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15 avril 2020

Élections législatives en Corée du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le travail du gouvernement lors de la crise de la covid-19 semble profiter au Parti démocratique (PD) sud-coréen du président Moon Jae-in qui obtient une majorité lors des élections législatives du 15 avril 2020. Le pays se distingue aussi en tenant un scrutin au cours de cette pandémie, alors que plusieurs pays ont opté pour un report.

Le mandat se terminant en 2020 a été marqué par plusieurs événements, dont la destitution de la présidente Park Geun-hye, en décembre 2016, et la décision de son parti de fusionner avec deux autres pour former le Parti du futur uni (PFU). Une révision du système électoral suscite également les passions en 2019. Le ratio de sièges déterminés au scrutin par circonscription et à la proportionnelle demeure le même (247-53), mais un nouveau mode compensatoire favorise de nouvelles « petites » formations comme le Parti Plateforme (PP) et le Parti du futur de la Corée (PFC). Celles-ci ne participeront qu’au scrutin proportionnel, devenant en quelque sorte des « satellites » des « grands » partis, soit le PD, de centre gauche, et le PFU, conservateur. Plombés par une économie faible, une diplomatie au neutre avec la Corée du Nord et le scandale entourant la démission du ministre de la Justice, Cho Kuk, en octobre 2019, le président Moon Jae-in et son PD traînent dans les sondages. La gestion gouvernementale de la crise de la covid-19 contribue toutefois à leur relance. Deuxième pays le plus touché en février 2020 après la Chine, la Corée du Sud réagit promptement en adoptant des mesures efficaces. Alors que plusieurs pays reportent leurs élections, elle va de l’avant le 15 avril. Il y aurait alors environ 10 000 cas de covid-19 et 200 décès. Ces actions jouent pour le PD qui remporte 163 sièges et en contrôle 180 avec le PP. Cela constitue 60 % de la chambre, ce qui permettrait au président Moon Jae-in de faire avancer sa législation plus rapidement. Les 83 sièges du PFC, 103 avec le PFU, constituent un plancher pour la principale formation conservatrice en Corée du Sud. Aussi, son président, l’ex-premier ministre Hwang Kyo-ahn, démissionne. Malgré les mesures prises lors du vote – désinfection, port du masque, etc. – , 66,2 % des Sud-Coréens sont allés aux urnes, un sommet en 18 ans.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Yann Rousseau, « En pleine épidémie, la Corée du Sud organise sereinement des législatives cruciales »

«...Si quelques voix isolées avaient suggéré un report du scrutin en février dernier, à un moment où la Corée du Sud apparaissait comme l'un des pays le plus touchés au monde par le Covid-19, cette idée n'a jamais été soutenue par les grands partis, ni étudiée sérieusement par l'exécutif. « Les Sud-Coréens ont bien vu les reports de scrutins un peu partout dans le monde. Mais ici les électeurs étaient impatients de se faire entendre et de signifier leur attachement aux valeurs démocratiques » , explique Shin Kwang-Yeong, un professeur de sociologie de la Chung-Ang University. « Et comme la vie est restée relativement normale, ces élections n'ont jamais été perçues comme un évènement particulièrement risqué » , pointe Go Myong-Hyun, un analyste de l'Asan Institute for Policy Studies. Appliquant une stratégie de dépistage massif, de traçage précis des contacts des contaminés et de quarantaines strictes, la Corée du Sud n'a pas imposé de confinement à sa population. Et sa vie économique n'a jamais été gelée. Après plus de 520.000 tests, le pays a identifié 10.564 contaminations au Covid-19 dans une population de 52 millions de personnes. Seulement 222 malades sont décédés des suites de la pneumonie virale. « Les gens ont le sentiment que le scrutin peut se dérouler sans problème avec les bonnes mesures de précaution » , résume Shin Kwang-Yeong. »

Les Échos (France), 15 avril 2020, p. 7.

