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28 mai 2020

Adoption de la loi sur la sécurité nationale par le Parlement chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La contestation à l’endroit de la Chine est relancée à Hong Kong en mai 2020. L’adoption d’une loi sur la sécurité nationale à Beijing, puis d’une autre à Hong Kong sur le respect de l’hymne national chinois, incite des milliers de citoyens à descendre dans les rues pour protester.

L’été 2019 est marqué par des manifestations impressionnantes à Hong Kong. Les participants protestent alors contre un amendement envisagé à la loi sur l’extradition. Celui-ci est perçu comme une menace chinoise à leur autonomie et à la politique « un pays, deux systèmes » en vigueur depuis la rétrocession par le Royaume-Uni, en 1997. En mai 2020, le Congrès national populaire chinois suscite de nouvelles inquiétudes en proposant une loi sur la sécurité nationale. Ses articles les plus contestés interdisent l’interférence de forces étrangères à Hong Kong, permettent aux organes chinois de justice et de police de s’y établir et autorisent Beijing à prévenir, stopper ou punir toute conduite mettant en danger la sécurité nationale (séparatisme, terrorisme, etc.). Cette définition n’indispose pas la chief executive de Hong Kong, Carrie Lam, mais elle mobilise ceux qui y voient une menace à la liberté d’expression, dont les manifestations, et à l’indépendance du système judiciaire. Se greffe à cela un projet de loi hongkongais sur le respect de l’hymne national chinois qui suscite les passions. Malgré les dispositions prévues pour combattre la pandémie de la covid-19 – distanciation sociale, port du masque, etc. – , des milliers de citoyens prennent la rue. Défiant l’interdiction de manifester, ils défilent le 4 juin, lors de la commémoration des événements de la place Tian’anmen. La loi sur la sécurité nationale et celle sur l’hymne national sont néanmoins adoptées. De plus, la mobilisation est beaucoup moins forte qu’en 2019. Certains militants pro-démocratie envisagent même de quitter Hong Kong, répondant à l’invitation de Taïwan ou du Royaume-Uni qui leur ouvrent leurs portes. Les États-Unis décident pour leur part de révoquer le statut commercial préférentiel de Hong Kong, considérant que son haut degré d’autonomie n’est plus respecté par la Chine. Ce geste aurait des conséquences économiques importantes.

Dans les médias...


Jean-Pierre Cabestin, propos recueillis par Frédéric Schaeffer, « Il y a une Poutinisation de Hong Kong »

«...Il y a une « Poutinisation » de Hong Kong, avec une intimidation et une marginalisation indéniable des opposants. Pékin avance pas à pas et porte une nouvelle atteinte à sa promesse de 1997. Mais ceux qui annoncent la fin du principe d' « un pays, deux systèmes » ne connaissent rien à la réalité de la Chine communiste. L'air restera bien meilleur à Hong Kong, avec un système juridique indépendant et des libertés publiques qui n'existent pas sur le continent. [...] La survie du régime communiste est la priorité. Pékin ne veut pas que Hong Kong devienne une base de subversion de nature à le déstabiliser. Mais cela ne veut pas dire qu'il renonce au rôle économique de Hong Kong. Les autorités locales essaient d'ailleurs de rassurer les investisseurs et les multinationales en leur disant que cela ne changera rien au climat des affaires. Cela dépendra de la réaction de la société civile. Pékin mise sur la fragmentation du mouvement pro-démocratie et sur le fait que la classe moyenne de Hong Kong reste pour l'instant chez elle. Mais ce pari est loin d'être gagné. »

Les Échos (France), 28 mai 2020, p. 7.

S.A., « Qu’implique pour Hong Kong la révocation de son statut spécial par Washington? »

«...En 2018, c'est avec Hong Kong que l'excédent commercial américain était le plus élevé (31,1 milliards de dollars). Mais l'attitude à l'égard de la Chine ne cesse de se durcir au sein de l'administration Trump, en particulier en raison de la pandémie de coronavirus. Hong Kong reste un territoire capital pour Pékin, notamment pour les entreprises chinoises cherchant des devises étrangères ou souhaitant traiter avec des banques ou des courtiers internationaux. Mais l'ex-colonie britannique n'est plus aussi cruciale qu'elle a pu l'être. [...] Si Washington opte pour la fermeté, c'est "toute la connectivité financière entre la Chine et l'économie libre" qui sera menacée, estime Robert Spalding, expert des relations sino-américaines à l'Hudson Institute. "Les actions, les obligations, les transactions financières... Tout cela pourrait être mis en péril", a-t-il dit à Bloomberg News. »

Le Vif (Belgique), 28 mai 2020.

Janie Gosselin, « Manifestations prodémocratie : Pékin adopte une loi sur la sécurité nationale »

«...« L'introduction de la loi proposée sera un désastre pour Hong Kong et son peuple », répond sans détour dans un courriel Leo K. Shin, responsable de la Hong Kong Studies Initiative à l'Université de la Colombie-Britannique. La mesure vise à freiner les dissidents du régime chinois, qui manifestent depuis février 2019 - et à contenir une possible étendue du mouvement en Chine continentale -, « mais ironiquement, elle va apporter encore plus de tensions », estime M. Shin. [...] Leo K. Shin, qui a lui-même grandi à Hong Kong, voit trois raisons pour lesquelles la Chine a décidé d'aller de l'avant avec sa nouvelle mesure. Il cite l'« incompétence » du gouvernement actuellement en place à Hong Kong, qui « teste la patience de la Chine ». « Deuxièmement, l'émergence d'une guerre froide entre la Chine et les États-Unis change les calculs de la Chine en ce qui concerne Hong Kong, explique le professeur adjoint. Actuellement, le président de la Chine, Xi Jinping, semble penser qu'il est plus important de resserrer le contrôle sur Hong Kong que de profiter des avantages de Hong Kong comme vitrine sur le monde. » Enfin, il estime que Pékin a peut-être voulu profiter de la crise de la COVID-19, qui retient l'attention un peu partout, pour agir. »

La Presse (Québec, Canada), 29 mai.

S.A., « Hong Kong’s freedoms : Rule by fear »

«...it is hard to predict whether protests can grow. Young Hong Kongers face dismal job prospects and see the space for political expression rapidly shrinking. They may see little to lose in one last summer of defiance before facing the full wrath of new anti-subversion laws. But to control covid-19 all public gatherings are banned, which makes it easier for the police to stop protests. The restriction will remain in place at least until June 4th, the anniversary of the crushing of the Tiananmen Square protests in 1989 which Hong Kongers traditionally mark with a mass vigil. Police have refused permission for the usual event. Thereafter, police will reject many applications for protests, as they did last year citing possible violence. Furthermore, support for demonstrations may be ebbing. Last year the biggest ones attracted up to 2m people. This week office-workers groaned when managers urged them--once again--to work from home because of the risk of disruption to transport by protesters. After last year's chaos and this year's anti-virus measures, much of Hong Kong is desperate for normal life. Some ordinary folk with little interest in politics or love for China have cheered news of the national-security legislation. »

The Economist (Royaume-Uni), 30 mai 2020.

Gouvernance et gouvernement [ 28 mai 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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