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23 octobre 2011

Réélection de Cristina Kirchner à la présidence de l'Argentine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après un début de mandat difficile, marqué par un net recul de son parti aux législatives de 2009, la présidente argentine Cristina Kirchner retrouve un élan. Une bonne performance économique et la division des candidats d’opposition favorisent sa réélection au premier tour de la présidentielle du 23 octobre 2011 avec 54,1 % des votes.

Afin de respecter la Constitution, le président Nestor Kirchner se retire en 2007 en faveur de son épouse Cristina, alors sénatrice et première dame du pays. Plusieurs pensent alors qu’il ne s’agit que d’une transition et que son mari sera de nouveau candidat en 2011. Cristina Kirchner connait un mandat houleux. Sa popularité, que des sondages évaluent à 20 %, s'effrite sur la question des fonds de pension et un projet d’augmentation de taxes sur les exportations de certains produits agricoles qui mènera à un bras de fer avec les cultivateurs. Le Front de la victoire (FV), dirigé à ce moment par son mari Nestor, subit un recul aux législatives de mi-mandat en 2009, perdant le contrôle des deux chambres du Congrès. Cependant, Kirchner reprend un élan par la suite, notamment grâce à une meilleure situation économique. Elle est caractérisée par une réduction importante du taux de chômage ainsi qu'une forte croissance, estimée à 8 % en 2011, en raison de la demande internationale pour les produits agricoles argentins. D’autre part, le décès de Nestor, le 27 octobre 2010, met fin à une hypothétique candidature de sa part. Lorsque la campagne électorale précédant l’élection présidentielle du 23 octobre 2011 débute, Cristina Kirchner et son candidat à la vice-présidence, le ministre de l’Économie Amado Boudou, dominent les sondages. Malgré des divisions au sein des justicialistes, l'opposition n'est pas en mesure de présenter un front commun contre la présidente. Kirchner remporte le scrutin dès le premier tour par une marge record : 54,1 % des voix contre 16,8 % pour son plus proche rival, le socialiste Hermes Binner. L’ex-président Eduardo Duhalde, candidat des péronistes conservateurs, plafonne pour sa part à 5,9 %. Non seulement Kirchner domine à peu près partout, mais le Front pour la victoire et les justicialistes connaissent aussi du succès aux législatives.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Gérard Thomas, « Kirchner, l’irrésistible dame en noir »

«...La «dame en noir» ne perd d'ailleurs jamais une occasion d'évoquer la mémoire de son époux. «J'aurais tellement aimé que tu sois encore parmi nous, a-t-elle lancé dimanche midi en déposant son bulletin de vote dans l'urne. Tu as marqué la vie politique de l'Argentine, tu es rentré dans l'histoire.» Durant son mandat (2003-2007), Néstor Kirchner avait rétabli l'autorité de l'Etat après la terrible crise économique et sociale de 2001-2002, renégocié l'insupportable dette extérieure du pays en s'opposant aux diktats du Fonds monétaire international (FMI) et rouvert les procès contre les militaires tortionnaires de la dernière dictature (1976-1983, 20 000 morts et disparus). [...] «Cristina», comme elle est familièrement nommée sur les rives du rio de la Plata, a habilement su profiter de la disparition de son mari pour asseoir sa notoriété. «La mort de Néstor a été politiquement parfaite», confie un péroniste historique (membre du Parti justicialiste, fondé par Juan Domingo Perón en 1945) dans un demi-sourire. En quelques jours, la cote de popularité de la Présidente prend effectivement 20 points. Mais l'ascension politique de Cristina Kirchner s'est faite bien en amont, en symbiose avec l'intense désir de pouvoir de son mari. »

Libération (France), 25 octobre 2011, p. 8.