Philippe Mesmer, « En Corée du Sud, des élections sous haute surveillance sanitaire »

«...Organisées à mi-mandat du président élu en 2017, ces élections s'apparentent à un vote de confiance pour M. Moon, mais pas sur les sujets attendus. « L'épidémie a mis de côté toutes les critiques contre lui », estime Park Sung-min, directeur de l'institut Min Consulting. « La pandémie agit en faveur des démocrates. Les gens sont satisfaits de la gestion de la crise par le gouvernement », ajoute Kang Won-taek, politologue de l'université de Séoul, qui estime néanmoins que le Minju pourrait échouer à obtenir la majorité absolue des sièges car « les électeurs préfèrent un équilibre et savent que la situation économique et sociale sera très difficile après la pandémie. L'opposition conservatrice pourrait limiter les pertes, même si elle n'a pas pu tirer parti des difficultés rencontrées par l'administration Moon au début de la pandémie. Le 13 février, devant les patrons des conglomérats, Moon Jae-in insistait sur la relance économique, prédisant que « le Covid-19 sera passé sous peu ». La Corée du Sud comptait alors 28 cas, et aucun nouveau depuis quatre jours. Le lendemain, leur nombre explosait après la découverte d'un foyer de contamination au sein de la secte Shincheonji, obligeant M. Moon à revoir totalement sa stratégie. Il a alors parlé d'une « guerre » à mener contre un ennemi invisible et s'est personnellement investi, se rendant sur le terrain et se présentant toujours en public en portant un masque. »

Le Monde (France), 15 avril 2020, p. 8.

Gérald Papy, « Le virus de la démocratie »

«...Ce large succès (du Parti démocratique) est en grande partie dû à la gestion efficace de la crise du Covid-19 par le gouvernement. Sans cette dernière, il est plus que probable que les résultats obtenus auraient été beaucoup plus modestes. En février, alors que le pays était le deuxième le plus touché par le virus après la Chine, les pronostics étaient beaucoup plus serrés. [...] L'opposition qui, sans la crise du Covid- 19, aurait sans doute obtenu un bien meilleur résultat, a commis l'erreur de nommer comme tête de liste Hwang Kyo-anh, ancien Premier ministre sous la présidence Park Geun-hye. Il n'était sans doute pas le mieux placé pour incarner le changement et le renouvellement. Ce dernier a certes essayé de tirer parti des difficultés rencontrées en 2019 par le gouvernement, notamment du scandale lié à la nomination du ministre de la Justice Cho Kuk (NDLR : démissionnaire pour des soupçons de corruption). Mais il a commis plusieurs maladresses pendant la campagne électorale, notamment en accusant en février le gouvernement d' « incompétence et de négligence » dans la gestion de la crise sanitaire et en réclamant la démission du ministre de la Santé Park Neung-hoo. »

Le Vif/l’Express (Belgique), 23 avril 2020.

Nicola Smith, « Pandemic bounce for South Korea’s leader »

«...The turnout of 65.1 per cent was higher than any parliamentary elections in the country's democratic history, in what was widely viewed as a referendum on President Moon's handling of the Covid-19 crisis. The virus exploded in South Korea in February but has since been brought under control. Early exit polls suggested a strong show of confidence in his administrations' strategy of "trace, test, treat" which has held the number of infections at just over 10,500 and the death toll low at 229. Mr Moon's progressive, Leftist camp was on track to secure up to 177 seats in the 300-member parliament, according to major TV networks, which reported that the main conservative party was also expected to win as many as 131 seats. The pandemic appears to have been an unexpected boon for Mr Moon whose approval ratings were languishing at 41 per cent in January over his government's lacklustre economic performance. Following global praise for his pandemic response, the president's popularity had rebounded to 56 per cent by last week. The coronavirus pandemic had eclipsed Mr Moon's flagging efforts to make peace with North Korea and create a more equitable domestic economy, argued Andray Abrahamian, a visiting scholar at George Mason University Korea. "He's under pressure on both those fronts and I think the coronavirus issue has just swept those problems away," he told The Daily Telegraph. »

The Daily Telegraph (Royaume-Uni), 16 avril 2020, p. 12.

Gouvernance et gouvernement [ 15 avril 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireMoon Jae-inChung Sye-kyun

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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