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22 novembre 2015

Élection de Mauricio Macri à la présidence de l'Argentine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Les alliés péronistes de la présidente Cristina Kirchner échouent dans leur tentative d’amender la Constitution pour permettre à celle-ci de se présenter pour un troisième mandat consécutif. Lors de l’élection présidentielle du 22 novembre 2015, les Argentins tournent la page sur 12 années de kirchnerisme en élisant Mauricio Macri.

Le second mandat de Cristina Kirchner à la tête de l'Argentine est marqué par des problèmes personnels. Le 8 octobre 2013, sa santé vacillante la force à subir une opération chirurgicale au cerveau, l'empêchant d'aider son parti aux élections législatives se tenant plus tard dans le mois. Lors de ce scrutin, la faction de la présidente au sein du Parti justicialiste (PJ) encaisse des pertes, mais garde le contrôle des deux chambres législatives. Cependant, comme ses alliés au Congrès n'ont pas les deux tiers des sièges dans les deux chambres, ils ne peuvent amender la Constitution de façon à permettre à Kirchner de solliciter un troisième mandat consécutif. D’autre part, en 2014, Standard & Poor's abaisse la cote de crédit de l'Argentine en raison du défaut de paiement sur une partie de ses dettes. Kirchner ne pouvant être sur les rangs, l'élection présidentielle du 22 novembre 2015 oppose principalement Daniel Scioli du PJ et Mauricio Macri de la Proposition républicaine. Scioli, vice-président de 2003 à 2007, se présente comme la continuité des Kirchner, mari et femme, s’engageant à augmenter le financement des programmes sociaux. Macri, maire de Buenos Aires de 2007 à 2015, propose pour sa part des mesures économiques libérales, comme une déréglementation du contrôle monétaire ou l'encouragement aux investissements étrangers. Il se positionne comme le candidat du changement, les mandats des Kirchner ayant été marqués par une hausse de l'inflation, des déficits et des scandales. Les sondages donnent une avance confortable à Scioli, mais lors du premier tour, le 25 octobre 2015, il ne récolte que 37 % des voix contre 34 % pour Macri. Lors du second tour, le 22 novembre, Macri l’emporte avec 51,3 % des votes contre 48,7 %. Cette victoire surprise met fin à 12 années de kirchnerisme, puisque Nestor, le mari de Cristina, a été à la tête de l’État de 2003 à 2007.

Dans les médias...


Agence France-Presse, « Le libéral Mauricio Macri, nouveau président d'Argentine »

«...[À] 56 ans, le maire de Buenos Aires a battu celui qui était pourtant le favori du scrutin avant le premier tour de l’élection. Candidat de Cambiemos (« changeons »), Mauricio Macri est à la tête d’une large coalition allant des radicaux de feu le président Raul Alfonsin (centre gauche) à la droite conservatrice. Chouchou des milieux d’affaires, il a aussi été soutenu par à peu près tous les Argentins qui voulaient, provisoirement ou durablement, en finir avec le kirchnérisme. Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d’Argentine, promet en effet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) puis Cristina Kirchner [...] Sans majorité à la chambre des députés, ni au Sénat, Mauricio Macri devra tisser des alliances pour gouverner l’Argentine, avec une opposition péroniste détenant la majorité absolue au Sénat et une majorité relative de députés. »

Le Monde (France), 23 novembre 2015.

Mathilde Guillaume, « Mauricio Macri, le coureur de fonds de l’Argentine »

«...La victoire de Mauricio Macri est avant tout due à l'usure du pouvoir des Kirchner, après douze ans à la tête du pays. Quatre premières années mythiques de présidence de Néstor Kirchner (aujourd'hui décédé), synonymes de sortie de la pire crise que le pays ait jamais connue, de politiques sociales ambitieuses et de combat pour les droits de l'homme. Puis sont venus deux mandats de sa femme, Cristina, qui a radicalisé les positions de son mari et cristallisé autour de sa personne une dévotion de la part de quelques-uns et l'exaspération des secteurs les plus influents de la société. Macri et son équipe ont su capitaliser cette bronca et cette profonde envie d'alternance. La désignation, par la Présidente, du dauphin par défaut Daniel Scioli, ancien gouverneur de la province de Buenos Aires au bilan très mitigé, qui a été perçue comme un énième abus de pouvoir, a fait le reste. A tel point que c'est la première fois dans l'histoire argentine qu'un candidat libéral arrive au pouvoir par les urnes. Les Kirchner ont pourtant joué à fond sur la peur du néolibéralisme, profondément ancrée dans l'ADN argentin après les noires années 90 et la présidence de Carlos Menem, qui a mené au chaos et à la ruine de 2001. Sans succès. »

Libération (France), 24 novembre 2015, p. 16.

Guy Taillefer, « Argentine – Cumbia électorale »

«...Les Argentins ont porté dimanche à la présidence le candidat de centre droit Mauricio Macri, en décidant -- encore que de justesse -- de marquer une rupture sur le plan électoral après les douze ans de pouvoir hégémonique des Kirchner mari et femme. Moins alternance utile à la démocratie que manifestation de fatigue anti-péroniste. La cassure est électoralement spectaculaire. D'abord parce que c'est la première fois dans l'histoire argentine qu'un candidat porteur d'un programme ouvertement de droite arrive au pouvoir par les urnes. Le glissement est donc évident. Ensuite parce que c'était aussi la première fois que les Argentins se rendaient aux urnes pour un second tour. La victoire de M. Macri n'en est que plus frappante. Pour autant, il est probablement exagéré d'attendre de cette présidentielle qu'elle annonce un véritable changement de cap. Toutes choses égales d'ailleurs, les Argentins ont en partie réagi comme a réagi l'électorat canadien il y a quelques semaines -- par emballement pour Justin, certes, mais aussi par net sentiment anti-Harper. »

Le Devoir (Québec, Canada), 24 novembre 2015, p. A6.

Joshua Partlow, « Mauricio Macri Elected President of Argentina »

«…The stunning opposition victory marks a major shift in Latin American politics, ending a dozen years of leftist rule, first by Nestor Kirchner and then his wife, Cristina Fernández de Kirchner, a tenure marked by increasingly fiery anti-American rhetoric and protectionist policies that isolated Argentina and diminished its influence in the hemisphere. Macri, a 56-year-old engineer raised in a prominent business family, was given little chance to win before the first round of voting last month, as many assumed Fernández’s Peronist party, with its heavy spending on social welfare programs, had an iron grip on power. But he tapped into the widespread anger about corruption in the ruling party, as well as rampant inflation and anemic growth, with his proposals to reform the state-run economy to attract foreign investment and soothe disputes with the United States and the rest of the world. Macri's campaign slogan was direct: “Let’s change.”»

Washington Post (États-Unis), 23 novembre 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 22 novembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Argentine
IntermédiaireCristina Fernandez de Kirchner

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2010 - 2016



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2011
Réélection de Cristina Kirchner à la présidence de l'Argentine

octobre
2011
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2015
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2015
Élection de Mauricio Macri à la présidence de l'Argentine


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