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2 mars 2020

Élections législatives en Israël

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Benyamin Netanyahou

Devant l’impuissance des partis à former un gouvernement après deux élections législatives tenues en 2019, les Israéliens retournent aux urnes le 2 mars 2020. Les résultats sont serrés, laissant le pays devant une impasse avant qu’un gouvernement d’union ne soit formé sous la direction du premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou.

L’alliance B&B, dirigée par l’ex-chef d’État-major Benny Gantz, arrive nez-à-nez avec le Likoud de Netanyahou lors de ses deux premières participations électorales, en avril et en septembre 2019. Personne ne pouvant obtenir l’appui d’une majorité de députés et former un gouvernement, un autre scrutin est annoncé pour le 2 mars 2020. Entretemps, le 21 novembre 2019, le premier ministre Netanyahou est mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance. Sa formation, le Likoud, réussit néanmoins à arriver en tête des partis le 2 mars avec 36 sièges, soit 4 de plus qu’en septembre 2019. Les médias présentent ce résultat comme un succès pour le premier ministre sortant qui reste néanmoins à court d’une majorité. Stable avec 33 sièges, l’alliance B&B obtient pour sa part l’appui du parti ultranationaliste Israel Beytenou, avec 7 sièges, et de la Liste unifiée, qui atteint un sommet avec 12,7 % des voix et 15 sièges. Certains attribuent ce résultat à l’insatisfaction des Palestiniens, dont la Liste unifiée défend les intérêts, à l’endroit du plan de paix proposé le 28 janvier 2020 par le président des États-Unis, Donald Trump. Avec les 7 députés des Travaillistes-Gesher-Mertez, Gantz, qui pourrait compter sur une majorité, est invité le 16 mars à former un gouvernement. Une différence par rapport aux scrutins antérieurs est la décision de la Liste unifiée d’apporter son soutien à B&B. Cette majorité fragile résulterait toutefois davantage du désir de défaire Netanyahou que d’une affinité d’intérêts, surtout entre Israel Beytenou et la Liste unifiée dont les différends sont profonds. L’impasse persiste jusqu’à ce que Gantz soit élu à la présidence de la Knesset le 26 mars. Dans le gouvernement de coalition formé en avril, avec un nombre comparable de ministres du Likoud et de B&B, Netanyahou sera premier ministre pendant 18 mois, avant que Gantz ne lui succède.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Baudouin Loos, « Les rivaux de Netanyahou tentent de s’unir pour l’abattre »

«...les quatre partis de l’opposition semblent maintenant décidés à faire valoir leur majorité en sièges (62) pour mettre Netanyahou hors-jeu…Cette opposition rassemble pourtant l’eau et le feu. On y trouve « Bleu et blanc » (centre et droite, 33 sièges), la Liste jointe (arabe, 15 sièges), les travaillistes unis avec le Meretz (gauche, 7 sièges) et enfin Israël Beiteinou (extrême droite laïque, 7 sièges). Le chef de ce dernier parti, Avigdor Lieberman, un extrémiste pur laine, a par exemple toujours juré de ne jamais s’allier aux députés arabes. Le voilà pourtant en pourparlers avec Benny Gantz en vue de former avec la gauche un gouvernement minoritaire qui serait soutenu de l’extérieur par ces mêmes Arabes ! Comment est-ce possible ? En vérité, la seule et unique chose qui unit ces quatre partis de l’opposition est leur farouche hostilité envers Netanyahou et donc leur volonté de s’en débarrasser. Celui-ci gouverne Israël depuis 2009 sans discontinuer, il va bientôt passer en jugement pour corruption et attaque en conséquence sans relâche les institutions de l’Etat et la société civile (les juges, les procureurs, les médias et les ONG par exemple) au point que de nombreux intellectuels s’inquiètent pour l’avenir de la démocratie. Mais les choses restent très compliquées sur la scène politique israélienne. Le parti Bleu et blanc, qui réunit des élus de droite et du centre, se fissure déjà. »

Le Soir (Belgique), 10 mars 2020, p. 14.

