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3 octobre 1994

Élection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La fin du mandat du président brésilien Itamar Franco est marquée par un important problème d’inflation que le gouvernement combat avec le plan du ministre des Finances Fernando Henrique Cardoso. La popularité de ce plan contribue à la victoire de ce dernier dès le premier tour de l’élection présidentielle du 3 octobre 1994, avec 54,3 % des voix.

À la suite de la démission de Fernando Collor en 1992, le vice-président Itamar Franco devient le chef de l’État. Il pose des actions contre la corruption, mais cette période est également caractérisée par une situation économique difficile. Le ministre des Finances, Fernando Herique Cardoso, dépose en 1994 un plan visant à contrer l’inflation. Il est approuvé en février. Selon ce plan, une augmentation de taxes, des coupures budgétaires et un lien entre la nouvelle devise, le real, et le dollar américain doivent permettre au gouvernement d’équilibrer le budget et de lutter contre l’inflation, estimée à 40 % par mois. En mars de la même année, Cardoso, un intellectuel de renom, quitte son poste afin de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre, avec l’appui du président Franco. À ce moment, Luiz Inacio Lula da Silva, candidat de gauche aux élections de 1989, mène dans les sondages. Il met l’accent sur la lutte aux inégalités de revenu et à l’assistance aux plus démunis qui ne profitent pas des politiques économiques libérales de Cardoso. Cependant, au cours de l’été, la popularité de ce dernier augmente grâce au succès de son plan anti-inflationniste qui entre en vigueur. La stabilisation des prix est très appréciée, incitant des électeurs plus pauvres à préférer Cardoso à Lula da Silva. De plus, le candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) obtient le soutien de deux autres formations, soit le Parti travailliste et le Parti du front libéral. Ainsi, malgré la présence de huit candidats en lice, Cardoso remporte le scrutin dès le premier tour, le 3 octobre 1994, avec une majorité absolue, soit 54,3 % des voix contre 27 % pour Lula da Silva, son rival le plus sérieux. Le PSDB ne récolte que 62 des 513 sièges en jeu aux législatives ayant lieu le même jour, mais il aura le soutien d’autres partis, dont le Parti du mouvement démocratique brésilien, arrivé en tête avec 107 élus.

Dans les médias...


Dominique Dhombres, « Brésil : Fernando Henrique Cardoso annonce une transition « en douceur » et de nouvelles privatisations »

«...M. Cardoso s'est félicité du " bon niveau " de la campagne, et a fait l'éloge de son concurrent malheureux, Luiz Inacio Lula da Silva. Il a surtout parlé d'économie, affirmant que la poursuite du plan Real de stabilisation et de lutte contre l'inflation, qu'il avait lancé lorsqu'il était ministre des finances, serait la priorité de son futur gouvernement. M. Cardoso a solennellement déclaré à ce sujet qu'il n'y aurait pas de retour au système d'indexation des salaires sur les prix, ce mécanisme ayant été selon lui pendant des années le principal moteur de l'inflation. Le président élu est favorable à l'entrée de capitaux étrangers dans des secteurs qui leur sont actuellement pratiquement fermés, comme les télécommunications et l'énergie. Il a rappelé que seize installations hydroélectriques qui avaient été mises en chantier n'avaient pu être terminées, faute de moyens financiers. Des appels d'offres, ouverts aux sociétés étrangères, permettraient également de construire les nombreux centraux téléphoniques dont le Brésil a besoin pour s'équiper. »

Le Monde (France), 8 octobre 1994, p. 6.

Thomas Le Masson, « Les milieux financiers optimistes à moyen terme pour les marchés brésiliens »

«..." Cardoso est pour la Bourse brésilienne le président idéal " , souligne François Méreau, de FP Consult, gestionnaire financier délégué de la sicav CIC Amérique latine qui vient d'être lancée sur le marché français. Le président Cardoso jouit d'abord d'un grand prestige en ayant réussi à ramener - pour l'instant - une inflation mensuelle à deux chiffres par mois, à des niveaux actuels de 2 % seulement. Une politique qui a permis à la nouvelle monnaie brésilienne, le réal, de très bien se tenir, même trop bien, les flux de capitaux vers le Brésil s'accélérant ces dernières semaines... Hier, la monnaie brésilienne s'inscrivait à 0,85 réal pour 1 dollar, alors que celle-ci était à parité avec le billet vert l'été dernier. " Il y a même des rumeurs de taxes sur les investissements en actions, tellement la banque centrale brésilienne et le ministère des Finances sont inquiets de la force du réal " , explique Feike Goldsmith, au service actions Amérique latine chez le courtier Baring Securities. Le marché brésilien devrait aussi profiter de l'annonce d'un programme de privatisations important et de perspectives de fortes hausses des profits des entreprises cotées. »

Les Échos (France), 7 octobre 1994, p. 28.

James Brook, « Man in the News: Fernando Henrique Cardoso; Brazil’s big winner »

«...Mr. da Silva charged that Mr. Cardoso's business backers were artificially holding back price rises and that the anti-inflation plan would fall apart after the election. In interviews during the campaign, Mr. Cardoso vowed to open oil, telephone, mining and public works to foreign companies, to gradually privatize state companies, to maintain Brazil's six-month-old foreign debt accord, and to maintain trade policies that have rapidly opened up an economy larger than Russia's. For the first time in almost a decade of civilian rule, Brazilians say they believe that their president will have the political power to carry out many of his promises. On Monday Mr. Cardoso's three-party coalition apparently won a loose majority in Congress. Centrist candidates also fared well in races for powerful state governorship posts. »

New York Times (États-Unis), 5 octobre 1994.

Agence France-Presse, « Élu hier, Cardoso est déjà soumis à toutes sortes de pressions »

«...L’ensemble des commentateurs politiques brésiliens sont unanimes à souligner que la « victoire de M. Cardoso a été facile » mais que « le plus dur reste à venir », faisant allusion à l'alliance que le candidat social-démocrate a forgée avec deux partis de droite, le Parti du Front libéral (PFL) et le Parti travailliste brésilien (PTB), pour assurer sa victoire [...]. Pour l’éditorialiste du quotidien Jlobo de Rio, Marcio Moreira Alvés, le nouveau président va rencontrer trois difficultés: « Cohabiter trois mois avec le gouvernement sortant du président Itamar, installer dans chacun des 26 états et le district fédéral des membres de son parti ou des alliés et assurer la continuité du plan économique...»

La Presse (Québec, Canada), 6 octobre 1994.

Gouvernance et gouvernement [ 3 octobre 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireItamar Augusto Cautiero Franco

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1989 - 1999



novembre
1989
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1989
Élection de Fernando Collor de Mello à la présidence du Brésil

octobre
1990
[Résultats] Élections législatives

mars
1991
Signature du traité menant à la création du Mercosur

juin
1992
Ouverture du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro

octobre
1992
Émeute dans la prison Carandriu de Sao Paulo, au Brésil

décembre
1992
Démission du président brésilien Fernando Collor

avril
1993
Tenue d’un référendum sur le régime et le système politique au Brésil

octobre
1994
Élection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

octobre
1994
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Réélection de Fernando Henrique Cardoso à la présidence du Brésil

octobre
1998
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1998
[Résultats] Élections législatives


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