Thomas Cantaloube, « Cristina Kirchner ou l’édification d’un mythe argentin »

«...les Kirchner se forgent une image de populistes de gauche qui séduit aussi bien les classes populaires que moyennes. Et c'est à ce moment précis que Nestor Kirchner, qui avait déjà eu des problèmes cardio-vasculaires, décède. Sa mort surprend le pays (qui s'attendait à ce qu'il revienne à la présidence en 2011 ou 2015, dans un arrangement avec sa femme du type Poutine-Medvedev), et propulse Cristina dans un rôle de « veuve courage » . La dernière composante du kirchnérisme se met en place: c'est l'émotion. Nestor Kirchner devient tout simplement Nestor et l'idée qu'il est « mort pour son pays » commence à émerger. Un an plus tard, c'est-à-dire à l'occasion de la campagne de réélection de Cristina, l'iconographie kirchnériste est presque too much. Ses affiches établissent un curieux mélange entre son sort personnel et celui du pays autour du thème de la force: une Argentine et une femme fortes, mais aussi une épouse et une nation fortes, qui doivent surmonter la mort de leur grand héros... Pour un certain nombre d'intellectuels de gauche qui ont rallié les Kirchner, cela rappelle un peu trop l'imagerie péroniste, sa culture autoritariste et son culte de la personnalité. Mais cet élan kirchnériste rencontre une forte adhésion chez les jeunes. »

Mediapart (France), 23 octobre 2011.

S.A., « La présidente argentine Cristina Kirchner réélue dans un fauteuil »

«...La présidente argentine, Cristina Kirchner, a été élue, dimanche 23 octobre, dès le premier tour pour un nouveau mandat de quatre ans après un raz-de-marée électoral et s'est déclarée "impressionnée" par son résultat. "Ces chiffres m'impressionnent et je suis infiniment reconnaissante, a dit la présidente en s'adressant aux Argentins. Si j'avais parlé de ces chiffres-là il y a à peine deux ans, on nous aurait traités de fous !" "Je suis Ar-gen-tin, je suis sol-dat, sol-dat du pingouin !", chantaient autour d'elle les militants, en référence à l'ancien président et mari de Mme Kirchner décédé il y a un an, Nestor Kirchner (2003-2007). La présidente a souligné que plusieurs homologues d'Amérique latine l'avaient appelée pour la féliciter, dont la présidente du Brésil Dilma Rousseff, qui a eu "des mots très affectueux". Le président vénézuélien Hugo Chavez a, pour sa part, salué "le soutien sans appel" que les Argentins ont apporté à Mme Kirchner. »

Le Monde (France), 24 octobre 2011.

Alexei Barrionuevo, « Kirchner Archieves an Easy Victory in Argentina Presidential Election »

«...As recently as two years ago, Mrs. Kirchner had seemed a long shot to win a second four-year term. Her combative style, highlighted by a heated dispute over agricultural export taxes, sent her approval ratings below 30 percent. Economists predicted doom for the subsidy-heavy economic model first orchestrated by Mr. Kirchner to help the country recover from its economic collapse in 2001; rising inflation and accusations of doctored economic statistics clouded her prospects. The economy emerged as the central issue on voters’ minds. By many measures Argentina is booming: the economy is expected to grow by 8 percent this year, the fastest growth in Latin America; employment has reached record levels; and the poverty rate has been cut by more than half since 2007, the government said. The country continues to benefit from heavy government spending, high commodity prices and strong demand from China for its agricultural products. Still, by re-electing Mrs. Kirchner, 58, voters seemed willing to look past some troubling signs. Inflation has soared to over 20 percent in the past year, second only to Venezuela’s among major Latin American economies, economists said. And the government has continued to govern with a heavy hand and little tolerance for opponents, including among the news media. »

New York Times (États-Unis), 23 octobre 2011.

Gouvernance et gouvernement [ 23 octobre 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Argentine
IntermédiaireCristina Fernandez de Kirchner

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



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2007
Élection de Cristina Kirchner à la présidence de l'Argentine

octobre
2007
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2007
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octobre
2011
Réélection de Cristina Kirchner à la présidence de l'Argentine

octobre
2011
[Résultats] Élection présidentielle

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[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2015
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