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15 janvier 2020

Accord commercial préliminaire entre les États-Unis et la Chine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Trump

Après presque deux ans d’une guerre commerciale mouvementée, les États-Unis et la Chine dévoilent le contenu d’un accord préliminaire le 15 janvier 2020. Il prévoit, entre autres, l’achat par la Chine de 200 milliards de plus de produits américains d’ici deux ans, incitant le président Donald Trump à le présenter comme une « étape historique ».

Lors de la campagne électorale de 2016, le candidat républicain Donald Trump déplore le déséquilibre de la balance commerciale entre les États-Unis et la Chine, en faveur de cette dernière. Il dénonce aussi des pratiques des Chinois qu’il juge inéquitables, comme le non-respect de la propriété intellectuelle ou les entraves à l’accès à leur marché faites aux investisseurs étrangers. Après la victoire de Trump, les deux gouvernements échangent des ultimatums. Puis, des augmentations de tarifs douaniers réciproques sont imposées sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, suscitant des inquiétudes dans les deux pays et autour du globe. Le 20 janvier 2020, un accord préliminaire est conclu à Washington en présence du président américain et du vice-président chinois, Liu He. Il prévoit que les Chinois achèteront pour 200 milliards de dollars supplémentaires de produits sur les deux prochaines années. De cette somme, 77,7 milliards seront consacrés aux biens manufacturés, 52,4 à l’énergie, 32 à l’agriculture et 37,9 aux services. D’autres dispositions touchent la propriété intellectuelle et l’ouverture au marché chinois, mais leur portée reste difficile à cerner. D’ailleurs, une certaine méfiance persiste. Les États-Unis conservent par exemple des tarifications sur des centaines de milliards de dollars d’importations chinoises, afin de garder la pression en vue des négociations devant mener à un accord final. La Chine fera de même sur des sommes moins importantes. Le président américain considère néanmoins cet accord préliminaire comme une « étape historique » et un premier pas vers « un accord commercial juste et réciproque », alors que d’autres parlent plutôt d’un « cessez-le-feu » dans une guerre dont le dénouement reste imprévisible. Les négociations afin d’aboutir à une phase 2 se mettent en branle, alors que Trump, en pleine année électorale, évoque même la possibilité de se rendre en Chine.

Dans les médias...


Sébastien Jean, propos recueillis par Julien Bouissou, « « C’est seulement une trêve qui a été signée, pas la paix! »

«...Le déficit des États-Unis vis-à-vis de la Chine va sans doute se réduire grâce aux engagements d'achat pris par Pékin. Mais va-t-il se réduire avec l'ensemble des partenaires ? Rien n'est moins sûr. D'abord parce que la question du déficit courant est un problème macroéconomique qui résulte d'un déséquilibre entre l'investissement et l'épargne. Ensuite, on peut très bien imaginer que les États-Unis exportent vers la Chine ce qu'ils exportaient ailleurs. Ce qui ressemblerait à un jeu à somme nulle. [...] Il met fin à l'escalade des tensions commerciales, mais c'est un coup de canif dans le système multilatéral fondé sur des règles. Deux principes sont bafoués : celui qui interdit de favoriser des partenaires commerciaux par rapport à d'autres, et celui qui interdit les restrictions quantitatives. Les résultats, qui dépendent des rapports de force entre États, comptent désormais plus que les règles. Le bras de fer risque de continuer, car il n'y a pas eu de concessions substantielles des deux côtés. C'est seulement une trêve qui a été signée, pas la paix. »

Le Monde (France), 17 janvier 2020, section économie, p. 12.

Frédéric Koller, « Guerre commerciale : tout ça pour ça »

«...L'an prochain, que Trump soit réélu ou non, la guerre commerciale repartira de plus belle, la Chine n'ayant au mieux tenu que partiellement ses promesses, et la question centrale de l'accès aux marchés et des subventions d'État n'étant pas résolue. En attendant, Pékin peut se féliciter d'un accord à bon prix et les Européens se soucier d'être la prochaine cible d'un Trump en campagne (et subsidiairement de faire les frais de l'accord sino-américain). Comme l'expliquait récemment l'économiste Paul Krugman dans le New York Times, « il peut être payant, en termes de stratégie politique, de faire des choses stupides un moment, puis d'arrêter de le faire un an avant une élection, ce qui est un bon résumé de l'action commerciale de Trump ». Il y a juste un problème pour les États-Unis: « Ses alliés ne lui font plus confiance et ses rivaux ne le craignent plus. » L'accord commercial signé avec Pékin cette semaine est donc bien une victoire pour Donald Trump. Mais aussi une défaite pour les États-Unis. »

Le Temps (Suisse), 18 janvier 2020, p. 2.

Jean-Philippe Décarie, « Mettre le couvercle sur la marmite »

«...Comme le titrait avec justesse mercredi une note de recherche du groupe Oxford Economics, cette première phase de l'accord commercial n'est que le premier pas d'une thérapie de couple qui ne fait que commencer. Les rencontres chez le psy vont être nombreuses et les deux parties auront un long chemin intérieur à parcourir afin d'arriver à l'harmonie souhaitée. Cela dit, on a l'impression que Donald Trump vient de faire le ménage de sa porcherie en vue de la prochaine campagne électorale qui s'en vient rapidement et du mauvais moment qu'il aura à passer avec l'ouverture la semaine prochaine de son procès en destitution. En annonçant mercredi la signature d'un « accord commercial historique » avec la Chine, Donald Trump donne l'impression d'avoir réglé un dossier qui tenait toute la planète économique en haleine. C'est vrai que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a considérablement déstabilisé les marchés financiers en 2017 et en 2018 et qu'elle a affecté le rythme de la croissance de l'économie mondiale. Mais il est faux de prétendre que la première phase de cet accord commercial vient régler les nombreux différends commerciaux entre les deux puissances, et ce, en dépit des gains bien réels que viennent de faire les États-Unis. »

La Presse + (Québec, Canada), 16 janvier 2020, section Affaires, p. 1.

Liam Halligan, « Investors must get used to the reality that a US-China trade war is now a fact of life »

«...Mohamed El-Erian, chief economic advisor at Allianz, is similarly sceptical, describing this agreement as “just a cease-fire, not a resolution”. Ahead of November’s election, Trump hopes an easing of trade tensions will unlock investment and justify his tough trade tactics. A slowing China, in turn, needing buoyant growth to keep its vast and restless population content with autocratic rule, is happy to see US trade barriers cut. Beijing also knows a relentless escalation of trade tensions could spark a systemic collapse in global markets, impacting China too – again, suggesting this truce could hold for a while. Once the presidential election is over, though, if Trump wins, this Sino-US trade conflict could become even more inflamed. “After November, we’ll be back in a trade war,” says El-Erian, “with the risk of it escalating into an ‘investment war’ and even a ‘currency war’ as well”. While the US commitment to lower some tariffs and scrap others is clear, details of China’s end of the deal – changes to its intellectual property, technology and financial sector regime, and the amount of farm purchases – remain murky. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 15 janvier 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 15 janvier 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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