), 20 décembre 2019, p. A1.

Gouvernance et gouvernement [ 18 décembre 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2014 - 2016



septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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