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3 novembre 2020

Élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Grâce à de courtes majorités dans plusieurs États clés, l’ex-vice-président des États-Unis, le démocrate Joe Biden, défait le président sortant, le républicain Donald Trump. Cette élection à laquelle 67 % des électeurs éligibles participent, le taux le plus élevé depuis 1900, permet aussi pour la première fois à une femme, la sénatrice Kamala Harris, d’accéder à la vice-présidence.

Le mandat du président Trump est marqué par le style flamboyant et controversé de ce dernier qui contribue à polariser les Étatsuniens. Aussi, en dépit de solides performances économiques, le Parti républicain connait un recul aux élections de mi-mandat, en 2018. Pour faire face au président, les démocrates misent sur Joe Biden. Sénateur de 1973 à 2009, celui-ci a été le vice-président sous Barack Obama de 2009 à 2017. Il est perçu comme plus centriste que ses principaux adversaires dans la course à l’investiture démocrate, comme Bernie Sanders ou Elizabeth Warren. L’année électorale 2020 est influencée par un enjeu qui se précise à partir de mars : l’éclosion de la pandémie de covid-19. Celle-ci a fait plus de 200 000 morts au moment où la campagne bat son plein, en septembre. Joe Biden en fait un de ses chevaux de bataille, accusant le président de négligence. Il domine la plupart des sondages, mais le 3 novembre au soir Trump prend les devants, conservant la Floride et menant dans plusieurs États clés (swing states). Ce qui l’incite à proclamer sa victoire à 2 heures 30 du matin. Le vent tourne toutefois par la suite, notamment à cause du vote par correspondance, particulièrement volumineux dans le contexte de la pandémie, qui favorise les démocrates. Les résultats étant serrés dans plusieurs États (Arizona, Géorgie, Caroline du Nord, etc.), les jours qui suivent se déroulent dans un climat tendu. Les résultats en Pennsylvanie incitent finalement les médias à donner Biden gagnant le 7 novembre. Le président refuse cependant de reconnaître ce résultat, se disant victime d’une fraude qu’il va contester. Pour sa part, Biden célèbre sa victoire avec sa colistière Kamala Harris, une sénatrice afro-américaine de la Californie qui deviendra la première femme vice-présidente. Celui qui déclare « Je promets d’être un président qui ne cherche pas à diviser mais à unifier », sera, à 78 ans, le plus vieux président élu de l’histoire.

Dans les médias...


Adrien Jaulmes, « La mue d’un vieux politicien en homme providentiel »

«...Par contraste avec le style flamboyant du président, Biden trouve son rôle dans le grand désarroi ambiant. Le vieux politicien un peu ringard se met à évoquer à l'Amérique des jours plus heureux, comme dans un tableau de Norman Rockwell. Et comme dans un film de Clint Eastwood, où le semi-retraité un peu irascible et maladroit devient le seul espoir face à la brute du quartier, Biden, l'ancien sénateur, incarne soudain des valeurs presque oubliées de décence et de droiture. Même son accent, ses expressions un peu datées, « Les amis ! » , jouent à présent en sa faveur. Biden n'est pas un intellectuel distant comme Obama, ou une patricienne arrogante comme Hillary Clinton. Il est le gars de Scranton, Pennsylvanie. Même le surnom dont Trump l'a affublé, « Joe l'endormi » , contribue à le rendre sympathique. En pleine pandémie, son côté boy-scout un peu tarte devient rassurant. On le compare à M. Rogers, héros gentil et un peu gnangnan de la télévision américaine des années 1960. Les affaires de corruption et les frasques d'un fils dissolu n'émeuvent personne. La gauche démocrate a pris son parti. [...] À 77 ans bien sonnés, à la fin d'une carrière politique sans éclat, un concours de circonstances inédit a fait du vieux politicien un homme providentiel. »

Le Figaro (France), 9 novembre 2020, p. 4.

Pierre Melandri cité par William Bourton, « Radiographie du vote : le « trumpisme » a pris racine »

«...Il est clair que la perception de la situation de l’économie nationale apparaît comme un critère déterminant. Les gens satisfaits seront enclins, toute autre considération exclue, à vouloir garder les sortants ; ceux qui ne le sont pas à les sortir. [...] « D’un côté, divers autres sondages suggèrent que les Américains sont plus nombreux à estimer, encore aujourd’hui, et en dépit de la pandémie, leur situation personnelle meilleure qu’à l’arrivée de Trump. Mais ils estiment majoritairement que la situation économique du pays s’est dégradée. En tout cas, le sondage suggère une répartition à peu près égale entre les satisfaits et des insatisfaits. De l’autre, on peut se demander si, dans un pays aussi polarisé que l’Amérique d’aujourd’hui, la sensibilité politique n’influe pas grandement sur l’évaluation de l’économie. Autrement dit, les Républicains ont sans doute tendance à percevoir cette dernière à travers un prisme plus rose, les Démocrates à travers un prisme plus sombre … En tout cas, cette impression semble renforcée par le fait que l’économie a été le facteur de loin le plus important pour ceux qui ont voté Trump (82 % d’entre eux la désignent comme tel) alors qu’elle n’a joué qu’à la marge (17 %) chez les électeurs de Biden. Confirmation ultime de cette impression : 76 % de ceux qui ont voté Trump voient dans la relance de l’économie l’impératif prioritaire, alors que 80 % des électeurs de Biden l’identifient à la lutte contre le coronavirus. » »

Le Soir (Belgique), 7 novembre 2020, p. 6.