Pierre Barbancey, « Netanyahou, une victoire ou la prison »

«...la campagne de la Liste unie a rencontré un écho grandissant. Et pas seulement chez les Arabes. Déjà forte de 13 sièges obtenus en septembre, les sondages la créditent maintenant d'au moins 15 élus. Ce qui serait un résultat historique et une révolution en Israël parce qu'elle se positionne clairement pour le droit des minorités, la suppression de la loi État nation et le rejet du plan Trump. Tout atteste qu'elle attire de plus en plus d'électeurs, particulièrement parmi les juifs dont beaucoup, déçus par le Meretz (gauche sioniste) qui s'est allié au Parti travailliste, disent maintenant ouvertement se tourner vers Ayman Odeh et ses colistiers, ouvrant peut-être la voie à un seizième député. Ce qui priverait de sièges précieux le camp Netanyahou, qui accuse avec mépris les députés arabes israéliens de passer leur temps à « jouer au backgammon ». Cela permettrait également à la Liste unie de ne pas avoir à soutenir Benny Gantz pour évincer Netanyahou. S'agissant du plan Trump, les deux hommes sont sur la même longueur d'onde. Gantz reste plus ouvert à un dialogue avec les Palestiniens et reçoit moins de soutiens dans les colonies. Reste une grande inconnue : que va faire Avigdor Lieberman, chef de la formation de droite extrême, laïque, Israël Beitenou ? »

l’Humanité (France), 2 mars 2020, p. 14.

Guillaume Gendron, « Les électeurs votent triple »

«...À ses débuts en politique, il y a tout juste un an, Gantz se réclamait de l'éthique rassembleuse du mamlachtiyut, l'idée, chère au père de la nation David Ben Gourion, que l'intérêt d'Israël doit prévaloir sur les divisions. Il a cette fois tenté une campagne à droite toute, approuvant le «deal du siècle» proposé par Trump et tournant le dos aux partis arabes qui l'avaient soutenu en septembre. Ce qui n'empêche pas les likoudniks de hurler sur tous les toits que Gantz ne peut gouverner qu'avec Ahmed Tibi, ex-conseiller de Yasser Arafat devenu figure de la Liste arabe unie. À gauche, le raidissement de Gantz a entériné l'idée que son parti Bleu et blanc n'est qu'un «Likoud bien peigné qui se tient convenablement à table», pour reprendre la formule de Ravit Hecht, éditorialiste à Haaretz. Une stratégie qui semble avoir renforcé le Premier ministre, qui, sur l'air de «entre l'original et la contrefaçon », qualifie désormais Gantz «d'imitation pathétique» de lui-même. »

Libération (France), 2 mars 2020, p. 1, 8-9.

Yair Wallach, « Palestinian voters are the new power brokers in Israel, much to Netanyahu’s chagrin »

«...The Trump “peace plan”, endorsed by Netanyahu, called for the transfer of many Palestinian citizens to the future Palestinian “state”. The alarming prospect of being deprived of their citizenship, and forcibly removed to a fragmented Bantustan-style statelet in the West Bank, drove many to the polling booths. No less important was the bold leadership of Ayman Odeh, head of the Joint List. Odeh led a compelling campaign for Palestinian civic empowerment while challenging the Jewish-Israeli mainstream to think of a common political future. In September, the Joint List made shockwaves with its decision to endorse Benny Gantz – the leader of the centrist Blue and White – as candidate for prime minister. Gantz is a former chief of staff, who had previously boasted of bombing Gaza “back to the stone age”. For Palestinian citizens, endorsing such a candidate comes with enormous difficulties. But as Odeh emphasised, this was the lesser evil, compared with the danger of a Netanyahu government, the prospect of immediate annexation of the West Bank, and continued racism against Palestinian citizens inside Israel. »

The Guardian (Royaume-Uni), 2 mars 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 2 mars 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireReuven RivlinBenyamin Netanyahou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



mars
2015
Élections législatives en Israël

mars
2015
[Résultats] Élections législatives


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