28 octobre 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Valeurs     Jeux   

9 décembre 1992

Début d’une intervention militaire internationale en Somalie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

En réaction à une importante famine et une guerre civile qui perdure en Somalie, les Nations unies (ONU) autorisent une intervention militaire internationale en 1992. Malgré le déploiement de milliers de soldats, elle prendra fin en 1994 sans avoir réussi à pacifier le pays.

Alors que la Somalie est aux prises avec une importante famine et une guerre civile sanglante s’intensifiant après la chute du président Siad Barre en 1991, l’ONU tente en 1992 de venir en aide aux victimes. Toutefois, des groupes armés empêchent l’acheminement des secours. Le Conseil de sécurité de l’ONU autorise une intervention militaire internationale dirigée par les États-Unis pour rétablir l'ordre. Connue sous le nom de code Restore Hope, cette opération est marquée par un déploiement des Marines étatsuniens. Ceux-ci débarquent le 9 décembre 1992 sur les plages de la capitale Mogadiscio. Ils seront suivis des troupes internationales sous mandat de l'ONU. La force internationale occupe des points clés du pays à la fin de décembre, permettant de faciliter la protection des convois de nourriture et de ravitaillement destinés à la population. Cinq mois après le premier déploiement, le commandement des opérations est transféré des États-Unis vers l'ONU: le général turc Cevik Bir commande alors une force armée composée de 28 000 hommes, dont 5000 Étatsuniens. Cependant, elle se révèle incapable de mettre fin aux guerres claniques ravageant le pays. Quand le plus important chef de guerre somalien, Mohammed Farah Aidid, commence à attaquer directement les Casques bleus en juin 1993, son élimination devient un objectif prioritaire. Le point tournant de l'intervention internationale est la bataille de Mogadiscio les 3 et 4 octobre 1993, alors que les forces étatsuniennes échouent dans leur tentative de capturer Aidid. Leurs 19 morts, et une vidéo montrant le cadavre d'un soldat traîné dans les rues de la ville, choquent l'opinion publique. Sous pression, le président Bill Clinton ordonne le retrait des forces armées de Somalie. Il est effectif le 25 mars 1994, alors que le personnel de l'ONU se retire l’année suivante, laissant le pays déchiré.

Dans les médias...


S.A., « La redéfinition de l’engagement américain en Somalie : le spectre vietnamien »

«...Bill Clinton a-t-il trouvé la formule magique pour sortir du piège somalien ou bien met-il le doigt dans un engrenage rappelant l'engagement américain au Vietnam ? Le président des États-Unis devait tenir compte d'une opinion publique traumatisée par des images insoutenables en provenance de Mogadiscio et d'un Congrès soucieux de voir les " boys " revenir au plus vite " à la maison ". Sa décision, annoncée définitivement jeudi 7 octobre, est double. Les États-Unis quitteront la Somalie. Mais pas dans l'immédiat. Le retrait, a dit le président, devra être effectif avant le 31 mars prochain. Mais, en attendant Washington augmentera considérablement la présence américaine sur le terrain. [...] Quelque dix mille soldats américains seront donc engagés - directement ou indirectement - avant de quitter " honorablement " le pays, c'est-à-dire avec l'espoir que, d'ici là, un semblant d'ordre aura été rétabli à Mogadiscio et un embryon d'Etat enfin mis en place dans le pays. Ne cesser d'envoyer des renforts tout en affirmant une volonté de désengagement rappelle désagréablement la guerre du Vietnam...»

Le Monde (France), 9 octobre 1993, p. 1.

François Brousseau, « Somalie : du succès à l’enlisement »

«...À ne retenir que les images horribles en provenance de Mogadiscio, on pourrait facilement conclure à l'échec de la mission de l'ONU en Somalie, déclenchée avec on sait quelle fanfare il y a quelque neuf mois. Mais ce serait une erreur. Pour la grande majorité des Somaliens et sur la majeure partie d'un territoire encore hier totalement décimé par la guerre et la famine, cette mission est au contraire un succès remarquable. En Somalie, on mange aujourd'hui à sa faim. Mieux: dans le sud du pays, les cultures recommencent à pousser; une économie et un semblant de souveraineté locale sont en train de renaître. Mais il y a un «mais»: dans la capitale Mogadiscio, plus précisément dans une moitié de cette capitale, un chef local dénommé Aïdid - en passe de devenir un nouveau Saddam Hussein dans la presse occidentale - refuse la présence des étrangers armés et leur fait la guerre ouverte en criant «Dehors les colonialistes!» Un chef dont la popularité est plus grande qu'on ne l'aurait d'abord cru, et dont les hurlements démagogiques anti-américains se sont avérés payants. »

Le Devoir (Québec, Canada), 7 octobre 1993, p. A8.

Don Oberdorfer, « The path to intervention »

«...As the United States feels its way toward new international roles in the post-Cold War world, the deliberations and decisions of the past several weeks may have more than fleeting significance. Unlike previous large-scale military operations, there is no U.S. strategic or economic interest in the Somalia deployments, as the NSC deputies agreed at the very start of their discussions. The U.S. action in Somalia, which has startled many Americans, responds to a different set of priorities, including a growing belief in this country that only the United States is equipped to lead efforts to deal with some international crises and disasters. As Bosnia and many other conflicts testify, however, U.S. policymakers are not prepared to intervene in every such crisis. Two important criteria for the administration in Somalia were the scale of the disaster and the likely effectiveness of U.S. intervention. "This is a tragedy of massive proportions," said acting Secretary of State Lawrence S. Eagleburger, "and, underline this, one that we could do something about. We had to act." »

Washington Post (États-Unis), 6 décembre 1992.

Gouvernance et gouvernement [ 9 décembre 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Somalie
TransitionAli Mahdi MuhammadUmar Arteh Ghalib

États-Unis
ÉlevéGeorge H.W. Bush

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 2002



avril
1988
Signature d'un accord de paix mettant fin à la guerre de l'Ogaden

janvier
1991
Renversement du président somalien Siad Barre

décembre
1992
Début d’une intervention militaire internationale en Somalie


Dans l'actualité


mars
2018
La Somalie continue de reculer face à la corruption

avril
2017
Le travail infantile africain : une question de survie?

février
2015
Réfugiés climatiques : le défi africain du XXIe siècle?

février
2015
L'infini bourbier somalien

mars
2014
Les camps de réfugiés somaliens : une situation critique qui perdure

novembre
2013
L'islamisme dans la Corne de l'Afrique : un danger pour la démocratie

novembre
2012
Somalie : une nouvelle étape vers la démocratie

février
2012
Fin de la famine en Somalie : mythe ou réalité?

septembre
2011
Somalie : l'ONU demande une aide humanitaire d'urgence

février
2010
La piraterie somalienne : une réponse à l'injustice ?


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019