Valérie de Graffenreid, « Donald Trump n’a pas dit son dernier mot »

«...Même si les urnes sanctionnent Donald Trump, qui deviendrait ainsi le premier président sortant à ne pas être réélu depuis 1992, il n'aura pas tout à fait perdu. Car il a fait mieux que prévu (déjà cinq millions de voix de plus qu'il y a quatre ans). Il a ainsi pu démontrer que son élection de 2016 n'était pas un accident de l'histoire, que le « trumpisme », qui a profondément métamorphosé le Parti républicain, a su s'imposer et même se développer. Malgré sa présidence contestée, un procès en destitution, malgré ses contre-vérités érigées en arme de gouvernance et sa gestion problématique de la pandémie du coronavirus, qui a déjà fait plus de 232 000 morts et plongé le pays dans une grave crise sanitaire, économique et sociale, il continue d'être plébiscité par près de la moitié du pays, un élément que personne ne peut ni ne doit ignorer. Selon des sondages à la sortie des urnes, 93% des républicains auraient voté pour lui. Plus surprenant, Donald Trump aurait même renforcé sa popularité auprès de certaines minorités, comme par exemple les femmes noires. De manière plus générale, il a gagné des points chez les Afro-Américains (12%) et les Latinos (32%) par rapport à il y a quatre ans. L'Amérique restera profondément divisée, et la tâche de Joe Biden, qui veut s'imposer en président rassembleur, sera lourde en cas d'élection. »

Le Temps (Suisse), 6 novembre 2020, p. 4.

Jean-Simon Gagné, « Joe Biden en mission impossible »

«...Pour sauver son système démocratique et affronter ses crises existentielles, l’Amérique devra (probablement) s’en remettre à Joe Biden. Un gars peut-être très gentil, mais que personne ne risque de confondre avec Abraham Lincoln, Nelson Mandela ou même Tom Cruise dans les films Mission impossible. Des adversaires l’ont même déjà décrit à la blague comme «superpoliticien». Un superhéros manqué qui, lorsqu’il aperçoit la lumière au bout du tunnel, s’empresse de rallonger le tunnel. [...] L’Amérique se déchire. Entre ceux qui veulent multiplier les mesures sanitaires et ceux qui veulent garder l’économie ouverte, quel qu’en soit le prix. Entre ceux qui croient au réchauffement climatique et ceux qui l’associent à un canular. Entre ceux qui font confiance aux statistiques officielles, et ceux qui les traitent comme un outil de propagande ennemie. C’est tout? Non. Ajoutez-y une nouvelle fracture entre ceux qui croiront que Joe Biden est un président légitime, et ceux qui prétendront qu’il a volé les élections. Les partisans de Joe Biden diront que leur favori est un habitué des situations désespérées. À plusieurs reprises, depuis qu’il a présenté sa candidature à la présidence, Monsieur a été jugé battu, fini, anéanti. L’équivalent politique d’une marmotte aplatie sur le bord de l’autoroute. Le 4 novembre, aux petites heures du matin, tout semblait perdu pour lui. Une fois de plus, Biden a pourtant rebondi, tel un Monsieur Culbuto, ce jouet qui finit toujours par se redresser, après avoir été renversé. »

Le Droit (Canada), 7 novembre 2020, p. 44.

S.A., « Biden must govern from the middle »

«...As for the winner's philosophy, that was left somewhat vague in order to appeal both to moderate Republicans and the far-Left Sanders supporters. Many conservative-minded Americans feared that he might be a Trojan horse for socialism or the woke agenda, and this could be why Mr Trump ended up doing historically well among ethnic minorities, particularly Latinos (anyone with personal or family experience of socialism is likely to vote against it). Against expectations, the Republicans performed well at a local and congressional level, too, and can now act as a check on the Biden presidency. If only Mr Trump had banked that political capital and acknowledged his personal defeat with good grace, he could now move on with dignity. Unfortunately, the same ego that put him in this contest in the first place dictated the way he got out of it: character is fate. Historians will likely conclude that Mr Biden won in large part because he wasn't Mr Trump, and hopefully he will infer from the breadth of his coalition, which includes disaffected Republicans, that he must now govern from the middle. »

Sunday Telegraph (Royaume-Uni), 8 novembre 2020, p. 25.

Gouvernance et gouvernement [ 3 novembre 2020 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2015 - 2016



octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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