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1 mars 2020

Fin d’incendies dévastateurs en Australie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

À partir de l’été 2019, l’Australie est frappée par les pires incendies de végétation de son histoire. Malgré la proclamation de l’état d’urgence dans certains États et un impressionnant déploiement de ressources, plus de 180 000 kilomètres carrés de territoire sont la proie des flammes qui détruisent également près de 6000 bâtiments.

Les scientifiques considèrent que l’année 2019 a été la plus chaude et la plus sèche de l’histoire de l’Australie. Le 18 décembre, au cœur d’une séquence particulièrement éprouvante, le mercure atteint même 41,9 degrés Celsius en moyenne sur tout le pays. À partir de juin 2019, des feux de brousse ont entrepris une progression rapide, notamment dans des États du sud-est comme Victoria et une partie de l’Australie-méridionale. Mais aucun n’est affecté autant que la Nouvelle-Galles-du-Sud, l’État le plus populeux où l’on retrouve la ville de Sydney. La situation empire en août, puis au cours de l’automne. S’étendant à l’extérieur des forêts en décembre, le sinistre entraîne la proclamation de l’état d’urgence dans certains États ainsi que d’importantes évacuations. En plus des dégâts matériels causés par les flammes, les particules rejetées provoquent une détérioration de l’air. On observe aussi des périodes de sécheresse, conséquence de faibles pluies, de même que la disparition d’espèces animales. Dans le passé, l’Australie a déjà subi des incendies d’envergure. Mais en intensité et en durée, ceux qui se prolongent jusqu’au début de 2020 n’ont pas de précédent. En plus de mobiliser ses ressources, le pays reçoit d’ailleurs de l’aide de l’étranger sous différentes formes. Malgré cet appui, on estime en mars 2020, alors que les feux semblent apaisés, que ceux-ci ont rasé plus de 180 000 kilomètres carrés et environ 6000 bâtiments, dont quelque 3000 maisons, causant pour plusieurs milliards de dollars de dommages. Une trentaine d’Australiens auraient également perdu la vie. La question des causes de cette catastrophe est au cœur de vifs débats. Pour plusieurs scientifiques, les changements climatiques ont joué un rôle de premier plan dans ce « Black summer ». Une thèse à laquelle le gouvernement de la Coalition (Parti libéral et national) du premier Scott Morrison n’adhère toutefois pas.

Dans les médias...


Christophe Ayad, « Australie : « Ces incendies seront notre Tchernobyl climatique » »

«...Le gouvernement a annoncé un plan d'urgence de 2 milliards de dollars australiens (1,2 milliard d'euros), mais il y a de grandes chances que cette somme soit largement insuffisante. Jamais l'économie du pays n'avait été touchée à une telle échelle. Cette fois-ci, le secteur agricole n'est pas le seul affecté. A Mallacoota, outre le tourisme, la principale source d'emplois est l'usine de conditionnement d'ormeaux, un mollusque local. Elle a entièrement brûlé. Pour le moment, l'aide d'urgence garantit 1 000 dollars australiens par adulte à ceux qui ont perdu un proche ou leur domicile, ou encore ont été gravement blessés, et 400 par enfant. Une indemnité de perte d'activité qui peut monter jusqu'à treize semaines de revenus est prévue, mais elle ne suffira probablement pas. Une aide de 50 millions a aussi été débloquée pour la sauvegarde de la faune en danger, la moitié pour mener une étude complète des besoins et l'autre pour envoyer des premiers secours. Mais, là aussi, il faudra beaucoup plus pour sauver les animaux qui peuvent l'être, alors que les évaluations des scientifiques locaux font désormais état d'un milliard d'animaux morts dans les incendies. »

Le Monde (France), 20 janvier 2020, p. 5.

Birgit Herden, « Comment le changement climatique affecte l’Australie »

«...Les feux de forêt qui ravagent l’Australie sont le résultat de nombreux processus et facteurs complexes. Se pourrait-il que cette catastrophe ne soit qu’un événement exceptionnel qui ne se répétera pas de sitôt ? [...] Pour le moment, vu la complexité de la situation, personne ne peut prédire avec quelle rapidité et dans quelle mesure les incendies extrêmes se multiplieront en Australie. Il est tout à fait possible que le pays connaisse encore des années très froides et humides – cela ne viendrait en rien contredire le stade actuel de la recherche. Les incendies constituent un avertissement clair. Mieux que tous ces chiffres et toutes ces statistiques, ils donnent une idée de ce qui attend la planète à long terme. Cependant les journalistes qui annoncent avec virulence le début de l’apocalypse pourraient bien rendre un mauvais service à leur cause. Car en préférant verser dans l’exagération et passer sous silence les incertitudes des prévisions, ils risquent d’amener la population à perdre toute confiance dans la recherche sur le climat durant les années les moins chaudes. »

Le Soir (Belgique), 18 janvier 2020, p. 56.

Isabelle Hachey, « Agir pour survivre »

«...En tournée dans les zones dévastées, le premier ministre de l'Australie y était attendu… avec une brique et un fanal. Scott Morrison a d'abord forcé une femme enceinte à lui serrer la main. Il l'a ensuite ignorée quand elle a imploré de l'aide pour mieux protéger ce qu'il reste de son village. Il a finalement eu la bonne idée de battre en retraite, sous une pluie de quolibets. À elle seule, cette scène a encapsulé toute la colère des Australiens contre leur gouvernement, qui a ignoré pendant des mois les appels à mieux préparer le pays à la catastrophe climatique annoncée. Scott Morrison était en vacances à Hawaii quand l'Australie s'est mise à brûler. Il a refusé d'annuler les célébrations du Nouvel An. Tout ce qui comptait, c'était de préserver les apparences. De faire comme si rien n'avait changé. Les feux d'artifice ont pétaradé alors même que des milliers d'Australiens étaient piégés sur une plage. Scott Morrison l'a dit et répété, comme pour mieux s'en convaincre lui-même : les incendies de brousse n'ont rien à voir avec les émissions de gaz à effet de serre. Ceux qui font ce lien sont des « fous délirants », a déclaré son adjoint. C'est à croire que ce gouvernement a fait du déni de la crise climatique sa politique officielle. »

La Presse + (Québec, Canada), 9 janvier 2020, p. 8.

Giovanni Torre, « You won’t get our vote, hecklers tell Morrison as thousands flee fire »

«...What is being done to stop the fires? So far the response has been largely reactive, aimed at evacuating residents to safety and stopping the blazes from spreading. Australia relies on hundreds of thousands of volunteer firefighters, who have been working around the clock to try to bring the fires under control for months. The armed forces have also been deployed to fight the fires and evacuate residents. The US, Canada and New Zealand have sent resources including firefighters to help stem the blazes. But in the long term, experts have said that there should be a review of building standards in bushfire zones to create resilient homes and larger buffer zones between the bush and properties. There have also been calls for emphasis on traditional fire management techniques used by indigenous communities and a paid fire service less reliant on volunteers. Why has Australia's government been criticised for its response? The government and Scott Morrison, the conservative prime minister, have been widely denounced for their response to the crisis - particularly the insistence that fires are nothing new and climate change is irrelevant. »

The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 3 janvier 2020, p. 12-13.

Gouvernance et gouvernement [ 1 mars 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Australie
ÉlevéDavid HurleyScott Morrison

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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