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18 décembre 2005

Élection d'Evo Morales à la présidence de la Bolivie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Evo Morales

Le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, est élu à la présidence de la Bolivie avec 1 544 374 votes (53.7%). Il devance son principal adversaire, Jorge Quiroga Ramirez du Pouvoir démocratique et social (PODEMOS), qui obtient pour sa part l'appui de 821 745 électeurs (28.6%).

La majorité obtenue par Morales au premier tour met fin aux espoirs de Quiroga Ramirez, qui a présidé la Bolivie de 2001 à 2002, d'occuper de nouveau la présidence. Candidat défait lors de l'élection présidentielle de 2002, Evo Morales devient le premier Amérindien élu à la tête de l'État bolivien. Son parti, le MAS, obtient également la majorité des sièges à la Chambre des députés alors qu'elle lui échappe de peu au Sénat. La victoire de Morales s'inscrit dans la lignée de celles d'autres leaders de gauche sud-américains qui ont accédé au pouvoir au cours des dernières années (Luiz Inacio Lula da Silva, Hugo Chavez, etc.). Tout en exprimant le désir de s'attaquer au trafic de la drogue, le jeune président de 46 ans souhaite aussi protéger les producteurs de coca ainsi que l'autonomie de son gouvernement face aux Etats-Unis. Sa première visite à l'étranger se fait d'ailleurs à Cuba, à la fin du mois de décembre 2005. Le 1e mai 2006, Morales fait une annonce importante en décrétant la nationalisation des hydrocarbures.

Pour en savoir plus: I Believe Only in the Power of the People

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Lamia Oualalou, « La Bolivie a élu son premier président indien »

«...Mais c'est surtout l'absence de cadres qui inquiète. Quel ministre des Affaires étrangères pour faire entendre aux Etats-Unis que, pour la première fois, leur ambassade n'aura pas droit de regard sur les nominations au gouvernement ? Quel ministre des Hydrocarbures pour faire accepter au Brésil et à l'Argentine une forte augmentation des prix du gaz qui leur est destiné ? Qui, aux Finances, reprendra le dossier de la dette, la plus importante de l'histoire de la Bolivie ? « Il faut reconnaître que 99,99 % d'entre nous n'ont pas la moindre expérience de la vie publique », précise Carlos Villegas, le conseiller d'Evo Morales pour les questions économiques. Or le nouveau pouvoir bolivien semble refuser pour l'instant de suivre le modèle du Venezuela, qui a compensé cette lacune en faisant appel à des Cubains pour organiser ses programmes médicaux et universitaires. « Nous sommes ouverts à toutes les collaborations, avec la France, l'Espagne, Cuba, le Brésil », déclare Alvaro Garcia Linera. Un silence, et le nouveau vice-président de poursuivre : « Mais nous ne nous jetterons dans les bras d'aucun Commandant. »

Le Figaro (France), 20 décembre 2005, p. 3.

Jean-Hébert Armengaud, Reza Nourmamode, « Eva Morales, l'Indien qui réveille la gauche bolivienne »

«...Par son parcours, Evo Morales est donc au carrefour des principales revendications qui ont marqué la Bolivie depuis une quinzaine d'années. Syndicales et politiques d'abord, contre la libéralisation des années 90 privatisations tous azimuts, y compris celle du système des retraites. Et celles d'une sorte de « nationalisme indien » qui, bien au-delà des revendications culturelles, accuse la « colonisation » l'arrivée, au XVIe siècle, des Espagnols de tous les retards économiques et sociaux. « Durant plus de cinq cents ans, on a sorti de notre Terre Mère - la Pachamama - de l'or, de l'argent, de l'étain... Mais tout a été emporté à l'extérieur », dénonce ainsi Evo Morales, qui proclamait, dimanche soir : « Pour la première fois, nous sommes présidents ; Aymaras, Quechuas, Chiquitanos, Guaranis... nous avons enfin gagné. » »

Libération (France), 20 décembre 2005, p. 7.

Guillaume Bourgault-Côté, Violaine Ballivy, « Un premier président indien en Bolivie »

«...Dès sa victoire confirmée (Morales), et malgré les interdictions de circulation et de rassemblement imposées par le gouvernement pour le jour des élections, des camions remplis de partisans du MAS ont commencé à sillonner les rues de La Paz en klaxonnant et en agitant le drapeau bleu du parti. (...) La présidence acquise, Evo Morales devra maintenant affronter le plus difficile: remplir ses promesses électorales - nationalisation du secteur des hydrocarbures, formation d'une Assemblée constituante, libéralisation de la culture de la coca - , et cela, très rapidement. Les Indiens du pays placent en lui des espoirs immenses - peut-être démesurés - pour que survienne un véritable changement au pays, mais les observateurs s'entendent pour dire qu'il sera beaucoup plus difficile pour Morales de diriger que de protester. « Il a trois mois pour remplir ses promesses », affirmait hier un de ses partisans, leader populaire dans El Alto. Evo Morales pourra tout de même compter sur une quasi-majorité au Congrès pour faciliter son travail. »

Le Devoir (Québec, Canada), 19 décembre 2005, p. a1.

Éditorial

«...In the shorter run, its hard to be optimistic. A follower of Venezuela's Hugo Chavez and Cuba's Fidel Castro, Mr. Morales, a former lama herder and coca farmer, is good at organizing paralysing road blockades but short on workable policies for one of the hemisphere's poorest countries. The president-elect promises to nationalize Bolivia's gas resources, a step that would at least dry up foreign investment and could lead to serious conflict with the European and Brazilian companies now pumping the fields. He says he will fight cocaine trafficking but legalize the cultivation of coca, the precursor crop; this could quickly provoke a suspension of U.S. and multilateral aid. In place of the market capitalism that provided Bolivians with rising incomes for most of the 1990s, Mr. Morales appears likely to return to the protectionism and statist pump-priming that once made Bolivia notorious for quintuple-digit inflation and economic misery. Such an outcome could separate Mr. Morales from those who support him simply for his indigenous identity and prompt other Bolivian Indian leaders to move away from populism and xenophobia. »

The Washington Post (États-Unis), 27 décembre 2005.

Gouvernance et gouvernement [ 18 décembre 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Bolivie
IntermédiaireEduardo Rodríguez Veltzé

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2000 - 2016



juin
2002
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
2004
Référendum sur la gestion des hydrocarbures en Bolivie

décembre
2005
Élection d'Evo Morales à la présidence de la Bolivie

décembre
2005
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2009
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2014
[Résultats] Élection présidentielle


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